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Actualités - Chronologie

Le big business, cible d’Al Gore dans sa campagne

Al Gore, candidat démocrate à l’élection présidentielle, n’hésite pas à s’attaquer dans sa campagne aux grands groupes pharmaceutiques et pétroliers alors qu’il a fait partie, pendant huit ans, d’une Administration adepte du «laisser-faire, laisser-aller» pour l’économie. En tant que vice-président, Al Gore n’a pas dévié de la ligne fixée par Bill Clinton d’intervenir le moins possible dans la vie économique, politique facilitée par la croissance ininterrompue depuis bientôt dix ans. «Depuis 24 ans, je n’ai jamais eu peur de m’attaquer aux grands groupes pharmaceutiques», a-t-il toutefois affirmé lors du dernier débat avec son adversaire George W. Bush le 17 octobre. Il faisait davantage référence à son action en tant que sénateur plutôt que vice-président car, depuis l’échec des tentatives d’instaurer un système de sécurité sociale universelle au début du premier mandat de Bill Clinton, l’Administration démocrate sortante s’est faite très discrète sur le sujet. Les groupes pharmaceutiques comme Pfizer, Merck, American Home Product, Bristol Myers-Squibb, Johnson and Johnson ont bénéficié de la part grandissante du secteur privé dans les services de santé aux États-Unis et de la hausse des prix des médicaments qui l’accompagne, et vu leurs bénéfices exploser. Les prestataires de santé (Health Maintenance Organization – HMO), privés eux aussi, ont connu des fortunes plus diverses et, après un engouement initial dans le milieu des années 1990, ont vu leurs actions boudées par les investisseurs. Al Gore s’est indigné lors du même débat du fait que les groupes pharmaceutiques «dépensent maintenant plus en publicité et promotions qu’ils ne le font en recherche et développement», tout en concédant «qu’ils font des grandes choses, découvrent de nouveaux remèdes». «Si vous voulez un candidat soutenu par les groupes pharmaceutiques, c’est votre homme», a-t-il lancé lors du débat mardi dernier en pointant son doigt vers George W. Bush. L’industrie pétrolière est soumise au même tir de barrage. Commentant la hausse des prix de l’essence, qui dépasse 20 % depuis le début de l’année, Al Gore n’a pas hésité lors du premier débat le 3 octobre à fustiger «la domination des grands groupes pétroliers qui peuvent manipuler les prix». Face à un George W. Bush aux liens étroits avec l’industrie pétrolière, resserrés encore davantage par le choix comme candidat à la vice-présidence de Dick Cheney, ancien PDG du groupe de services pétroliers Halliburton, Al Gore a délibérément choisi cette cible électorale. Son opposition à l’exploitation des ressources en énergie dans les parcs naturels de l’Alaska surprend moins venant d’un avocat de l’écologie, et Al Gore surveille aussi sa gauche où Ralph Nader, le candidat des écologistes, pourrait lui prendre de précieuses voix dans une élection toujours très indécise. George W. Bush reste dans la ligne traditionnelle des candidats républicains depuis l’ère Reagan et met tout son poids derrière les entreprises privées qui financent largement sa campagne. Face aux attaques répétées d’Al Gore, le président de la Chambre de commerce américaine, Thomas Donohue, a estimé dans un éditorial qu’»insulter les entreprises américaines et empoisonner l’atmosphère du débat économique peut être une bonne manœuvre politique, mais ne fera rien pour garantir la prospérité de l’Amérique».
Al Gore, candidat démocrate à l’élection présidentielle, n’hésite pas à s’attaquer dans sa campagne aux grands groupes pharmaceutiques et pétroliers alors qu’il a fait partie, pendant huit ans, d’une Administration adepte du «laisser-faire, laisser-aller» pour l’économie. En tant que vice-président, Al Gore n’a pas dévié de la ligne fixée par Bill Clinton d’intervenir le moins possible dans la vie économique, politique facilitée par la croissance ininterrompue depuis bientôt dix ans. «Depuis 24 ans, je n’ai jamais eu peur de m’attaquer aux grands groupes pharmaceutiques», a-t-il toutefois affirmé lors du dernier débat avec son adversaire George W. Bush le 17 octobre. Il faisait davantage référence à son action en tant que sénateur plutôt que vice-président car, depuis l’échec des...