Washington a tenté, dans la nuit de jeudi à vendredi, de rassurer les dirigeants palestiniens sur sa volonté de rester un médiateur de paix neutre au Proche-Orient, après le vote par la Chambre des représentants d’une résolution rejetant sur les Palestiniens la responsabilité des violences en Cisjordanie et à Gaza. «Nous ne pensons pas qu’elle (cette résolution) soit particulièrement utile ou qu’elle apporte une contribution», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Jake Siewert, interrogé sur le texte de résolution adopté par 365 voix contre 30 dans la nuit de mercredi à jeudi par la Chambre basse. Les parlementaires américains ont exprimé, dans ce texte, leur «solidarité avec l’État et le peuple d’Israël» et «condamné la direction palestinienne pour avoir encouragé la violence et pour avoir pendant très longtemps fait si peu pour l’arrêter, provoquant ainsi des pertes insensées en vies humaines». Cette résolution a suscité l’ire des dirigeants palestiniens. C’est un «alignement flagrant» sur les positions d’Israël «incompatible avec le rôle de parrain dans le processus de paix joué par les États-Unis», a affirmé jeudi le ministère de l’Information palestinien. Radio Damas, la radio officielle syrienne, a elle aussi critiqué la résolution en estimant que «le Congrès américain s’est placé contre les enfants et les femmes de Palestine en annonçant son soutien total à Israël». «La partialité totale et aveugle de l’Occident en faveur d’Israël est à l’origine du rejet par Israël de la paix et de l’initiative américaine», a ajouté cette radio d’État. «Les gens de tous bords devraient comprendre qu’il s’agit d’une simple résolution de la Chambre qui n’a pas force de loi, et n’est pas soumise à la signature présidentielle (...). C’est un geste symbolique de la Chambre», a répondu M. Siewert, en notant que la résolution de la Chambre constituait un vœux pieux «sans effet». Un porte-parole du département d’État, Philip Reeker, lui a fait écho en déclarant que l’important était de «mettre l’accent sur l’apaisement des tensions au Proche-Orient, la nécessité de mettre un terme à la violence et de ramener les parties à la table des négociations. Je ne pense pas que cette résolution y contribuera», a ajouté M. Reeker qui lui a opposé les accords de Charm el-Cheikh entre Israël et les Palestiniens. M. Siewert a lui aussi noté que la mise en œuvre de ces accords constituait la priorité, et il a relevé que malgré l’attentat-suicide contre une position militaire israélienne dans la bande de Gaza, «la violence paraît s’atténuer depuis quarante-huit heures et la coordination en matière de sécurité s’améliorer entre responsables israéliens et palestiniens». Mais il a ajouté qu’il y avait encore «plus à faire pour mettre fin à la violence» avant d’organiser de nouveaux entretiens à Washington avec le président palestinien Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Ehud Barak, dont le président Bill Clinton a évoqué la possibilité il y a quelques jours. De son côté, l’ancien président iranien Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani a critiqué la résolution de la Chambre des représentants américains. M. Rafsandjani, qui intervenait comme imam de la prière de vendredi à l’Université de Téhéran, a qualifié la résolution d’«injuste» et affirmé que les représentants américains avaient montré qu’«ils n’avaient aucun respect pour la dignité de l’homme ou ses droits». M. Rafsandjani, qui est président du Conseil de discernement, puissante instance de pouvoir iranien, a longuement dénoncé la politique des «deux poids et deux mesures pratiquée par les États-Unis» au Proche-Orient. Il a rappelé que l’Iran, qui ne reconnaît pas à Israël le droit d’exister, proposait comme «solution le retour de tous les réfugiés palestiniens dans leurs foyers».
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