Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Rwanda Ouverture du procès des « médias de la haine »

Le procès des «médias de la haine» s’est ouvert lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPR) à Arusha (Tanzanie) en l’absence de deux des trois accusés, poursuivis pour avoir propagé des appels au meurtre avant et pendant le génocide de 1994. Ferdinand Nahimana dirigeait, en 1993 et 1994, la Radiotélévision libre des mille collines (RTLM), véhicule de propagande contre les Tutsis et les Hutus modérés. Hassan Ngeze était le rédacteur en chef de la revue extrémiste hutue Kangura et Jean-Bosco Barayagwiza, ancien directeur des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, était membre du comité d’initiative de la RTLM. Tous trois sont poursuivis pour entente en vue de commettre un génocide, génocide, complicité de génocide et crimes contre l’humanité par le TPR, créé par les Nations unies pour juger les responsables présumés du génocide qui a fait entre 500 000 et 800 000 morts parmi les Tutsis et Hutus modérés entre avril et juillet 1994. Lundi matin, seul Ferdinand Nahimana était présent à l’audience, a rapporté l’agence de presse Hirondelle. «Je refuse de m’associer à une parodie de justice dont le résultat est dicté par le gouvernement rwandais», a déclaré Jean-Bosco Barayagwiza dans un communiqué. Pour sa part, Hassan Ngeze a motivé son absence par le manque de traductions en français et en anglais de la totalité des exemplaires de Kangura, écrit en kinyarwanda. La présidente du tribunal, la Sud-africaine Navanethem Pillay, a demandé à leurs avocats de les assurer que la présomption d’innocence leur était acquise. «Le fait que ces gens n’aient pas touché de sang avec leurs mains n’a pas d’importance», a lancé le représentant du parquet, le Camerounais Bernard Muna. « Un maître de la manipulation » Universitaire, Ferdinand Nahimana avait été démis de ses fonctions de directeur de la radio nationale Radio-Rwanda après des émissions ayant incité à des massacres de Tutsis en 1992, a affirmé le procureur adjoint du TPR. «C’est un homme qui travaille très dur. Il est dommage qu’il n’ait pas utilisé son énergie à des fins positives», a déclaré le procureur, le qualifiant de «grand prêtre de la suprématie hutue». M. Barayagwiza, a poursuivi le parquet, était un «maître de la manipulation» qui a prôné la politique de l’extrémisme hutu au Rwanda et à l’étranger. S’agissant de Hassan Ngeze, quand le génocide a commencé, il avait «un stylo dans une main, une épée dans l’autre et le micro dans la bouche», a ajouté M. Muna. Selon le procureur, la RTLM et Kangura ont été créés par les extrémistes hutus proches du pouvoir dans l’objectif de disséminer des messages de haine contre la minorité tutsie. Bernard Muna a cité en exemple «Les dix commandements des Hutus» publiés par Kangura dès 1990, selon lesquels «tout homme hutu qui se marie avec une femme tutsie ou en fait sa secrétaire est considéré comme un traître». «Ces hommes savaient comment utiliser les gens ordinaires au Rwanda», a poursuivi le procureur.
Le procès des «médias de la haine» s’est ouvert lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPR) à Arusha (Tanzanie) en l’absence de deux des trois accusés, poursuivis pour avoir propagé des appels au meurtre avant et pendant le génocide de 1994. Ferdinand Nahimana dirigeait, en 1993 et 1994, la Radiotélévision libre des mille collines (RTLM), véhicule de propagande contre les Tutsis et les Hutus modérés. Hassan Ngeze était le rédacteur en chef de la revue extrémiste hutue Kangura et Jean-Bosco Barayagwiza, ancien directeur des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, était membre du comité d’initiative de la RTLM. Tous trois sont poursuivis pour entente en vue de commettre un génocide, génocide, complicité de génocide et crimes contre l’humanité par le TPR, créé par...