L’académicien russe Jaurès Alferov, fort de son prix Nobel de physique, s’est efforcé de convaincre les députés que l’avenir de la Russie était dans le développement de la science et a dénoncé la faiblesse des crédits accordés à ce secteur. «La Russie est forte, non par son pétrole et son gaz mais par ses talents dans le domaine scientifique», a souligné M. Alferov, également député communiste, lors d’un discours à la Douma (Chambre basse du Parlement russe). «La science russe est vivante, il n’est pas l’heure de l’enterrer. Nous sommes optimistes parce que les pessimistes sont déjà partis», a déclaré le scientifique, vêtu d’un costume gris à la soviétique et d’une chemise rayée, dans une allusion à la fuite des cerveaux qui a saigné la recherche russe après la chute de l’URSS. Quelque 30 000 scientifiques ont quitté la Russie depuis 1991, avait regretté en août dernier le président Vladimir Poutine. M. Poutine a félicité le chercheur, saluant «une victoire éclatante de la science russe» avant de le recevoir au Kremlin, jeudi. La récompense de M. Alferov, huitième prix Nobel dans l’histoire de la physique russe et soviétique, fait la «une» de la presse. «Je suis extrêmement heureux qu’un représentant de la science russe, de la physique soviétique ait gagné un prix Nobel. Notre potentiel scientifique a souffert mais a été conservé», a déclaré M. Alferov dont le prénom est un hommage au dirigeant socialiste français Jean Jaurès. La Douma avait interrompu ses travaux mercredi à la mi-journée pour écouter le scientifique qui venait d’arriver de Saint-Pétersbourg où il dirige l’Institut de physique et technique Ioffe. Financement faible «Ce n’est pas tous les jours qu’un prix Nobel entre dans la salle de la Douma», a lancé son président Guennadi Seleznev (communiste) en accueillant le député, vivement applaudi par ses collègues. Les députés lui ont offert des bouquets de fleurs et un grand poignard caucasien. «Le prix Nobel m’aidera dans mon travail à la Douma», s’est félicité M. Alferov qui a dénoncé la faiblesse des financements accordés à la science. «Comment est-ce possible qu’une grande puissance scientifique accorde 1,72 % des recettes budgétaires à la science» alors qu’en 1988 ce chiffre était de 3,8 % ? s’est-il interrogé. «Comment est-il possible que le ministère des Finances, où il n’y a que des bureaucrates, reçoive 1,5 fois plus d’argent que le secteur scientifique?» a-t-il lancé. «Le projet de budget prévoit 1,1 milliard de roubles (39 millions de dollars) pour la construction d’une maison pour les députés, ce qui dépasse de quatre fois le montant de tous les investissements dans la science russe. Cet argent pourrait permettre de construire plusieurs laboratoires de recherches», a-t-il poursuivi. M. Alferov a promis de consacrer une partie de son prix au développement d’un centre de formation scientifique au sein de son institut où il a fait toute sa carrière et qu’il dirige depuis 1987. Le chercheur russe partage son prix avec l’Allemand Herbert Kroemer, qui travaille aux États-Unis, et l’Américain Jack Kilby. Ils ont été récompensés pour des travaux qui ont été à la base du développement fulgurant de l’électronique au cours des quarante dernières années et de son entrée dans la vie de tous les jours.
L’académicien russe Jaurès Alferov, fort de son prix Nobel de physique, s’est efforcé de convaincre les députés que l’avenir de la Russie était dans le développement de la science et a dénoncé la faiblesse des crédits accordés à ce secteur. «La Russie est forte, non par son pétrole et son gaz mais par ses talents dans le domaine scientifique», a souligné M. Alferov, également député communiste, lors d’un discours à la Douma (Chambre basse du Parlement russe). «La science russe est vivante, il n’est pas l’heure de l’enterrer. Nous sommes optimistes parce que les pessimistes sont déjà partis», a déclaré le scientifique, vêtu d’un costume gris à la soviétique et d’une chemise rayée, dans une allusion à la fuite des cerveaux qui a saigné la recherche russe après la chute de l’URSS. Quelque...
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