Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Mitterrand aurait fait financer par ELF-Aquitaine une campagne de l'ex-chancelier

L’ancien président français François Mitterrand aurait donné un coup de pouce à son ami l’ex-chancelier allemand Helmut Kohl en faisant financer une de ses campagnes électorales par le groupe pétrolier français Elf-Aquitaine, a affirmé la première chaîne de la télévision publique allemande ARD. M. Helmut Kohl, dans une déclaration rendue publique par son porte-parole, a catégoriquement démenti ces assertions, les qualifiant «d’appel au meurtre politique». Il s’agit «d’inventions pures et simples et de mensonges», a-t-il ajouté soulignant qu’il n’avait «jamais été question d’argent» entre lui et le président Mitterrand à propos du rachat par Elf de la raffinerie Leuna, dans l’ex-RDA, en 1992. M. Kohl a de plus réitéré que dans ce dossier il n’avait «jamais» touché d’argent ou «entendu parler» de pots-de-vin. Dans une enquête réalisée en commun avec la télévision publique française France-2, l’ARD indique que sur les 43,6 millions d’euros (environ autant de dollars) de commissions qui auraient été versés dans ce dossier par Elf, 15,4 millions l’auraient été pour financer la campagne électorale d’Helmut Kohl en 1994, sur instruction directe de François Mitterrand. Selon ARD et France-2, des agents des services secrets des deux pays et divers intermédiaires auraient participé aux transactions, les discussions à ce sujet ayant été pour l’essentiel menées dans un hôtel à Genève, Le Richmond. À l’appui de leur thèse, les deux chaînes de télévision citent «un informateur de haut rang de l’entourage de M. Mitterrand» qui, rappelant l’étroite amitié liant les deux hommes d’État, leur aurait déclaré : «Ce n’était pas de la corruption ou un pot-de-vin, mais c’était de l’argent pour la campagne électorale. Ce versement a été fait pour raison d’État, pour l’Europe». L’affaire Elf-Aquitaine/Leuna, instruite par les justices française et suisse (à Paris les juges d’instruction Eva Joly et Laurence Vichnievski, à Genève le magistrat-instructeur Paul Perraudin), est également à l’ordre du jour de la commission d’enquête parlementaire allemande chargée de faire la vérité sur le scandale des caisses noires gérées pendant des années par l’ex-chancelier Kohl, alors qu’il était président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), de 1973 à 1998. Elle concerne les conditions d’acquisition par Elf, en 1992, avec l’aval de François Mitterrand et Helmut Kohl, de la raffinerie vétuste de Leuna, remplacée par une installation ultramoderne, et du réseau des stations-service Minol. Le groupe pétrolier français Elf est soupçonné d’avoir gonflé artificiellement les frais de construction de la raffinerie et versé des commissions douteuses à la CDU, ce que celle-ci a toujours démenti. La justice suisse soupçonne d’anciens ministres allemands et hauts responsables de la CDU d’avoir touché des pots-de-vin dans cette affaire. Dans une demande d’entraide judiciaire adressée par la justice helvète au Parquet allemand d’Augsbourg (sud de l’Allemagne), le 3 décembre 1999, figure une liste de ces personnalités, parmi lesquelles notamment l’ancien ministre à la chancellerie Friedrich Bohl et Agnès Huerland-Buening, ex-secrétaire d’État au ministère fédéral de la Défense. Le groupe sidérurgique Thyssen, partenaire d’Elf dans le dossier Leuna, avait déjà reconnu en décembre dernier avoir versé d’importants honoraires à Mme Huerland-Buening, aujourd’hui députée CDU et qui vient de démissionner de la commission de la Défense du Bundestag (Chambre basse du Parlement). Après avoir triomphé d’Helmut Kohl aux élections législatives de septembre 1998, le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder avait fait rechercher les documents de la négociation Elf-Leuna : en vain, la quasi-totalité des pièces officielles ont disparu des archives allemandes, tant à la chancellerie fédérale qu’à celle du Land (État régional) de Saxe-Anhalt, alors dirigé par la CDU et où est implantée Leuna.
L’ancien président français François Mitterrand aurait donné un coup de pouce à son ami l’ex-chancelier allemand Helmut Kohl en faisant financer une de ses campagnes électorales par le groupe pétrolier français Elf-Aquitaine, a affirmé la première chaîne de la télévision publique allemande ARD. M. Helmut Kohl, dans une déclaration rendue publique par son porte-parole, a catégoriquement démenti ces assertions, les qualifiant «d’appel au meurtre politique». Il s’agit «d’inventions pures et simples et de mensonges», a-t-il ajouté soulignant qu’il n’avait «jamais été question d’argent» entre lui et le président Mitterrand à propos du rachat par Elf de la raffinerie Leuna, dans l’ex-RDA, en 1992. M. Kohl a de plus réitéré que dans ce dossier il n’avait «jamais» touché d’argent ou...