Indonésie Nouveaux affrontements entre chrétiens et musulmans aux Moluques
le 13 janvier 2000 à 00h00
Des affrontements entre chrétiens et musulmans continuaient hier à faire rage sur l’île de Halmahera, la principale île de l’archipel des Moluques dans l’est de l’Indonésie, où 500 personnes sont toujours portées disparues sur l’île voisine de Buru. Un officier de police de Tobelo, où 265 personnes ont été tuées au cours d’une semaine de violences interreligieuses en décembre dernier, a confirmé que ces affrontements, débutés mardi, se prolongeaient hier. À Galela, à 27 km de Tobelo, «les factions rivales s’entre-tuent depuis hier et cela continue aujourd’hui. Je n’ai pas le nombre exact de victimes», a indiqué le sergent Edin. L’agence de presse officielle indonésienne Antara a affirmé mardi que des témoins ont vu des centaines de corps en décomposition éparpillés dans les rues et sur la plage du district de Tobelo sur l’île de Halmahera. Ces cadavres seraient ceux de musulmans massacrés et brûlés lors d’une attaque menée par des chrétiens en représailles de l’incendie d’une église à Ambon, la capitale des Moluques. Mais selon le sergent Edin, ce sont les musulmans qui ont d’abord attaqué les chrétiens. Toujours selon Antara, huit personnes seraient mortes et des douzaines d’autres auraient été blessées lundi dans des affrontements dans le quartier de Jailolo. Par ailleurs, sur l’île de Buru dans l’archipel des Moluques, au moins 300 des 800 personnes jusqu’à présent portées disparues sont rentrées chez elles, a annoncé le gouverneur adjoint des Moluques Paula Renyaan, cité par Antara. 800 personnes originaires de deux villages du nord de l’île de Buru avaient fui dans la jungle pour éviter d’être attaquées. Selon Antara, 125 personnes ont été tuées le 22 décembre dernier à Buru. À Djakarta, environ 200 personnes membres du Front pour la défense de l’islam ont manifesté devant le Parlement pour réclamer du gouvernement qu’il mette un terme aux violences aux Moluques. Ils ont menacé de lancer un jihad si les massacres, selon eux, de musulmans par des chrétiens devaient se poursuivre. Le Conseil indonésien des oulémas (docteurs de la loi), la plus haute instance islamique du pays, a de son côté condamné hier «le massacre de musulmans par des extrémistes chrétiens» dans un communiqué remis au Parlement. «Ce qui se produit aux Moluques est une violation grossière des droits de l’homme, une volonté de nettoyage ethnique à l’encontre de la communauté musulmane», selon ce communiqué. Le Conseil a également apporté son soutien aux appels au jihad lancés par des leaders musulmans «pour défendre nos frères aux Moluques et manifester notre solidarité avec les musulmans», selon ce texte.
Des affrontements entre chrétiens et musulmans continuaient hier à faire rage sur l’île de Halmahera, la principale île de l’archipel des Moluques dans l’est de l’Indonésie, où 500 personnes sont toujours portées disparues sur l’île voisine de Buru. Un officier de police de Tobelo, où 265 personnes ont été tuées au cours d’une semaine de violences interreligieuses en décembre dernier, a confirmé que ces affrontements, débutés mardi, se prolongeaient hier. À Galela, à 27 km de Tobelo, «les factions rivales s’entre-tuent depuis hier et cela continue aujourd’hui. Je n’ai pas le nombre exact de victimes», a indiqué le sergent Edin. L’agence de presse officielle indonésienne Antara a affirmé mardi que des témoins ont vu des centaines de corps en décomposition éparpillés dans les rues et sur la...
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