Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

Hausse du niveau des mers et menace sur la biodiversité

Qu’est-ce qui pourrait causer un changement climatique dans le monde et celui-ci a-t-il commencé ? Quelles en seraient les conséquences et comment y faire face ? Quelles sont les conventions internationales organisées sur la question ? Comment limiter les gaz à effet de serre ? Un document complet sur le changement climatique à l’échelle mondiale, réactualisé en juillet 1999, a été rédigé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Unep), le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies, l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce document apporte des réponses aux questions posées plus haut. Pour comprendre ce qu’est le changement climatique et ce qui a pu le causer, il faut revenir à un certain nombre de notions : la Terre reçoit un flot continuel d’énergie du Soleil. Trente pour cent de cette énergie (qui arrive sous forme de lumière) est bloquée dans l’espace et 70 % atteint la Terre. Celle-ci renvoie l’énergie sous forme de rayons infrarouges. Les gaz à effet de serre naturels (vapeur d’eau, dioxyde de carbone, ozone, méthane et oxyde nitrique) retiennent une partie de ces radiations afin de donner à la planète les 30 degrés de plus qui la rendent viable. Or, cet effet de serre naturel a été multiplié à une vitesse spectaculaire pendant ce dernier siècle en raison d’une augmentation des gaz précités, auxquels on ajoute les chlorofluorocarbones (CFC), créés par l’homme pour les besoins de l’industrie. Conséquence : les rayons infrarouges ne sont pas renvoyés au Soleil comme ils devraient l’être. Voilà pourquoi les scientifiques pensent que le climat cherche à s’adapter naturellement à cette nouvelle situation de façon à se débarrasser de l’énergie supplémentaire et retrouver l’équilibre entre l’énergie qui pénètre dans l’atmosphère de la Terre et celle qui en sort. Cette adaptation devrait se traduire par un réchauffement global qui pourrait atteindre 3,5 degrés d’ici à l’an 2100. Toutefois, les auteurs de l’étude précisent qu’ils n’ont pas pris en compte une réduction volontaire des gaz dans l’utilisation humaine. Ils soulignent également qu’il est très difficile de prévoir les changements climatiques régionaux. Cependant, selon les observateurs, le changement climatique aurait déjà commencé à se manifester. Un problème d’adaptabilité Le taux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère varie selon la population (plus il y a d’habitants, plus les émissions sont supposées être importantes) et selon le développement économique, technologique et social d’un pays. En principe, un pays riche émet plus de gaz à effet de serre qu’un pays pauvre (les pays développés sont historiquement responsables de plus des trois quarts des émissions). Mais les émissions des pays riches ne sont pas toutes identiques et il est possible qu’avec la croissance démographique, les pays pauvres deviennent d’importants facteurs dans l’avenir. En clair, si rien n’est fait pour réduire l’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, on prédit un réchauffement global de l’ordre de 2 degrés d’ici à 2100. La fourchette est de 1 à 3,5 degrés. Il faut préciser que même un réchauffement d’un degré est bien supérieur à tout changement en l’espace d’un siècle depuis 10 000 ans. Quant au niveau de la mer, il pourrait s’élever de l’ordre de 50 centimètres d’ici à 2100. La marge est grande : de 15 à 95 centimètres, et le phénomène varierait d’une région à l’autre. Cette montée du niveau de la mer sera principalement due à la fonte des grands glaciers qui viennent se déverser dans les océans. Les changements climatiques commencent-ils à se manifester ? Le climat doit s’adapter à la nouvelle situation tant que le niveau de gaz à effet de serre continue à augmenter. Mais là n’est pas le plus important : il s’agit de savoir jusqu’à quel point les sociétés humaines et les écosystèmes peuvent s’adapter aux modifications du climat. Par ailleurs, les calculs effectués ont montré que le réchauffement global depuis 1860 était de l’ordre de 0,3 à 0,5 degré. Selon les observateurs, il est peu probable que cette élévation soit simplement naturelle. Toutefois, il demeure difficile de discerner entre les causes naturelles du changement et les effets dus à l’action humaine. Ce dont on est sûr cependant, c’est que l’impact du changement climatique aura lieu même si le surplus des émissions de gaz à effet de serre est interrompu dès aujourd’hui. En effet, le climat tarde à réagir aux émissions en raison de l’action tempérante des océans. L’adaptation des humains et des écosystèmes à ces modifications peut se faire de façon spontanée mais aussi planifiée. Effets incertains sur l’agriculture et les écosystèmes Le changement aurait des conséquences variées, positives ou négatives, sur l’agriculture des différentes régions. À titre d’exemple, une chaleur plus forte et des sols plus secs pourraient nuire aux récoltes dans les régions tropicales, alors qu’une période plus longue de mûrissement serait bénéfique en Amérique du Nord. Mais les projections sont toujours très incertaines. Par ailleurs, une plus grande fréquence des précipitations entraînerait des glissements de terrains dans certaines régions. Quant à l’augmentation du CO2 dans l’air, il pourrait améliorer la productivité de certaines plantations. En gros, les risques sur la sécurité alimentaire ne se feront pas sentir au niveau de la planète mais seulement dans certains pays. Les régions pauvres et sèches devraient souffrir du changement climatique plus que d’autres. La biodiversité est, évidemment, menacée par des hausses de température dans le cas où les écosystèmes et certaines espèces n’arrivaient pas à s’y adapter rapidement. Les habitudes seront modifiées en raison du changement climatique, combiné à la déforestation et autres pressions exercées sur l’environnement. Selon l’étude, les forêts devraient être principalement touchées (un tiers d’entre elles connaîtront des modifications importantes et des types de forêts pourront disparaître). Les déserts devraient devenir plus chauds tout en restant aussi secs. Les montagnes devraient aussi être