Le calme a régné encore hier sur le marché des changes de Beyrouth en attendant, d’un côté, la mise en application des accords de Charm el-Cheikh destinés à mettre fin au conflit armé entre Palestiniens et Israéliens, et d’un autre côté la formation du nouveau gouvernement sur le plan local. En effet, l’offre du dollar est restée très rare alors que la demande non commerciale en cette monnaie continuait à se contracter. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue rétablir l’équilibre du marché et préserver la stabilité monétaire. En procédant à la vente du billet vert à 1 514,00 LL toute en se déclarant prête à l’acheter à 1 501,00 LL, celle-ci est parvenue donc à le maintenir invariablement au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, pendant qu’il se négociait effectivement au haut de cette fourchette dans les échanges interbancaires. Mais, compte tenu de la diminution de la demande et la pénurie d’offre, le volume d’affaires de la journée d’hier ne devait pas dépasser dix millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, selon les cambistes. Fragilité de l’euro À l’étranger, l’euro est resté fragile hier sur les marchés des changes internationaux, prêt à glisser à la moindre occasion sous le seuil de 0,84 dollar, bien que les analystes aient apprécié les propos tenus par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Wim Duisenberg, à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs de cet organisme. Certes, il a suffi d’une nouvelle dégradation de l’indice IFO sur le climat des affaires en Allemagne, qui sert d’indicateur sur la santé économique européenne, pour faire brièvement replonger l’euro sous le seuil de 0,84 dollar. Cet indice, qui est retombé à 98,00 points en septembre, contre 98,90 points en août, pour le quatrième mois consécutif, n’a pas tardé à déstabiliser la monnaie unique européenne qui s’est à nouveau repliée à 0,8390 dollar par moment. Plus tôt dans la journée, la décision du Conseil de la BCE de maintenir son principal taux directeur inchangé à 4,75 % avait également pesé sur l’euro. Celui-ci était tombé de 0,8480 dollar à 0,8425 avant qu’une conférence de presse du président de la BCE, Wim Duisenberg, ne tente de le soutenir sans pour autant parvenir à inverser le sentiment négatif du marché à son égard. Au cours de cette conférence de presse, M. Duisenberg a affirmé que la sous-évaluation de l’euro, tombé la veille à ses plus bas niveaux historiques face au dollar, était source de préoccupation. Il a également laissé planer la menace d’un nouveau tour de vis monétaire au début du mois prochain après celui, surprise, du 4 octobre. Mais ces propos n’ont pas eu beaucoup d’impact. Tout ce qu’il a dit était en fait attendu par nombre d’observateurs jugeant que l’euro a besoin d’autres motivations pour se reprendre, entre autres de vrais signes de ralentissement de l’économie américaine. Mais, au contraire, le département du Travail a fait savoir hier que le nombre des demandeurs d’allocations-chômage aux États-Unis a diminué de 7 000 personnes la semaine dernière, témoignant de la création de nouveaux emplois entraînée par la vigueur de l’économie. De plus, on apprenait que le déficit commercial américain a diminué de 7,2 % en août à 29,4 milliards de dollars contre 31,9 milliards en juillet à la suite de l’accroissement de 3,6 % des exportations à 93,02 milliards, dans une proportion plus grande que la hausse de 0,8 % des importations à 122,42 milliards. Cela étant, l’euro est demeuré donc extrêmement fragile, les investisseurs étant prêts à le vendre pour n’importe quelle excuse. En effet, le dollar a continué de présenter des signes de résistance, se négociant à New York, comme suit : – 0,8435 pour un euro contre 0,8385, la veille – 1,4445 pour un sterling contre 1,4430 – 2,3185 DM contre 2,3325 – 7,7765 FF contre 7,8230 – 1,7855 FS contre 1,7880 – 2 295,50 lires contre 2 309,20 – 108,25 yens contre 107,80. Bourse de Beyrouth : légèrement faible À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est ressentie hier de la baisse des actions A de Solidere de 7 3/4 à 7 1/2 dollars et de celles de la Byblos Bank de 1 11/16 à 1 5/8 dollar, dans une proportion plus grande que la hausse des actions B de Solidere de 7 7/8 à 8 1/8 dollars. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,08 % à 65,44 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires de 0,14 % à 140,51 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché à activité toujours limitée avec quelque 41.570 actions négociées d’une valeur globale de 213.586 dollars. Nette reprise des Bourses américaines Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont été revigorés hier par la publication de bons résultats trimestriels par notamment Microsoft et America Online (AOL), permettant à la Bourse électronique Nasdaq et à Wall Street de remonter la pente. Selon les professionnels, les bons résultats de Microsoft et AOL ont eu un impact positif sur la tendance avec ceux de Sun Microsystems et Texas Instruments qui ont été plébiscités par les investisseurs. Bien que la performance financière des entreprises américaines commence à souffrir du ralentissement de la croissance aux États-Unis, de la