Le président russe par intérim Vladimir Poutine s’est engagé hier à pratiquer un libéralisme économique «modéré», dans son premier discours au Parlement, depuis qu’il a succédé à Boris Eltsine, à l’occasion de la session inaugurale de la nouvelle Douma. «La politique économique du gouvernement russe sera modérément libérale», a dit M. Poutine à la tribune de la Douma, «quand nous parlons d’une participation de l’État (dans l’économie), cela signifie que l’État doit créer dans le pays un bon climat d’investissement». «Cela signifie que l’État s’occupera de renforcer les institutions qui soutiennent les mécanismes de marché», telles que «la justice, les cours d’arbitrage, les instruments antimonopoles, qui doivent servir aux intérêts de toute la société et non à des groupes particuliers», a ajouté M. Poutine, grand favori de l’élection présidentielle du 26 mars. Vladimir Poutine a également appelé les nouveaux députés, élus le 19 décembre, à se mettre immédiatement au travail, brossant un tableau du chantier législatif qui attend le Parlement. Les codes importants comme «le code foncier, du travail, de procédure pénale, de procédure civile», n’ont toujours pas été votés, a regretté le chef de l’État par intérim. «Il faut adopter sans retard toute une série d’actes garantissant les droits et libertés des citoyens, par exemple la loi sur le service (national) alternatif. Il ne faut pas oublier les projets sociaux-économiques proposés par le gouvernement, parmi lesquels la loi sur les fonds d’investissement permettant de payer les prestations sociales et plusieurs autres encore». Le chef d’État par intérim a également souhaité que la Douma, où les communistes constituent de nouveau le groupe le plus puissant, travaille de façon «constructive et ouverte avec le pouvoir exécutif». Son souhait sera probablement exaucé, selon les analystes, au moins dans les prochains mois, tant que M. Poutine bénéficie dans le pays d’un état de grâce. Selon un sondage publié lundi, il serait élu au premier tour avec 56 % des voix si l’élection présidentielle avait lieu maintenant. «Cependant, après cette éventuelle brève lune de miel, la politique du gouvernement ne bénéficiera probablement pas du soutien sans condition d’une majorité de députés», souligne une note d’analyse de la société d’investissement Renaissance Capital (UFG). «La majorité progouvernementale à la Douma est étroite et fragile», renchérit la société UFG. Prudent, le doyen d’âge de la Douma, le communiste Egor Ligatchev (79 ans), a ouvert la session en saluant ses collègues d’un «camarades et messieurs», afin de ne froisser ni les communistes ni les libéraux.
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