À l’heure où les industries connexes à la production vinicole se regroupent, la profession d’éditeur d’étiquettes – au style de plus en plus soigné – pour bouteilles de vin reste éclatée, avec près de 80 sociétés implantées dans les diverses régions viticoles françaises. Sabaté, numéro deux mondial des bouchons de liège, vient de lancer une offre publique sur le fabricant de fûts de chêne Diosos, groupe né il y a un an du rapprochement entre Séguin Moreau, ancienne filiale de Rémy Cointreau et de Radoux International Les éditeurs appartiennent également à ces industries connexes à la production de vin, avec une production annuelle d’étiquettes proche des 15 milliards d’unités. Mais ce secteur reste très éclaté, la France comptant près de 80 éditeurs, dont une dizaine pour le compte des grands groupes de vins et spiritueux. «Même si elle contient un millésime exceptionnel, une bouteille de vin est anonyme. Une étiquette l’identifie et lui donne sa parure originale», explique Patrick Chastenet, associé depuis six ans de Michel Soutiran, le PDG de Sparflex, une société cotée depuis plus d’un an sur le marché libre de la Bourse de Paris. Créée il y a quinze ans, Sparflex réalise 20 % de son chiffre d’affaires dans l’étiquette pour les vins de champagne mais aussi pour les vins effervescents. Elle exporte 15 % de ses produits. Le groupe, qui compte réaliser en 2001 un chiffre d’affaires de 300 millions de francs (43 millions de dollars) pour un bénéfice de 45 à 50 millions, a réalisé deux acquisitions majeures ces deux dernières années. En 1998, il a racheté Le Muselet Valentin, numéro deux mondial du muselet (fil de fer torsadé qui retient le bouchon de liège) puis, cet été, Papmétal, une société produisant des coiffes de surbouchage qui habille les vins et les champagnes. Portrait de chien Sparflex, qui compte environ 5 000 clients, produit chaque année 400 millions de muselets et 400 millions de coiffes. Litho-Bru, avec ses deux imprimeries implantées dans la région de Cognac, est aussi un acteur important sur ce marché avec 2,5 millions d’étiquettes produites par jour et entre 500 à 600 millions par an. Son chiffre d’affaires annuel est de 97 millions de francs (près de 14 millions de dollars), dont le quart environ provient d’une autre activité, celle des étuis en carton pour bouteilles. Litho-Bru travaille dans le haut de gamme, explique François Berland, le directeur général de Litho-Bru. «Nous fournissons de grands groupes comme Pernod-Ricard, LVMH, Rémy-Martin, les cognacs Courvoisier, mais aussi de prestigieuses maisons de champagne comme Lanson, Krug, Bollinger, Rœderer», ajoute M. Berland. Autre grand de la profession, Wetterwald, implanté depuis bientôt deux siècles aux Chartrons, le fief à Bordeaux des négociants de vins. La société produit chaque année 900 millions d’étiquettes, indique Jean-Pierre Fromantin, PDG de la maison depuis 1996. «L’étiquette, apparue il y a deux siècles pour identifier les crus et leur millésime, aide à la vente, notamment pour des propriétés dont le budget publicitaire est modeste», indique M. Fromantin. «Pour de petites propriétés du Saint-Emilion, nous imprimons 20 000 étiquettes par an, pour de grosses propriétés du Médoc entre 150 000 et 200 000 unités», ajoute le PDG de Wetterwald. Wetterwald répond à toutes les demandes de ses clients : le studio de création – une vingtaine de personnes – propose des étiquettes classiques (château du cru dessiné à la plume en noir et blanc) ou originales. «Un vigneron a par exemple fait portraiturer son chien pour identifier son vin, et les grandes surfaces exigent souvent une étiquette qui leur soit propre», explique M. Fromantin.
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