Le dollar est resté confiné dans d’étroites limites sur le marché des changes de Beyrouth, les quelques demandes qui se sont manifestées hier ayant pu être facilement placées selon les cambistes. Cela d’autant que la Banque du Liban (BDL) est parvenue à maintenir le billet vert, de l’ouverture à la clôture, au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, en se déclarant prête à l’acheter et à le vendre simultanément entre 1 501,00 et 1 514,00 LL dès le début de la matinée. Dans ce contexte, les établissements de crédit ont dû finalement négocier le dollar entre 1 506,00 et 1 506,50 LL, après un départ entre 1 507,00 et 1 509,00 LL. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires relativement étoffé, dépassant dix millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, sans aucune intervention de la BDL, dans un marché équilibré de lui-même. Orientation haussière du dollar après des chiffres américains À l’étranger, le dollar a bénéficié hier sur les marchés des changes internationaux de la publication de chiffres américains bien accueillis par Wall Street tandis que la livre sterling s’est finalement appréciée après l’annonce sans surprise par la Banque d’Angleterre d’un relèvement d’un quart de point en pourcentage de son taux directeur. Selon les milieux financiers, les chiffres américains ont été bien accueillis par le marchés des actions et ont profité au dollar, mais les investisseurs attendent maintenant les chiffres américains sur l’inflation devant paraître aujourd’hui. L’indice des prix à la production aux États-Unis pour le mois de décembre a augmenté de 0,3 % par rapport à novembre, tandis que l’indice de base, qui exclut l’alimentation et l’énergie, a été en hausse de seulement 0,1 %, confirmant l’absence de signes inflationnistes. Les ventes de détail aux États-Unis ont pour leur part largement plus augmenté que prévu, reflétant la vigueur de l’économie américaine avec une hausse de 1,2 % le mois dernier contre 1,1 % en novembre, alors que les analystes tablaient sur une progression ne dépassant pas 0,9 % pour décembre. La livre sterling s’est appréciée sur la journée, après avoir initialement montré peu de réaction à l’annonce sans surprise d’une hausse d’un quart de point en pourcentage de son taux de prise en pension, unique taux directeur britannique, à 5 3/4 % pour la troisième fois en cinq mois. Certes, le sterling a aussi bénéficié des spéculations du marché selon lesquelles, étant donné le rythme de croissance en Grande-Bretagne, la Banque centrale britannique procéderait bientôt à une nouvelle hausse des taux d’intérêt, peut-être même dès le mois prochain. De son côté, l’euro a encore perdu du terrain, après la publication de chiffres sur le commerce de détail en Allemagne relativement faibles, qui se sont ajoutés aux chiffres décevants sur la production industrielle allemande publiés mercredi. Le chiffre d’affaires du commerce de détail en Allemagne a augmenté de 1,7 % en novembre en valeur nominale et de 1,00 % en valeur réelle contre 2,00 % en octobre en valeur nominale et en données corrigées des variations saisonnières, selon des chiffres diffusés hier par l’Office des statistiques de Wiesbaden. Quant au yen, il est resté généralement déprimé par les craintes d’intervention de la Banque du Japon pour contrecarrer son appréciation. C’est dans ce contexte que le dollar s’est finalement négocié sur un ton ferme à New York, sauf par rapport au sterling, comme suit : – 1,0258 pour un euro contre 1,0310, la veille – 1,6465 pour un sterling contre 1,6475 – 1,9065 DM contre 1,8970 – 6,3945 FF contre 6,3615 – 1,5718 FS contre 1,5630 – 1 887,60 lires contre 1 877,80 – 106,15 yens contre 106,00. Bourse de Beyrouth : marché toujours faible La tendance est demeurée faible hier, à la Bourse de Beyrouth, avec la rechute de l’action C de la Byblos Bank de 2 1/4 à 2 3/16 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,07 % à 76,93 points, ainsi que l’indice LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,12 % à 175,99 points. Pourtant, le volume d’affaires de la journée d’hier est resté étriqué avec 16 146 actions ayant changé de main d’une valeur globale de 111 431 dollars. Wall Street soutenue par les projets de fusion Sur les places boursières internationales, Wall Street a affiché hier une sensible hausse avec la progression aussi bien de l’indice Nasdaq de la Bourse électronique que de celui du Dow Jones des industrielles, principal indicateur de la cote américaine. Bien que le marché de New York soit resté dans l’expectative après que le département du Travail eut fait état hier d’une hausse de 1,2 % des ventes de détail pour le mois de décembre, relançant les craintes d’une surchauffe de l’économie américaine qui justifierait un relèvement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale (Fed), sa tendance a trouvé un grand appui dans les projets de fusion entre plusieurs grandes sociétés. Pourtant, les