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Actualités - Analyse

Campagne des Ligues chrétiennes pour un congrès national

Les Ligues chrétiennes relancent derechef la vieille idée d’un congrès national, et se mettent en campagne à cet effet. Elles ont entamé leurs efforts à ce propos par un mémoire de trois pages fullscape, remis d’abord – à tout seigneur tout honneur – au chef de l’État. La délégation de la Fédération des Ligues reçue par le président Lahoud lui a soumis diverses questions ou observations qui suscitent un certain nombre d’appréhensions. Dans l’espoir qu’avec l’essor d’un nouveau Cabinet, le pouvoir s’efforcera de trouver des solutions à ces problèmes. Qui, sur le plan politique, se résument dans un seul et même sempiternel vocable : le déséquilibre. Les Ligues souhaitent l’apport actif et positif du chef de l’État à la correction de tir requise, en sa qualité constitutionnelle de garant et de régulateur de la vie publique nationale. Au cours du long entretien que le président de la République leur a accordé, les délégués des Ligues ont développé une argumentation de base rappelant que les accords de Taëf ne visaient pas seulement à mettre fin à l’état de guerre mais aussi à promouvoir une véritable entente nationale, ainsi qu’un État de droit et des institutions rendant justice à tous sans discrimination. Alors qu’aujourd’hui, ont-ils ajouté, c’est le confessionnalisme voire le sectarisme qui prospèrent. Les Ligues critiquent bien évidemment les lois électorales appliquées depuis Taëf ainsi que les abus qui ont érodé la représentation, à la Chambre comme au gouvernement, de diverses franges. Les Ligues ont émis la suggestion que les hautes autorités prennent une initiative de sauvetage politique, pour sortir le pays de l’ornière. Le mémoire remis au président Lahoud insiste, en résumé, sur les points suivants : – L’État doit ouvrir un dialogue général, sans en excepter personne, démarche qui n’a pas été entreprise jusqu’à présent, la discrimination continuant à faire rage, sur de multiples plans et à divers niveaux. – L’absence des partis provoque un vide ainsi qu’un déséqulibre marqués dans la vie politique du pays. Le pouvoir doit traiter ce mal, en empêchant tout hégémonisme d’un courant déterminé, nul ne devant prendre le pas sur l’État en tant que tel et tous devant s’y retrouver. La large combinaison gouvernementale adoptée fait place à des formations comme le PSNS le Baas ou Amal, mais laisse en plan les partis représentant la composante chrétienne, comme le BN, les Kataëb, le PNL, les F.l ou le courant aouniste. – Il est temps d’organiser un congrès national, regroupant tous les secteurs de la société civile, pour un dialogue en profondeur. Une démarche qui viserait, en premier lieu, à tourner pour de bon la page du passé, notamment par une amnistie vraiment générale englobant le Dr Samir Geagea. De même des dispositions seraient prises pour assurer le retour du général Michel Aoun et réaliser la réconciliation nationale, à l’ombre de Taëf, de l’État et de ses institutions ou mécanismes. Le pouvoir est invité à promouvoir cette idée de congrès en mobilisant à cet effet ses services spécialisés et son potentiel. – Le manifeste des évêques maronites, qui met l’accent sur des problèmes incontournables, ne doit pas être négligé. Ce texte, estiment les Ligues, a mis le doigt sur la plaie et aucun gouvernement ne doit passer outre. – Au sujet des relations avec la Syrie, les Ligues demandent leur réexamen pour les clarifier et les consolider afin d’en faire des rapports exemplaires entre deux pays voisins véritablement indépendants. – Le nouveau gouvernement a été formé au mépris des impératifs les plus élémentaires des équilibres intérieurs et de l’entente nationale. La combinaison constitue un partage de parts d’influence entre le chef du gouvernement et le président de la Chambre. – Cela étant, le nouveau gouvernement doit s’atteler sans tarder à l’élaboration d’une nouvelle loi électorale moderne, équitable et assurant une saine représentation des composantes du pays. À signaler enfin que selon les délégués des Ligues, le président Lahoud s’est montré attentif et ouvert lors de l’audience. Philippe ABI-AKL
Les Ligues chrétiennes relancent derechef la vieille idée d’un congrès national, et se mettent en campagne à cet effet. Elles ont entamé leurs efforts à ce propos par un mémoire de trois pages fullscape, remis d’abord – à tout seigneur tout honneur – au chef de l’État. La délégation de la Fédération des Ligues reçue par le président Lahoud lui a soumis diverses questions ou observations qui suscitent un certain nombre d’appréhensions. Dans l’espoir qu’avec l’essor d’un nouveau Cabinet, le pouvoir s’efforcera de trouver des solutions à ces problèmes. Qui, sur le plan politique, se résument dans un seul et même sempiternel vocable : le déséquilibre. Les Ligues souhaitent l’apport actif et positif du chef de l’État à la correction de tir requise, en sa qualité constitutionnelle de garant et...