Forte de 560 000 personnes, presque toutes d’origine étrangère, la communauté musulmane d’Italie est devenue un sujet d’affrontement majeur entre pourfendeurs de «l’invasion islamique» et ceux qui s’inquiètent des dérives «xénophobes» dans le débat politique. Thème récurrent du débat sur l’immigration qui agite l’Italie depuis des mois, la place de l’islam dans la société italienne est revenue au premier plan après les déclarations du cardinal archevêque de Bologne (nord), Giacomo Biffi, appelant à privilégier les immigrés chrétiens plutôt que les musulmans. Le mouvement populiste italien Ligue du Nord a bruyamment approuvé en y décelant un encouragement pour ses positions ouvertement xénophobes. Le mouvement dirigé par Umberto Bossi avait manifesté samedi à Lodi, près de Milan (nord) contre la construction d’une mosquée dans cette ville. Le mouvement néo-fasciste MSI-Flamme tricolore mais aussi des militants de Forza Italia (FI, droite), le parti de Silvio Berlusconi, ont participé à ce défilé qui a réuni mille personnes. À Venise, un autre de ses bastions, la Ligue du Nord a commencé à faire circuler une pétition contre la construction d’une mosquée. L’Italie ne compte que trois mosquées, à Rome, Milan et Catane en Sicile, et quelque 300 lieux de prières, parfois situés chez des particuliers dans de simples appartements. Cependant, la manifestation de Lodi a rapidement pris une dimension nationale car la Ligue du Nord est un des principaux alliés de M. Berlusconi, candidat au poste de président du Conseil en cas de victoire de la coalition de centre-droit aux élections législatives du printemps prochain. La gauche a sauté sur l’occasion pour dénoncer l’encombrant allié de M. Berlusconi : «Je suis préoccupé par le fait qu’il souhaite emmener avec lui au gouvernement des gens qui déclarent vouloir abattre les mosquées», a ainsi déclaré l’ancien chef du gouvernement Massimo D’Alema. «La Ligue du Nord est liée à la droite xénophobe d’Autriche, de Belgique et de Suisse», a indiqué M. D’Alema en mettant en garde contre les risques de sanctions qui pèseraient sur l’Italie si le mouvement de M. Bossi parvenait au pouvoir. M. Berlusconi a rétorqué que la manifestation de Lodi était «un épisode local» en soulignant que son mouvement était «pour la liberté de religion». La question de l’islam empoisonne pourtant bien l’opposition de centre-droit. Connue pour son franc-parler, Alessandra Mussolini, député Alliance nationale (AN, post-fasciste et principal allié de Berlusconi) a salué le «courage» de M. Bossi en affirmant que l’Italie «risque une invasion islamique». Interrogé mardi par le quotidien Corriere della Sera, le prêtre Don Gianni Baget Bozzo, un des principaux conseillers de M. Berlusconi, a affirmé que «les musulmans veulent la guerre sainte en Italie». Si la droite arrive au pouvoir «nous devrons rendre plus difficiles les mariages mixtes surtout entre les femmes italiennes et les musulmans parce que nous devons protéger les droits des femmes et aussi une histoire millénaire», a ajouté M. Baget Bozzo. Si la télévision publique RAI accorde plusieurs heures de programmes hebdomadaires à la religion catholique, il n’existe aucune émission télévisée à destination de la communauté musulmane.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Forte de 560 000 personnes, presque toutes d’origine étrangère, la communauté musulmane d’Italie est devenue un sujet d’affrontement majeur entre pourfendeurs de «l’invasion islamique» et ceux qui s’inquiètent des dérives «xénophobes» dans le débat politique. Thème récurrent du débat sur l’immigration qui agite l’Italie depuis des mois, la place de l’islam dans la société italienne est revenue au premier plan après les déclarations du cardinal archevêque de Bologne (nord), Giacomo Biffi, appelant à privilégier les immigrés chrétiens plutôt que les musulmans. Le mouvement populiste italien Ligue du Nord a bruyamment approuvé en y décelant un encouragement pour ses positions ouvertement xénophobes. Le mouvement dirigé par Umberto Bossi avait manifesté samedi à Lodi, près de Milan (nord) contre...