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Actualités - Chronologie

Gore et Bush très prudents sur le sujet brûlant de l’immigration

Les 26 millions d’immigrés aux États-Unis, la plupart d’origine latino-américaine, n’ont qu’un espoir : que le nouveau locataire de la Maison-Blanche s’occupe d’eux, après l’élection de novembre, mais ce sujet brûlant reste à l’écart de la campagne. Le démocrate Al Gore, comme son rival républicain George W. Bush, opte en effet pour un profil bas et des déclarations les plus vagues possibles sur ce dossier «dangereux pour les deux candidats», selon l’expert Sergio Bendixen, de l’institut de sondages spécialisé Hispanic Trends. Alors que seul environ un Américain sur huit (13%) souhaite une ouverture plus grande des portes de l’immigration, selon une enquête réalisée par Gallup en septembre, ce sujet est «dangereux pour Bush, car les républicains sont fondamentalement contre l’immigration», note M. Bendixen. Il est du même coup également «dangereux pour Gore parce que les immigrés sont généralement en faveur des démocrates, et il préfère ne pas trop évoquer ces questions», a expliqué M. Bendixen. Parmi les immigrés, les Cubains et les Mexicains constituent la population la plus «complexe». Les premiers, qui dépassent le million (1,36 million), sont pour la plupart des exilés anticastristes, qui ont encore des parents sur l’île communiste et s’opposent à l’actuelle politique en termes d’immigration cubaine du gouvernement. Traditionnellement, les autorités américaines accordent l’exil aux Cubains qui arrivent à rejoindre la terre ferme, mais les boat-people interpellés au large sont renvoyés à Cuba. C’est la politique des «pieds mouillés ou pieds secs». Or, aucun des deux principaux candidats ne s’est prononcé en faveur d’une remise en question de ce principe, appliqué depuis la signature d’accords entre Washington et La Havane, en 1994 et 1995. Auparavant les États-Unis accueillaient tous les réfugiés cubains. Quant aux Mexicains et à leurs descendants, c’est la communauté «latino» la plus importante en nombre aux États-Unis avec 21 millions de personnes dont trois millions de sans-papiers, ce qui constitue près de deux tiers de l’ensemble de la population d’origine hispano-américaine. Selon des sources officielles mexicaines, près de 400 Mexicains sont morts – noyés, déshydratés ou de froid – en tentant de traverser la longue frontière séparant les deux pays. Mais la récente proposition du président élu mexicain Vicente Fox d’ouverture totale des frontières entre les deux pays a été accueillie fraîchement par les candidats à la Maison-Blanche. «Nous ne pouvons ouvrir les frontières en ces moments et je ne suis pas sûr que nous puissions le faire un jour», avait déclaré George W. Bush. «Je ne suis pas pour l’ouverture totale des portes et pour le fait que quiconque souhaite venir aux États-Unis soit automatiquement admis», a affirmé de son côté Al Gore. La politique de contrôle des frontières n’empêche pourtant pas la présence aux États-Unis de quatre à six millions d’immigrés illégaux, en majorité d’origine latino-américaine. Avant les élections, les immigrés se mobilisent pour la régularisation des sans-papiers et le regroupement familial. Les naturalisés ou résidents légaux ont très souvent des parents en situation illégale ou restés au pays, rappellent les associations de défense des immigrés, très nombreuses à Miami (Floride). George W. Bush est en faveur de l’immigration légale, affirme sa campagne sur son site Internet. Al Gore est en faveur du «regroupement familial» et de certaines dérogations rendant l’immigration plus facile aux Haïtiens et aux citoyens d’Amérique centrale, comme c’est déjà le cas pour les Cubains et les Nicaraguayens. Mais, hormis ces déclarations, les candidats ne risquent rien de nouveau. «Il n’y a aucune proposition hors du commun en matière de politique migratoire dans cette campagne», selon M. Bendixen, et tout indique qu’après l’élection présidentielle rien ne devrait changer.
Les 26 millions d’immigrés aux États-Unis, la plupart d’origine latino-américaine, n’ont qu’un espoir : que le nouveau locataire de la Maison-Blanche s’occupe d’eux, après l’élection de novembre, mais ce sujet brûlant reste à l’écart de la campagne. Le démocrate Al Gore, comme son rival républicain George W. Bush, opte en effet pour un profil bas et des déclarations les plus vagues possibles sur ce dossier «dangereux pour les deux candidats», selon l’expert Sergio Bendixen, de l’institut de sondages spécialisé Hispanic Trends. Alors que seul environ un Américain sur huit (13%) souhaite une ouverture plus grande des portes de l’immigration, selon une enquête réalisée par Gallup en septembre, ce sujet est «dangereux pour Bush, car les républicains sont fondamentalement contre l’immigration»,...