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Actualités - Chronologie

La presse, un soutien majeur de l'opération

La presse russe regrette parfois les difficultés à travailler en Tchétchénie ou critique certains aspects de l’opération, mais elle reste un soutien majeur de la guerre, reflétant l’opinion générale de la population. «Peu importe quelles pressions peuvent être exercées sur nous et par qui. Nous faisons la guerre en Tchétchénie pour restaurer notre contrôle sur une région russe», rappelait hier à ses lecteurs le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda (700 000 exemplaires). La contre-attaque tchétchène le week-end dernier avait provoqué de vives réactions, les Izvestia annonçant la fin de «l’époque des victoires triomphales et des beaux communiqués» et le quotidien Segodnia parlant du «premier revers sérieux» pour le président par intérim Vladimir Poutine. Mais quelques jours plus tard, les médias ont repris un ton qui n’a pas de quoi inquiéter le pouvoir ou amener la population à mettre en question la nécessité de poursuivre la guerre. Hier, le principal tirage de la presse russe, Argoumenty i Fakty (2,9 millions d’exemplaires) publiait un seul reportage, sur les parachutistes en première ligne. Et la Tchétchénie ne figurait pas à la Une de Nezavissimaïa Gazeta et Segodnia, deux des principaux quotidiens. «Les forces fédérales continuent leur progression», indiquait Nezavissimaïa, soulignant la découverte en Tchétchénie par les Russes d’explosifs du même type que ceux qui avaient tué 293 personnes en Russie l’été dernier. De quoi conforter les Russes dans l’idée que la guerre est justifiée contre les rebelles puisque, selon Moscou, les auteurs de ces attentats meurtriers se trouvent en Tchétchénie. La traque des auteurs de ces attentats avait été l’un des motifs avancés par Moscou pour envoyer ses troupes le 1er octobre contre la Tchétchénie. Des télévisions, comme la chaîne privée NTV, sont parfois critiques. Ces derniers jours, les correspondants de NTV ont reproché à l’armée de leur interdire l’accès à Grozny et à l’est de la Tchétchénie où se déroulaient des combats meurtriers. Mais ces critiques restent exceptionnelles, les rapports étant généralement très courtois entre télévisions russes et militaires : un correspondant de la chaîne officielle ORT a été décoré mercredi dernier par le ministre russe de la Défense Igor Sergueïev pour sa bonne couverture de la guerre. NTV a aussi évoqué largement la situation difficile des Tchétchènes de plus de 10 ans et de moins de 60 ans à qui Moscou interdit désormais d’entrer et de sortir de Tchétchénie. Les chaînes de télévision ne donnent pas toutes une image unilatérale du conflit : les Russes ont vu hier le porte-parole du département d’État et le président ingouche critiquer les restrictions imposées par Moscou aux réfugiés tchétchènes. La veille, la chaîne publique RTR avait montré Russes et Tchétchènes échangeant les corps de leurs soldats morts près de Grozny, et il arrive que NTV diffuse des images tournées par des télévisions étrangères du côté tchétchène. Mais la plupart des images venant de Tchétchénie sont des images positives : hélicoptères tirant des missiles contre «des bases terroristes», soldats faisant le V de la victoire et exprimant leur assurance «d’en finir rapidement» avec les rebelles, otages libérés grâce à l’intervention russe... Une attitude qui contraste avec la position critique adoptée par les médias russes lors de la première guerre de Tchétchénie (août 1994-décembre 1996). «La désinformation et la censure militaire contribuent aujourd’hui à former l’opinion publique en Russie», a dénoncé jeudi le président de la fondation Glasnost, Alexeï Simonov. Un point de vue très marginal sur la guerre en Tchétchénie, comme il l’a reconnu lui-même.
La presse russe regrette parfois les difficultés à travailler en Tchétchénie ou critique certains aspects de l’opération, mais elle reste un soutien majeur de la guerre, reflétant l’opinion générale de la population. «Peu importe quelles pressions peuvent être exercées sur nous et par qui. Nous faisons la guerre en Tchétchénie pour restaurer notre contrôle sur une région russe», rappelait hier à ses lecteurs le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda (700 000 exemplaires). La contre-attaque tchétchène le week-end dernier avait provoqué de vives réactions, les Izvestia annonçant la fin de «l’époque des victoires triomphales et des beaux communiqués» et le quotidien Segodnia parlant du «premier revers sérieux» pour le président par intérim Vladimir Poutine. Mais quelques jours plus tard, les médias...