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Actualités - Chronologie

Les Russes ont fêté dans le faste la Noël orthodoxe

Deux semaines après que le monde entier eut célébré le Noël catholique et une semaine après le passage à l’an 2000, des dizaines de milliers d’Israéliens originaires de Russie ont fêté la Noël orthodoxe avec faste dans leur nouvelle patrie. Il n’y a officiellement que 32 000 orthodoxes sur 157 000 chrétiens en Israël, en plus des 80 000 chrétiens, pour la plupart de rite orthodoxe, dans les territoires palestiniens. Selon le ministère israélien de l’Intérieur, sur un total de quelque 800 000 immigrants venus des pays de l’ex-URSS, essentiellement la Russie, s’installer en Israël dans les années 90, environ 200 000 n’étaient pas juifs. Ce chiffre explique l’effervescence de ces derniers jours dans les localités à forte densité de population russe, comme Haïfa (nord d’Israël), Netanya (nord de Tel-Aviv) ou Ashdod (sud de Tel-Aviv) : les longues files d’attente dans les boucheries non kascher, les lampions scintillant dans les magasins, sans parler des sapins de toute taille et des guirlandes dans les vitrines aux noms écrits à la fois en russe et en hébreu. Hier matin, le centre commercial le plus chic de Tel-Aviv, le Dizengof Center, était littéralement pris d’assaut par des «Russes» faisant leurs emplettes. À Ashdod, le quartier chic de Youd Alef, qui borde la plage, est surnommé la «petite Russie». En ces jours de fêtes, les affaires vont bon train et les habitants juifs ultra-orthodoxes sont bien obligés de «faire avec» et d’accepter le voisinage de boucheries qui proposent du porc. «Que voulez-vous, ils ont eux aussi le droit de suivre leurs coutumes !», affirme avec résignation Israël Israéli, un juif religieux qui dit pourtant voter pour le parti ultra-orthodoxe Shass, très hostile aux immigrants non juifs. À Ashdod, le tiers des 180 000 habitants sont des «Russes». La proportion est la même à Netanya et dans d’autres villes de la région. Mais pour s’éclater le soir de «leur» Noël, c’est à Haïfa et surtout à Tel-Aviv qu’ils se sont rendus pour réveillonner. De nombreux restaurants et boîtes de nuit proposaient ainsi une soirée spéciale. Boris Pazel, 40 ans, est pharmacien à Tel-Aviv. «Bien sûr, la fête est moins éclatante en Israël qu’en Russie, mais comme dans la mère patrie, nous festoyons tous, que nous soyons religieux ou laïcs, les occasions de faire la fête sont rares», affirme-t-il. À la mission orthodoxe russe à Jérusalem, on explique que la tradition religieuse veut que Noël signale le «sotchnik», la fin d’une période de «jeûne» de 40 jours durant laquelle on n’a consommé ni viande, ni beurre, mais seulement du poisson. Victoria Martinova, journaliste au quotidien de langue russe Vesty, ajoute qu’«après cette période d’austérité, il est recommandé de prendre le soir de Noël un repas riche notamment en porc et de faire la fête». Un des restau-pubs russes les plus branchés de Tel-Aviv, le Blin, proposait carrément à sa clientèle, composée essentiellement de jeunes couples bon chic bon genre, de «faire la bombe» : champagne français, caviar rouge ou noir, crêpes russes, vodka à gogo. Les barmen étaient habillés du traditionnel vêtement des prêtres orthodoxes et les serveuses en sœurs. L’établissement, qui se trouve rue Ben Yehuda, en plein centre de Tel-Aviv, est dirigé par Julia Katanov, originaire de Tachkent et depuis 10 ans en Israël. «À la fin, je promets aux clients assidus une surprise : un strip-tease spécial. Avec nous, Tel-Aviv se doit d’être une fête», affirme-t-elle. Le son de cloche était évidemment bien différent à Jérusalem la prude, où aucune fête n’était prévue au programme.
Deux semaines après que le monde entier eut célébré le Noël catholique et une semaine après le passage à l’an 2000, des dizaines de milliers d’Israéliens originaires de Russie ont fêté la Noël orthodoxe avec faste dans leur nouvelle patrie. Il n’y a officiellement que 32 000 orthodoxes sur 157 000 chrétiens en Israël, en plus des 80 000 chrétiens, pour la plupart de rite orthodoxe, dans les territoires palestiniens. Selon le ministère israélien de l’Intérieur, sur un total de quelque 800 000 immigrants venus des pays de l’ex-URSS, essentiellement la Russie, s’installer en Israël dans les années 90, environ 200 000 n’étaient pas juifs. Ce chiffre explique l’effervescence de ces derniers jours dans les localités à forte densité de population russe, comme Haïfa (nord d’Israël), Netanya (nord de...