faiblesse de l’euro et de la flambée des cours pétroliers, les bons résultats de ces sociétés ont été les principaux artisans de la hausse aussi bien du Nasdaq que du Dow Jones des industrielles. À cet égard, certains analystes pensent que les valeurs de la haute technologie devraient bénéficier de la preuve que la demande d’ordinateurs des entreprises reprend doucement son rythme après la période d’incertitudes liées au bogue de l’an 2000. Enfin, les investisseurs ont été rassurés hier par les bonnes nouvelles de l’économie américaine dont le recul des demandes hebdomadaires d’allocations-chômage la semaine dernière et la diminution du déficit commercial en août. En effet, l’indice Nasdaq est remonté à plus de 3 400 points, pendant que le Dow Jones fluctuait à la hausse entre un plus bas à 10 014,61 points et un plus haut à 10 138,58 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 101,05 points, en hausse de 126,03 points sur la veille. Les Bourses européennes soutenues par les télécoms et le Nasdaq Les Bourses européennes se sont nettement reprises jeudi sous l’impulsion des valeurs technologiques, en particulier des équipementaires de télécommunication, et soutenues par l’ouverture en forte hausse des marchés américains. À la clôture, l’indice européen Euro Stoxx 50 prenait 3,71 % à 4 831,67 points. L’indice Euro Stoxx du secteur technologique grimpait de 11,48 % et celui des télécommunications de 4,47 % à la même heure. «Les technologiques ont été particulièrement maltraitées la veille, victimes de mouvements de vente dans la panique. Mais après les résultats excellents de Nokia, les analystes ont révisé leurs prévisions à la hausse», a commenté la responsable des ventes paneuropéennes d’une grande banque parisienne. L’équipementier finlandais de télécommunications Nokia a annoncé une hausse de 58,6 % de son bénéfice net sur les neuf premiers mois de son exercice 2000. Ce résultat, supérieur aux attentes du marché, a tiré les valeurs des télécommunications vers le haut. «On s’est rendu compte qu’on avait vendu un peu vite, la conséquence est un rebond sur les titres de qualité», a ajouté la même source. À Londres, l’indice Footsie des cent principales valeurs a clôturé en forte hausse de 1,15 % à 6 218,9 points, et celui des cent principaux titres de la technologie, le TchMARK, a grimpé de 3,5 % à 3 327,73 points. Sur la Bourse de Francfort, l’indice DAX des trente valeurs vedettes après 1,5 % à 6 580,3 points, tandis qu’à Paris, l’indice CAC 40 a terminé en hausse de 2,17 % à 6 066,48 points. Les indices des nouveaux marchés des deux places ont eux aussi progressé. Le Nemax 50 allemand gagnait 3,83 % à 4 415,1 points, alors que l’indice du Nouveau marché parisien a terminé en hausse de 3,9 % à 3 718,26 points. La plupart des autres places européennes ont terminé en forte progression. Milan a gagné 2,41 %, Amsterdam 2,46 %, Madrid a pris 3,09 %, la Bourse suisse 1,68 % et Bruxelles, 0,48 %. Les valeurs des équipementiers téléphoniques ont figuré parmi les plus fortes hausses de la journée sur les différentes places européennes. À Helsiniki, L’action Nokia a bondi de 21,95 % à 43,67 EUR, à Paris, Alcatel a grimpé de 7,63 % à 74,80 EUR, et Sagem de 9,83 % à 197,70 EUR, et à Stockholm, Ericsson, qui doit présenter ses résultats vendredi, a pris 9,06 %, à 17,79 EUR. Les éditeurs de logiciel et les fabricants de semi-conducteurs se sont également repris, au lendemain de la publication des bons résultats de Microsoft et d’America Online (AOL). Tokyo : clôture en baisse La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 0,4 % jeudi, les investisseurs se débarrassant de leurs valeurs technologiques et se montrant inquiets pour Wall Street. L’indice de référence Nikkei-225 a perdu 61,40 points pour terminer à 14 811,08 points, son plus bas depuis le 8 mars 1999. L’indice élargi Topix a abandonné 1,82 point à 1 405,44. 473 millions de titres ont été échangés sur le marché contre 561,6 millions mercredi. «Tokyo a résisté en partie parce que les investisseurs ont vu les marchés américains effacer une partie de leurs pertes en fin de session mercredi», a noté Masaaki Higashida, de Nomura Securities Co. Le DJIA a terminé mercredi sous la barre des 10 000 points à 9,975,02, soit une perte de 1,1 % et le Nasdaq a abandonné 1,3 % après avoir chuté de 5 % en cours de séance. «C’est comme si le Nasdaq et le Dow Jones avaient perdu une bataille mercredi mais ils se reprennent. Ce genre de réflexion a incité les investisseurs à penser que le marché américain pourrait avoir touché le fond et ne pas descendre plus bas», a ajouté M. Higashida. Les investisseurs ont cependant commencé à vendre en fin de séance, notamment des valeurs technologiques, et adopté une attitude prudente en raison des secousses à Wall Street. «Les investisseurs sont encore préoccupés par la volatilité des marchés américains. Beaucoup d’investisseurs sont restés en retrait dans l’après-midi pour voir comment Wall Street allait réagir», a observé Kazue Mayuzumi, analyste de Nikko Securities. L’annonce d’un plan de relance de 11 000 milliards de yens (102 milliards USD) a peu influencé le marché, notent les analystes.
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