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Actualités - Chronologie

ARRÊT SUR IMAGE – Lorsqu’une photographie se met à raconter Marionnettissimo

 Représentation assurée. Oubliez le décor, il n’est pas de Roger Art, les costumes ne sont pas signés Donald Caldwell. Non plus. Unité de temps, unité de lieu, unité d’action respectées : ça dure depuis des années – plus d’une vingtaine, ça se passe sur quelque dix mille kilomètres carrés, et le jeu consiste en «faites-ci, faites-ça, bêlez comme ci, ne bêlez pas»... Sauf que nous ne sommes pas au théâtre. Mais de plain-pied dans une réalité pisseuse, aujourd’hui ressemble à hier qui ressemble à demain, parfait exemple de déterminisme crétin – qui se souvient, qui se soucie de cet obscur marquis de Laplace, Pierre Simon il s’appelait. Une réalité pisseuse avec quelque trois millions de figurants. Et quelques spectateurs de marque, invités de temps en temps à venir «admirer», venir se laisser surprendre par toutes ces marionnettes. Signe des temps, signe du progrès, on ne les tire plus avec des ficelles, ni à la main, ni avec des machines : aujourd’hui, la télécommande est reine. On les zappe, les marionnettes, à la carte, on les manipule, les mignonnettes, à l’envi. Oui «on», la mode n’est plus aux noms – ni au(x) non(s), d’ailleurs. Il n’empêche, l’important se voit avec les yeux, et photo à l’appui. L’important, ce ne sont pas ces centaines et ces centaines de soldats miniatures qui «marchent» au pas devant un musée pékinois... L’important, ce sont ceux qui regardent, ceux qui commentent, ceux qui analysent, ceux qui gèrent, ceux qui sont censés aider, intervenir, interférer... Ces deux ou trois derniers jours, au Liban, il y a eu de beaux spectateurs – et pas des moindres, un secrétaire général des Nations unies, un haut représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure et la défense commune, un ministre iranien des Affaires étrangères, tous trois en exercice. Ils ont parlé, ils ont écouté, ils ont dû certainement sourire aussi. Les marionnettes, tout le monde aime – du moins ceux qui ont gardé leur âme d’enfant... Sauf que l’essentiel, en l’occurrence, c’est ce que l’on ne voit pas sur la photo. Comment elles avancent, ces centaines de figurines ? Qui tire les ficelles ? Qui manipule toutes ces marionnettes ? Qu’est-ce qui les meut ? Qui décide, qui demande, qui exige ? Ce sont peut-être des piles, cachées à l’intérieur de chacune d’entre elles, ce sont peut-être des ordres, lancés d’ailleurs, lancés de là-haut, lancés de là-bas... Mais dis-nous tout, marionnettiste... La marionnette mène à tout – à condition d’en sortir, oui. De le vouloir. Sauf qu’à ce rythme-là, le (dernier) tour de piste-prélude au libre choix, ce n’est pas pour demain. Gare au réveil des marionnettes, il pourrait faire mal. Vivement ce réveil. Ziyad MAKHOUL
 Représentation assurée. Oubliez le décor, il n’est pas de Roger Art, les costumes ne sont pas signés Donald Caldwell. Non plus. Unité de temps, unité de lieu, unité d’action respectées : ça dure depuis des années – plus d’une vingtaine, ça se passe sur quelque dix mille kilomètres carrés, et le jeu consiste en «faites-ci, faites-ça, bêlez comme ci, ne bêlez pas»... Sauf que nous ne sommes pas au théâtre. Mais de plain-pied dans une réalité pisseuse, aujourd’hui ressemble à hier qui ressemble à demain, parfait exemple de déterminisme crétin – qui se souvient, qui se soucie de cet obscur marquis de Laplace, Pierre Simon il s’appelait. Une réalité pisseuse avec quelque trois millions de figurants. Et quelques spectateurs de marque, invités de temps en temps à venir «admirer», venir se laisser...