Le président écarté a perdu sur la dollarisation de la monnaie
le 24 janvier 2000 à 00h00
Le président équatorien Jamil Mahuad a perdu son poste après avoir annoncé un plan de dollarisation de l’économie qui visait à la relancer mais qui s’est traduit par une baisse en valeur des salaires et une hausse des prix. Jamil Mahuad a été renversé lors d’un coup d’État militaire qui a porté au pouvoir le vice-président Gustavo Noboa. À l’origine du coup d’État, des Indiens d’Équateur s’étaient révoltés après la dégradation de leurs conditions de vie. Selon la Banque mondiale, 5,1 millions de personnes sur une population de 12,5 millions vivent dans la pauvreté. Avec la dollarisation de l’économie équatorienne – le remplacement du sucre, la monnaie nationale, par le dollar –, Jamil Mahuad avait pour ambition de restaurer la confiance internationale dans son pays, d’avoir de faibles taux d’intérêt et de faire retrouver au taux de change avec le dollar une stabilité perdue depuis un an. «C’était un bon coup mais il a fait l’erreur d’une dévaluation excessive. Le résultat a été que les salaires considérés en dollars sont devenus insignifiants, que les prix ont commencé à grimper. Quand vous procédez à une dévaluation excessive, c’est ce qui arrive», relève Guillermo Calvo, professeur d’économie à l’université du Maryland (est). Les Équatoriens ont vu la valeur de leurs salaires baisser à un moment où les prix de produits de base importés augmentaient. La dollarisation décidée début janvier par Jamil Mahuad avait été bien accueillie par les hommes d’affaires et par le secteur bancaire. Le président de la Banque centrale équatorienne, Pablo Better, s’y était de son côté opposé et avait démissionné. L’initiative du président écarté avait été aussi plutôt bien acceptée par les autorités américaines qui l’avaient qualifiée de «pas audacieux». Le patron du Fonds monétaire international, le Français Michel Camdessus, avait offert de son côté à l’Équateur une «assistance technique pour adapter sa politique fiscale et bancaire à la dollarisation». Pour les Indiens d’Équateur, l’expérience fut cependant désastreuse et a contribué à alimenter leur révolte contre la dégradation de leurs conditions de vie. En dépit de cette évolution négative, le nouvel homme fort d’Équateur, Gustavo Noboa, a déjà annoncé son intention de maintenir la dollarisation, alors que les Indiens en demandaient l’abolition. La bataille pourrait en conséquence se poursuivre si l’économie du pays n’est pas redressée. L’Équateur est plongé dans une profonde récession. En 1999, sa croissance était négative de 7 %, son inflation était de 40,7 % et le dollar s’était apprécié de 197 % par rapport au sucre.
Le président équatorien Jamil Mahuad a perdu son poste après avoir annoncé un plan de dollarisation de l’économie qui visait à la relancer mais qui s’est traduit par une baisse en valeur des salaires et une hausse des prix. Jamil Mahuad a été renversé lors d’un coup d’État militaire qui a porté au pouvoir le vice-président Gustavo Noboa. À l’origine du coup d’État, des Indiens d’Équateur s’étaient révoltés après la dégradation de leurs conditions de vie. Selon la Banque mondiale, 5,1 millions de personnes sur une population de 12,5 millions vivent dans la pauvreté. Avec la dollarisation de l’économie équatorienne – le remplacement du sucre, la monnaie nationale, par le dollar –, Jamil Mahuad avait pour ambition de restaurer la confiance internationale dans son pays, d’avoir de faibles taux...
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