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Actualités - Chronologie

Le nouveau maître du Kremlin a réveillonné en Tchétchénie

Les Russes se sont réveillés en l’an 2000 avec un nouveau président par intérim, Vladimir Poutine, dont le premier geste hautement symbolique a consisté à passer la nuit du Nouvel An sur le front en Tchétchénie, avec les militaires. La démission surprise de Boris Eltsine, vendredi, a propulsé à la tête de l’État ce Premier ministre inconnu il y a cinq mois, devenu le faucon de la guerre dans le Caucase, un homme de 47 ans aux traits acérés, au caractère inflexible, aux propos parfois vulgaires mais toujours incisifs. Les Russes, qui seront appelés à élire le successeur de Boris Eltsine fin mars, ont émergé des brumes d’une nuit de fête samedi pour découvrir leur nouveau leader à la télévision, filmé en pleine nuit dans un camp militaire de Tchétchénie. «Nous avons dû fêter le Nouvel An dans un hélicoptère, parce que nous n’avons pas reçu à temps l’autorisation d’atterrissage», a expliqué M. Poutine, qui cultive son image d’homme d’action et de terrain. Vêtu d’un pull à col roulé et engoncé dans un anorak, le maître du Kremlin a remis des décorations aux soldats engagés dans la bataille et leur a offert de grands couteaux de chasse. À la même heure, la loge présidentielle réservée pour lui et pour son épouse au Bolchoï, où se déroulait une grande soirée de gala, restait vide. Mme Poutine avait accompagné son mari en Tchétchénie. À Goudermès exactement, dans une ville reconquise par l’armée russe et où les rebelles avaient menacé de lancer des coups de mains dans la nuit du Nouvel An. Vladimir Poutine a félicité les militaires : «Ce que vous faites est nécessaire au pays. Il s’agit de recouvrer l’honneur et la dignité et de mettre fin à la débâcle de la Russie», a-t-il déclaré sous les applaudissements. Fort de l’appui de l’opinion publique, des pouvoirs cumulés d’un chef d’État et d’un chef de gouvernement, du soutien assuré des médias publics et de tout l’appareil administratif russe, M. Poutine est désormais le grandissime favori de l’élection présidentielle. Quelques principes de base, énoncés vendredi, lui tiennent lieu de programme. Il promet d’éradiquer les «bandits» de Tchétchénie, de poursuivre un développement économique selon une voie propre à la Russie, non calquée sur le modèle occidental et, surtout, annonce que son pays doit redevenir la grande puissance qu’était l’URSS, respectée sur la scène internationale. Son ascension politique fulgurante est le résultat d’un scénario parfaitement maîtrisé par le Kremlin, depuis le début de la guerre dans le Caucase en août jusqu’au coup de théâtre du 31 décembre, considérée à Moscou comme un coup de maître magistral du vieux lion Eltsine. Crédité de 1 % des intentions de vote en août, M. Poutine a vu sa popularité augmenter au fur et à mesure de l’avancée des troupes russes en Tchétchénie, à partir du 1er octobre. La psychose des attentats terroristes de septembre avait également contribué à rassembler le pays autour d’un leader offrant une image de fermeté et de détermination, alors que Boris Eltsine vieillissant paraissait incapable de contrôler la situation.
Les Russes se sont réveillés en l’an 2000 avec un nouveau président par intérim, Vladimir Poutine, dont le premier geste hautement symbolique a consisté à passer la nuit du Nouvel An sur le front en Tchétchénie, avec les militaires. La démission surprise de Boris Eltsine, vendredi, a propulsé à la tête de l’État ce Premier ministre inconnu il y a cinq mois, devenu le faucon de la guerre dans le Caucase, un homme de 47 ans aux traits acérés, au caractère inflexible, aux propos parfois vulgaires mais toujours incisifs. Les Russes, qui seront appelés à élire le successeur de Boris Eltsine fin mars, ont émergé des brumes d’une nuit de fête samedi pour découvrir leur nouveau leader à la télévision, filmé en pleine nuit dans un camp militaire de Tchétchénie. «Nous avons dû fêter le Nouvel An dans un...