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Actualités - Communiques Et Declarations

Les pacifistes juifs en plein désarroi

Sous le choc de la révolte palestinienne et des propos musclés du président palestinien Yasser Arafat sur l’intifada, une grande partie du «camp de la paix» en Israël, déçue, a perdu ses repères et se fait bien silencieuse mais certains imputent d’abord la responsabilité des troubles à Israël. «En ce moment, on ne peut pas appeler à des manifestations pour la paix alors que les Palestiniens ne sont pas prêts à le faire», affirme un responsable du mouvement pacifiste La paix maintenant, Amiram Goldblum. «Il y a parmi nous une grande colère et beaucoup de perplexité et de déception», ajoute-t-il. La déception est d’autant plus vive, selon M. Goldblum, que la gauche pacifiste avait le sentiment que le Premier ministre israélien Ehud Barak avait fait aux Palestiniens des concessions lors du sommet de Camp David, en juillet dernier, notamment sur le statut de Jérusalem. «Israël a fait un grand pas vers la paix et les Palestiniens ne l’ont pas suivi», poursuit M. Goldblum. Les militants de la paix se sentent presque trahis par Yasser Arafat, qui, il y a un mois à peine, représentait à leurs yeux le seul partenaire palestinien crédible pour parvenir à un règlement avec Israël au prix de concessions réciproques. Mais aujourd’hui, ils le perçoivent comme l’initiateur des affrontements, qui tente, par la violence, d’arracher à Israël les concessions qu’il ne peut obtenir par la négociation. Dans une interview au journal Haaretz, l’écrivain A.B. Yehoshua «admet» n’avoir «pas compris ce qu’Arafat voulait». «Une séparation unilatérale est peut-être bien la solution. C’est une honte. J’avais toujours cru que cela passerait par un accord», regrette-t-il. Même s’il est prêt à reconnaître que la visite du chef du Likoud (opposition de droite), Ariel Sharon, sur l’Esplanade des mosquées, le 28 septembre, a mis le feu aux poudres, M. Goldblum estime que «la situation aurait explosé quand même». La question de la sécurité revient également au centre du discours de la gauche pacifiste, qui, selon certains, vivait déjà dans l’illusion d’une après-guerre avec les Palestiniens. «J’ai changé», confiait un professeur de littérature de renom, Gershon Shaked. «J’ai une conscience beaucoup plus aiguë de l’importance de la sécurité parce que je fais moins confiance» aux Palestiniens, a-t-il déclaré au quotidien Haaretz. Une partie de la gauche israélienne ne s’avoue pas pour autant vaincue et ne veut pas concéder la victoire à la droite, prompte à se targuer d’un «on vous avait prévenus». Députée travailliste, Yaël Dayan impute d’abord la responsabilité des troubles à Israël, estimant que l’explosion de violence est notamment «la conséquence de la poursuite de la colonisation juive dans les territoires palestiniens». Même avis pour le dirigeant de Goush Shalom (Le camp de la paix), Uri Avneri. «Tous les avertissements que nous avons formulés au gouvernement ces derniers mois se sont réalisés dans leur forme la plus extrême», dit-il.
Sous le choc de la révolte palestinienne et des propos musclés du président palestinien Yasser Arafat sur l’intifada, une grande partie du «camp de la paix» en Israël, déçue, a perdu ses repères et se fait bien silencieuse mais certains imputent d’abord la responsabilité des troubles à Israël. «En ce moment, on ne peut pas appeler à des manifestations pour la paix alors que les Palestiniens ne sont pas prêts à le faire», affirme un responsable du mouvement pacifiste La paix maintenant, Amiram Goldblum. «Il y a parmi nous une grande colère et beaucoup de perplexité et de déception», ajoute-t-il. La déception est d’autant plus vive, selon M. Goldblum, que la gauche pacifiste avait le sentiment que le Premier ministre israélien Ehud Barak avait fait aux Palestiniens des concessions lors du sommet de Camp...