affectées (elles le sont déjà en raison des activités humaines). Cela pourrait avoir des conséquences sur les systèmes hydrologiques puisqu’un grand nombre de fleuves trouvent leur point de départ dans les cimes. Le réchauffement de la planète aura aussi des conséquences sur les ressources hydrauliques. De manière générale, cela se traduira par plus de précipitations mais une évaporation plus rapide, donc une accélération du cycle hydrologique. Ce cycle est très complexe et affectera différemment les régions, surtout celles déjà touchées par l’urbanisation, la déforestation et l’utilisation excessive de l’eau. Les hautes altitudes connaîtront plus de pluies, mais la diminution des neiges affectera l’alimentation en eau au printemps et en été. Les climats plus secs auront moins de ressources en eau. La hausse du niveau de la mer pourra affecter les réservoirs d’eau des régions côtières par une intrusion saline croissante. Les effets que le changement climatique peut avoir sur la santé publique sont multiples. D’une part, les conditions climatiques extrêmes (canicules, tempêtes, inondations…), qui pourraient devenir plus fréquentes, constituent un risque pour la santé et la vie. D’autre part, les canicules (et l’augmentation de la pollution de l’air qui s’ensuit) ont un effet sur l’augmentation des maladies cardio-vasculaires et respiratoires. L’expansion des régions chaudes favorise également l’arrivée d’insectes porteurs de maladies dans des endroits où ils n’existaient pas. Enfin, la réduction des ressources d’eau fraîche mène à une augmentation de la concentration de bactéries et autres micro-organismes, donc à une détérioration de la qualité de l’eau potable dans certaines régions. L’étude précise que les régions pauvres seront plus vulnérables à ces risques sanitaires que les régions riches. Mais des mesures peuvent être prises pour minimiser ces effets : la plus importante est de reconstruire l’infrastructure relative à la santé publique dans les pays où elle s’est détériorée ces dernières années. CO2 : de 600 millions à 2,6 milliards par an Le changement climatique aurait également des effets non négligeables sur les activités humaines. En gros, l’agriculture devrait être le secteur le plus touché, mais l’interdépendance qui existe entre les différents secteurs ne devrait en laisser aucun inchangé. La hausse du niveau de la mer pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’infrastructure côtière et les régions habitées du littoral qui ne jouissent pas d’une protection nécessaire. Toutefois, les risques peuvent être minimisés si les politiques nationales intègrent les possibles effets du changement climatique dans leurs planifications. Une économie plus diversifiée peut également servir de rempart. Les réactions aux possibles changements climatiques ont pris une ampleur internationale dès 1979, lors de la première conférence internationale sur le climat mondial. Une intensification des conférences sur le sujet s’est produite à la fin des années 80 et au début des années 90. Préparée par le comité de négociation intergouvernementale mis en place par les Nations unies, une Convention sur le changement climatique a été signée par 154 pays au Sommet de la Terre de Rio en 1992. La Convention est entrée en application le 21 mars 1994 après sa ratification par 50 pays. Depuis 1995, la Conférence des parties (COP) a supplanté le comité précédent et tient depuis cette date des réunions régulières, devenant l’instrument principal de la Convention sur le changement climatique. L’application de cette convention passe en premier lieu par le dialogue entre les pays et se base sur des rapports présentés périodiquement par chacun des États signataires. Ces rapports portent sur les modifications climatiques observées et les mesures prises pour en contrer l’effet. Les rapports des pays développés ont montré que le CO2 représentait à lui seul 82 % des émissions de gaz à effet de serre en 1995. Ce gaz provient notamment de l’essence brûlée et des différents types de production d’énergie (voitures, industrie...). Mais la déforestation est un facteur-clé dans l’augmentation du CO2 dans l’air. On estime que la quantité globale de CO2 émise est passée de 600 millions à 2,6 milliards de tonnes par an. Cependant, tous les pays peuvent commencer à adopter des politiques pour minimiser les conséquences potentielles du changement climatique. Ils doivent à tout le moins intégrer ce facteur dans leurs prises de décision et dans leurs tentatives d’instaurer un développement durable. Toutefois, les conséquences du changement climatique seraient mal réparties et parfois irréversibles : alors qu’ils sont les principaux responsables de cette situation, les pays développés en pâtiront moins que les autres. Par ailleurs, l’introduction de nouvelles technologies dans les secteurs de la production d’énergie et du transport s’imposent. Les forêts et l’agriculture, quant à elles, devraient bénéficier de nouvelles approches. Financer ces nouvelles politiques est un souci majeur. La Conférence sur le changement climatique a prévu que des fonds seront alloués par les pays développés aux pays en développement afin de les assister dans leurs politiques d’adaptation et de réduction des émissions de gaz. C’est sous la supervision de la COP que les fonds et les technologies nécessaires sont véhiculés aux pays en développement. La COP a confié la responsabilité du financement au Global Environnemental Fund (GEF), créé en 1990, et qui dispose aujourd’hui d’un budget de 2,75 milliards de dollars (assurés par les pays riches).
Qu’est-ce qui pourrait causer un changement climatique dans le monde et celui-ci a-t-il commencé ? Quelles en seraient les conséquences et comment y faire face ? Quelles sont les conventions internationales organisées sur la question ? Comment limiter les gaz à effet de serre ? Un document complet sur le changement climatique à l’échelle mondiale, réactualisé en juillet 1999, a été rédigé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Unep), le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies, l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce document apporte des réponses aux questions posées plus haut. Pour...