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Actualités - Chronologie

Société - Bars à décibels Les discos font leur mue

Le secteur des discothèques en France, confronté à l’explosion des bars à musique, connaît une lente érosion, mais les immenses complexes en périphérie des villes ont le vent en poupe. En 1994, la France abritait 3 800 discothèques, pour 370 bars à musique. Cinq ans plus tard, les discothèques sont au nombre de 3 500, pour 7 000 bars à musique, estime Yves Bougeard. Les discothèques, qui avaient signé la mort des bals populaires dans les années 70, sont désormais débordés par ces bars à décibels où l’on vient prendre un verre et parfois danser. «Les discothèques qui se créent aujourd’hui essaient d’atteindre une capacité critique d’au moins 1 000 places», explique Yves Bougeard. La France compte désormais plus de 300 de ces usines à danse, soit 12 % du parc total. Les établissements de taille moyenne (400 à 1 000 entrées) souffrent, tandis que les petites discothèques pour habitués s’avèrent plus rentables. «Ce métier, longtemps exercé par des marginaux, a traîné à se professionnaliser», juge Jean-Bernard Sockeel, à la tête de trois discothèques de 1 500 à 2 000 places, en province. «Le secteur est en pleine mutation et se concentre», estime cet entrepreneur à la tête d’une PME de 120 salariés. «Il va rester deux grandes familles : d’un côté les hypermarchés, de l’autre les clubs urbains de 300-400 places», prévoit-il. La plus grande discothèque de France, Le Macumba, se définit comme «un centre de loisirs de nuit». Ses douze salles réparties sur 4 000 m2 proposent des musiques pour tous les goûts, du rétro à la techno, attirent une clientèle dans un rayon de 300 km. Ses trois restaurants permettent en outre d’attirer les foules plus tôt dans la soirée. Branche peu unie (elle compte pas moins de six organisations syndicales) en quête de légitimité (certains établissements restent opaques), la profession peine à se faire entendre auprès des autorités. Elle génère pourtant un chiffre d’affaires de près d’un milliard d’euros, représentant 30 000 emplois. La profession souhaite désormais se battre pour un statut spécifique. Les patrons de discothèques en ont assez d’être assujettis à des heures d’ouverture et de fermeture strictes, variant selon les localités. Pour exprimer ces revendications et changer l’image du secteur, un syndicat a décidé d’organiser pour la première fois, le 15 mars 2000, «une journée nationale des discothèques», soutenue par les chambres de commerce et d’industrie. Il reste la délicate question des filtrages à l’entrée des temples de la danse, régulièrement dénoncés par des organisations de défense des droits de l’homme, comme SOS Racisme. «Nous avons le droit de refuser l’entrée à quelqu’un susceptible de créer des problèmes», indique Yves Bougeard, qui note que le personnel de sécurité s’est nettement renforcé depuis les années 90 pour accompagner une montée de la délinquance.
Le secteur des discothèques en France, confronté à l’explosion des bars à musique, connaît une lente érosion, mais les immenses complexes en périphérie des villes ont le vent en poupe. En 1994, la France abritait 3 800 discothèques, pour 370 bars à musique. Cinq ans plus tard, les discothèques sont au nombre de 3 500, pour 7 000 bars à musique, estime Yves Bougeard. Les discothèques, qui avaient signé la mort des bals populaires dans les années 70, sont désormais débordés par ces bars à décibels où l’on vient prendre un verre et parfois danser. «Les discothèques qui se créent aujourd’hui essaient d’atteindre une capacité critique d’au moins 1 000 places», explique Yves Bougeard. La France compte désormais plus de 300 de ces usines à danse, soit 12 % du parc total. Les établissements de taille...