valeurs de la haute technologie et de l’Internet ont été partagées, évoluant dans certains endroits à la hausse et dans d’autres à la baisse, alors que les valeurs pharmaceutiques trouvaient appui dans les discussions entamées entre Warner Lambert et Pfizer en vue d’une fusion. Il en est de même d’un autre projet de fusion entre Charles Schwab et US Trust qui a soutenu les valeurs financières. Cela étant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a rebondi d’un plus bas à 11 524,11 points à un plus haut à 11 656,58 points, avant d’afficher en préclôture 11 643,68 points, en hausse de 92,58 points sur la veille. Clôture en hausse des Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont terminé dans l’ensemble sur une note positive jeudi, le manque de conviction de l’indice Dow Jones en matinée étant compensé par des annonces de développements importants de la part de sociétés des télécoms et des médias. À Paris, l’indice CAC 40 a terminé sur un gain de 0,91 %, tandis qu’à Francfort, le Dax s’appréciait de 0,62 %. En revanche, Londres et Zurich ont terminé sur une note stable (-0,02 % et -0,04 % respectivement). Amsterdam a gagné 0,6 %, Bruxelles 0,75 %, Madrid 0,74 % et Milan 0,76 %. Helsinki s’est adjugé 3,47 %. Les indices multipays reflétaient l’orientation générale : l’Eurotop 300, paneuropéen, a gagné 0,57 %, tandis que l’Euro STOXX 50, centré sur la zone euro, progressait de 0,84 %. Les valeurs des télécoms et des médias ont une fois de plus joué les vedettes. Lagardère et Canal Plus se sont adjugés respectivement 7,06 % et 9,23 % après l’annonce de leur alliance qui se traduit notamment par l’entrée de Lagardère dans le capital de CanalSatellite à hauteur de 34 % moyennant 5,8 milliards de francs français. Vivendi, maison-mère de Canal +, s’est adjugé 5,74 %. À Madrid, Telefonica s’est adjugé plus de 6 % après l’annonce par l’opérateur de télécommunications d’une augmentation de capital de plus de 20 milliards de dollars pour racheter les actions de ses filiales d’Amérique latine qu’il ne détenait pas encore, consolidant ainsi sa prééminence sur les pays de langues espagnole et portugaise. Terra, filiale Internet du groupe, a bondi de son côté de 8,6 % pour terminer à 73,80 euros, rien ne semblant devoir arrêter la hausse d’un titre qui a été introduit en Bourse à 13 euros au mois de novembre. À Milan, l’opérateur de téléphonie mobile TIM, filiale de Telecom Italia, s’est adjugé 6,77 %, après le relèvement de la recommandation du courtier Morgan Stanley de «surperformance» à «achat ferme», ce qui a entraîné la progression de toutes les sociétés du groupe. Olivetti s’est adjugée 5,82 %, Tecnost 4,18 % et Telecom Italia 3,26 %. À Londres, Cable & Wireless s’est adjugé 4,9 % après l’annonce de services Internet en Europe et d’un investissement de 500 millions de dollars dans son réseau Internet. Les autres opérateurs de téléphonie britanniques ont progressé dans la foulée. BT a gagné 2,9 %, Colt Telecom 5,16 %, Energis 2,9 % et Vodafone AirTouch 1,4 %. Le spécialiste des progiciels de gestion et de comptabilité Sage Group s’est apprécié de 11,85 %, soutenu par la nouvelle recommandation d’«achat» dont l’a gratifié le Crédit Suisse First Boston. Tokyo : la haute technologie cède le pas à la biotechnologie La Bourse de Tokyo a progressé de 0,8 % jeudi, les investisseurs délaissant les valeurs de haute technologie pour concentrer leurs achats sur les biotechnologiques et les valeurs «liées à la demande intérieure». L’indice Nikkei gagnait 155,87 points pour s’établir en clôture à 18 833,29. «Les valeurs liées à la demande intérieure, notamment la biotechnologie, les matières premières et l’immobilier ont été largement sollicitées», notait Yukio Takahashi, directeur adjoint du département actions de Wako Securities. «Les achats concentrés jusqu’ici sur la haute technologie et les télécommunications se sont déplacés sur un large segment de valeurs bon marché», du fait de la volatilité, ces derniers jours, des technologiques liées à l’indice composite américain Nasdaq, a ajouté cet opérateur. L’indice élargi Topix grignotait 1,05 point à 1 657,97. Le volume des échanges s’est étoffé à 677 millions d’actions négociées contre 609 millions la veille. Ce nouvel intérêt pour la biotechnologie est lié, selon Masaaki Higashida, analyste chez Nomura Securities, à l’annonce du succès des travaux de chercheurs américains visant à séquencer des fragments d’ADN sur plus de 90 % des gênes humains. Mais selon d’autres analystes, les bonnes performances de la biotechnologie liées essentiellement aux grands brasseurs participant à la recherche biotechnologique et dans une moindre mesure aux pharmaceutiques semblent plus spéculatives que révélatrices d’une réelle vigueur de ce segment de l’agroalimentaire. Les brasseries Kirin ont repris 125 yens (+10,1 %) à 1 365 yens et Sapporo 22 yens (+6,4 %) à 367 yens.
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