Directrice et fondatrice de l’Iesav, Aimée Boulos est sans aucun doute une mordue d’arts scéniques (théâtre et cinéma) mais cela ne l’empêche pas d’être également une grande lectrice. Éclectiques, ses choix la portent plutôt vers les ouvrages mystico-philosophiques. «Je suis attirée par la pensée d’un auteur plus que par un livre en particulier», signale-t-elle. C’est pourquoi à la question «quel est le livre qui vous a le plus marqué ?», elle répond en énumérant plutôt des noms que des titres. Petite exception cependant pour Belle du Seigneur d’Albert Cohen, qui est à ses yeux un morceau d’anthologie. «Je l’ai lu la première fois, il y a une douzaine d’années. Je me trouvais aux États-Unis. Une amie américaine me l’a passé. Je le lui ai emprunté deux ans plus tard, lors d’un nouveau séjour en Amérique pour le relire à nouveau. Et, il n’y a pas longtemps, je l’ai acheté en édition de luxe pour le conserver dans ma bibliothèque. Je me souviens d’une scène en particulier, celle où Ariane s’apprêtant à recevoir Solal, sort toute sa garde-robe, essaye successivement toutes ses toilettes, sans trouver la tenue adéquate. Je trouve que cela dépeint tellement la psychologie d’une femme. Ce roman m’a marqué par l’intensité de l’amour que l’héroïne développe. Et par sa description des étapes de ce sentiment merveilleux dans lequel on est pris, avant que ne survienne sa dégradation, suite, ici, à des circonstances professionnelles et de racisme». Ouvrages mystiques Avant d’être débordée de travail, la directrice de l’Iesav était une «boulimique» de livres. «Durant ma jeunesse, mon adolescence, et il y a une quinzaine d’années encore, je dévorais les livres. J’ai par ailleurs, eu, de tout temps, une prédilection pour la pensée mystique carmélite». Elle cite parmi ses livres «presque de chevet» : Ma vie et Le château intérieur de Sainte Thérèse d’Avila, les écrits de Saint Jean de la Croix et les actes des apôtres. Les poèmes et les livres de Tagore ont également formé sa jeunesse, peuplée, par ailleurs, de romans policiers. Très sensible aux biographies, «elles me rapprochent de la diversité des natures humaines et des destins», Aimée Boulos a suivi par livres interposés la trajectoire de Simone de Beauvoir. «J’ai lu pratiquement tous ses livres : Les mémoires d’une jeune fille rangée, Le deuxième sexe, L’Invitée, qui m’a particulièrement enchanté». Existentialisme Parmi les auteurs existentialistes, Albert Camus l’a également marqué. «L’homme révolté plus particulièrement, parce qu’il aborde le concept de liberté». Mysticisme, existentialisme, deux formes de pensées si différentes, vers lesquelles pourtant Aimée Boulos a toujours tendu. «Il me semble possible de réussir son existence, tout en croyant fermement que la vie ne s’arrête pas là. Il y a pour moi une dimension spirituelle indéniable». Parmi les écrivains libanais, cette grande lectrice a longtemps placé Gibran Khalil Gibran et son Prophète en tête de liste de ses ouvrages de références. «Mais j’en suis un peu revenue», dit-elle. Elle plébiscite plutôt aujourd’hui Léon l’Africain d’Amin Maalouf, qui l’a captivé par la forme de sa narration, la description sensuelle, des «odeurs, de la terre, des gens et des objets dont il parle. J’ai beaucoup aimé également, chez Maalouf, Le premier siècle après Béatrice, bien qu’il n’ait pas vraiment plu à la majorité des lecteurs». Au fil des étapes de la vie, les livres favoris changent. Ils accompagnent les phases par lesquelles on passe, la maturation d’esprit, les interrogations que l’on se pose. Aimée Boulos ne déroge pas à cette règle, mais garde cependant une certaine continuité dans ses centres d’intérêts et par conséquent ses lectures. Cette dimension religieuse qui la touche beaucoup, et qu’elle retrouve dans ses différents choix de livres,– «même à travers le sublime amour de Belle du Seigneur» – lui fait élire parmi les œuvres qui l’ont le plus marqué ces dernières années L’alchimiste et La cinquième montagne deux best-sellers de Paulo Coelho. «Des livres porteur d’espoir, que j’ai tellement aimés que je les ait offerts à plusieurs reprises à des gens autour de moi», conclut cette dame au planning surchargé, et qui regrette de «ne plus pouvoir lire autant qu’avant, faute de temps».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Directrice et fondatrice de l’Iesav, Aimée Boulos est sans aucun doute une mordue d’arts scéniques (théâtre et cinéma) mais cela ne l’empêche pas d’être également une grande lectrice. Éclectiques, ses choix la portent plutôt vers les ouvrages mystico-philosophiques. «Je suis attirée par la pensée d’un auteur plus que par un livre en particulier», signale-t-elle. C’est pourquoi à la question «quel est le livre qui vous a le plus marqué ?», elle répond en énumérant plutôt des noms que des titres. Petite exception cependant pour Belle du Seigneur d’Albert Cohen, qui est à ses yeux un morceau d’anthologie. «Je l’ai lu la première fois, il y a une douzaine d’années. Je me trouvais aux États-Unis. Une amie américaine me l’a passé. Je le lui ai emprunté deux ans plus tard, lors d’un nouveau...