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Actualités - Chronologie

Allemagne Paul Spiegel prend la tête d'une communauté juive en pleine mutation

Élu dimanche président du Conseil central des juifs en Allemagne, Paul Spiegel, un imprésario de 62 ans, va devoir relever les défis posés à une communauté en pleine mutation depuis 10 ans. Paul Spiegel s’est facilement imposé, recueillant 6 des 9 voix du directoire, contre trois à sa rivale Charlotte Knobloch, 67 ans. Tous deux briguaient la difficile succession d’Ignatz Bubis, décédé en août 1999, après avoir donné une véritable dimension sociale et politique au Conseil, qu’il présidait depuis 1992. Le nouveau président a dit sa volonté d’encourager le dialogue au sein de la communauté juive, passée de moins de 30 000 membres à près de 80 000 en une décennie. L’Allemagne a en effet vu arriver un flot de juifs d’ex-URSS, bénéficiant d’un permis de séjour illimité en vertu d’un engagement pris par l’ancien chancelier Helmut Kohl en 1990. L’intégration de ces migrants est «le plus grand problème» posé à la communauté juive, a souligné M. Spiegel. Intégration économique d’abord, car un arrivant sur deux est au chômage, et M. Spiegel, soulignant les grosses difficultés financières de la communauté, a souhaité l’aide et le soutien de l’ensemble de la société. Mais le problème se pose aussi en termes religieux car après 70 ans de communisme, «les gens qui arrivent savent qu’ils sont juifs mais ils ignorent ce qu’est le judaïsme», a souligné M. Spiegel. Le nouveau président a affirmé sa volonté de «poursuivre le travail couronné de succès» de son prédécesseur Ignatz Bubis mais en le répartissant sur plusieurs épaules. Avant son élection, Paul Spiegel avait déjà annoncé un changement de style, avec notamment moins de prises de position publiques. M. Bubis n’hésitait pas à intervenir dans les débats de société et son avis était toujours soigneusement écouté. La continuité devrait cependant régner sur le point fondamental des relations avec le reste de la société. Après Bubis, qui se définissait comme un «citoyen allemand de confession juive», Paul Spiegel a évoqué la «confiance des juifs en Allemagne». «Nous voulons tout faire pour améliorer la compréhension réciproque des juifs et des chrétiens», a-t-il assuré au quotidien Bild de lundi. Le chancelier Gerhard Schröder a aussi souligné cette volonté de continuité en envoyant immédiatement un message au nouveau président où il lui souhaite «bonheur et succès», se réjouissant «de la bonne coopération» à venir. «Je suis certain que vous donnerez une impulsion nouvelle et importante au travail du Conseil central, à la fois au sein de la communauté juive et à l’extérieur». «Vous produisez ainsi une contribution nécessaire à la culture démocratique et à la paix intérieure de notre pays», a-t-il souligné. Né en 1937, M. Spiegel fait en effet partie de ceux qui ont connu le nazisme – pour beaucoup un critère d’élection au sein de la communauté. Son arrivée devrait pourtant marquer un changement de génération : Paul Spiegel n’avait que deux ans lorsque ses parents ont fui en 1939 en Belgique où il est resté caché dans une ferme pendant toute la guerre. À son retour en Allemagne, il s’est lancé dans le journalisme avant de monter son agence artistique, en 1986 à Düsseldorf. Il s’est engagé très tôt dans la communauté juive de la ville, dont il a pris la présidence en 1984.
Élu dimanche président du Conseil central des juifs en Allemagne, Paul Spiegel, un imprésario de 62 ans, va devoir relever les défis posés à une communauté en pleine mutation depuis 10 ans. Paul Spiegel s’est facilement imposé, recueillant 6 des 9 voix du directoire, contre trois à sa rivale Charlotte Knobloch, 67 ans. Tous deux briguaient la difficile succession d’Ignatz Bubis, décédé en août 1999, après avoir donné une véritable dimension sociale et politique au Conseil, qu’il présidait depuis 1992. Le nouveau président a dit sa volonté d’encourager le dialogue au sein de la communauté juive, passée de moins de 30 000 membres à près de 80 000 en une décennie. L’Allemagne a en effet vu arriver un flot de juifs d’ex-URSS, bénéficiant d’un permis de séjour illimité en vertu d’un engagement pris...