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Actualités - Communiques Et Declarations

La marche de Farrakhan pour sauver un million de familles

Des milliers de personnes ont répondu lundi à Washington à l’appel du dirigeant noir controversé de la Nation de l’islam, Louis Farrakhan, en participant à la Marche d’un million de familles, un rassemblement interconfessionnel destiné à célébrer les valeurs familiales. Plusieurs dirigeants religieux avaient appelé à participer à cette marche, coorganisée par l’église de l’Unification, la secte du révérend sud-coréen Sun Myung Moon, dont des évêques catholiques, des pasteurs baptistes, luthériens ou évangélistes, sans oublier des imams sunnites et des prêtres bouddhistes. «Lorsque l’on voit une grande société ou civilisation, comme les États-Unis d’Amérique, où 50 % des mariages finissent en divorce dans les trois premières années, ce sont là des signes d’un déclin de la civilisation», a déclaré Louis Farrakhan à la veille de cette manifestation. Venue des quatre coins du pays, une foule clairsemée a pris possession, dans une ambiance festive et bon enfant, du National Mall, la longue promenade verte de cinq km qui relie le Lincoln Memorial au Capitole, siège du Congrès. «C’est un jour mémorable», s’exclame Faloni, une grand-mère de Philadelphie (Pennsylvanie), entourée de ses neuf petits-enfants. «Vous comprenez, l’esclavage a brisé les familles noires. L’objectif aujourd’hui est de les rassembler», explique-t-elle. Pique-niquant dans l’herbe ou déambulant dans les allées, tous étaient venus célébrer Dieu, Allah ou Jéhovah, la famille et l’unité des races. Dans son costume blanc de la Nation de l’islam, coiffée du fez, Valerie Muhammad, une institutrice noire de 29 ans, a fait le voyage en autocar de Charleston (Caroline du Sud). «Je suis venue pour cette journée historique, pour être une parmi la multitude, dans ce grand mouvement pour reconstruire la famille», affirme-t-elle. À la mi-journée, l’affluence semblait toutefois largement en retrait des espoirs des organisateurs qui tablaient sur plus d’un million de personnes. La journée avait débuté avec un appel à la prière, musulman et bouddhiste, puis des gospels et des pow-wow, danses traditionnelles des Indiens d’Amérique. Elle devait culminer avec la cérémonie de bénédiction par Louis Farrakhan de 10 000 couples, nouvellement mariés ou souhaitant renouveler leur vœux d’union, dans le plus pur style des mariages de masse pratiqués par Moon. La foule suivait sur quatorze écrans géants de télévision les interventions des orateurs qui se succédaient sur trois scènes différentes pour soit exalter Dieu et la grande famille humaine, soit lancer un appel à «nos frères les juifs», demander la grâce du condamné à mort Mumia Abu-Jamal, ou encore pour saluer la mémoire de Martin Luther King ou de Rosa Parks, la pionnière de la lutte pour les droits civiques. D’autres, au ton plus politique, préféraient dénoncer pêle-mêle la peine de mort ou «l’occupation israélienne de la Palestine». Impeccables en costume, nœud papillon et lunettes noires, les membres des Fruits de l’islam, la branche militaire de la Nation de l’islam, assuraient un service d’ordre discret mais omniprésent. Sirotant un soda, Salaam Ismaël, un musulman sunnite arrivé du New Jersey, dit toute son admiration pour Farrakhan, en dépit de la controverse qu’il suscite. «Il a le pouvoir de rassembler des Blancs, des Asiatiques, des Noirs. On peut ne pas être d’accord avec lui mais on le respecte». Pourtant, seuls quelques rares visages blancs émergaient dans une foule largement noire. «Je voulais participer à cette marche pour démontrer notre unité», confie Hyung Jin, 25 ans, disciple de Moon. «Les noirs viennent me voir pour prendre des photos avec eux». Un immense concert devait clôturer dans la soirée la manifestation.
Des milliers de personnes ont répondu lundi à Washington à l’appel du dirigeant noir controversé de la Nation de l’islam, Louis Farrakhan, en participant à la Marche d’un million de familles, un rassemblement interconfessionnel destiné à célébrer les valeurs familiales. Plusieurs dirigeants religieux avaient appelé à participer à cette marche, coorganisée par l’église de l’Unification, la secte du révérend sud-coréen Sun Myung Moon, dont des évêques catholiques, des pasteurs baptistes, luthériens ou évangélistes, sans oublier des imams sunnites et des prêtres bouddhistes. «Lorsque l’on voit une grande société ou civilisation, comme les États-Unis d’Amérique, où 50 % des mariages finissent en divorce dans les trois premières années, ce sont là des signes d’un déclin de la civilisation», a...