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Actualités - Chronologie

Algérie La visite de Yousfi en France scelle les retrouvailles Paris-Alger

Le séjour de 48 heures dans la capitale française du nouveau chef de la diplomatie algérienne, Youcef Yousfi, reçu au plus haut niveau de l’État français, a permis de déblayer les derniers obstacles sur la voie d’une réconciliation franco-algérienne. Signe d’un réchauffement des rapports entre Paris et Alger, M. Yousfi a levé un tabou en n’écartant pas la possibilité pour l’Algérie, en butte à une insurrection islamiste déclinante, mais toujours active, d’acquérir du matériel militaire français. Après près d’une décennie de brouilles, en particulier sous le régime précédent de Liamine Zeroual, les relations semblent désormais devoir être plus paisibles entre Paris et Alger depuis l’arrivée au pouvoir en avril dernier du nouveau chef de l’État algérien Abdelaziz Bouteflika. Le seul contentieux, qualifié désormais par Alger et Paris de «problème technique», est le retour à Alger de la compagnie aérienne Air France, après cinq ans d’interruption due au détournement d’un avion Airbus par un commando islamiste. Dans le domaine politique, M. Yousfi – qui a eu mardi et hier des entretiens avec notamment le chef de l’État français Jacques Chirac et le Premier ministre Lionel Jospin – a annoncé les prochaines visites croisées à Paris et Alger des présidents algérien Abdelaziz Bouteflika et M. Chirac ainsi que de Lionel Jospin à Alger. Les dates de ces visites n’ont pas encore été annoncées. Elles devraient toutefois avoir lieu à brève échéance. Dans le domaine économique, Youcef Yousfi, ancien «patron» de la compagnie pétrolière algérienne Sonatrach puis ministre de l’Énergie, a appelé depuis Paris les entrepreneurs français à venir investir dans son pays. Dans une interview au quotidien économique français Les Échos, le ministre algérien a dit : «Il faut que les entreprises françaises viennent en Algérie pour se faire une idée de la situation réelle». En prélude à une visite d’une importante délégation du patronat français à Alger début février, M. Yousfi a incité «les partenaires français à prendre connaissance des nouvelles données de l’économie algérienne» en pleine restructuration. Si la France est le premier fournisseur et le troisième client de l’Algérie, derrière l’Italie et les États-Unis, le niveau d’investissement français dans ce pays reste très modeste, en dehors du secteur des hydrocarbures. Le ministre algérien a également lancé, dans son interview aux Échos, un «appel à nos partenaires pour alléger le fardeau de la dette extérieure du pays», évaluée à quelque 30 milliards de dollars. Dans une autre interview au quotidien économique français La Tribune, Youcef Yousfi s’est aussi adressé aux industriels français de l’armement en leur disant : «Les sociétés françaises qui appartiennent à ce secteur n’ont à craindre aucun ostracisme de notre part. Nous sommes tout à fait prêts à discuter avec elles sans aucun préalable». Les ventes d’armes françaises à l’Algérie sont «gelées» depuis 1993, année de la plus forte intensité des affrontements entre l’armée algérienne et la guérilla islamiste. La coopération militaire française avec Alger n’a toutefois jamais été interrompue, indique-t-on à Paris. Elle a fait l’objet d’un «réaménagement» et se poursuit par la formation en France d’officiers et sous-officiers algériens, en particulier dans le domaine de la santé.
Le séjour de 48 heures dans la capitale française du nouveau chef de la diplomatie algérienne, Youcef Yousfi, reçu au plus haut niveau de l’État français, a permis de déblayer les derniers obstacles sur la voie d’une réconciliation franco-algérienne. Signe d’un réchauffement des rapports entre Paris et Alger, M. Yousfi a levé un tabou en n’écartant pas la possibilité pour l’Algérie, en butte à une insurrection islamiste déclinante, mais toujours active, d’acquérir du matériel militaire français. Après près d’une décennie de brouilles, en particulier sous le régime précédent de Liamine Zeroual, les relations semblent désormais devoir être plus paisibles entre Paris et Alger depuis l’arrivée au pouvoir en avril dernier du nouveau chef de l’État algérien Abdelaziz Bouteflika. Le seul...