La demande du dollar continuait à se faire sentir sur le marché des changes de Beyrouth hier, en l’absence de contreparties valables à l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL). Le maintien par cette dernière de sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, a servi à faire clôturer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, d’un côté, pendant qu’il se négociait, d’un autre côté, au haut de cette fourchette d’intervention à 1 514,00 LL ont indiqué les cambistes. Mais compte tenu de la diminution du potentiel d’offre en livre libanaise à des fins de placements en devises, le volume d’affaires de la journée d’hier est resté généralement modéré et en deçà de ces derniers jours, ne dépassant pas au total 13 millions de dollars, entièrement vendus par la BDL à 1 514,00 LL, selon ces mêmes milieux. Dollar, FS et sterling monnaies refuges avec la crise au Moyen-Orient À l’étranger, l’euro était en baisse hier sur les marchés des changes internationaux face au dollar, considéré comme une valeur refuge par les investisseurs après l’escalade de la violence au P-O et l’explosion qui a frappé le navire militaire américain USS Cole au Yémen. L’euro s’est toutefois redressé à plusieurs reprises ensuite au gré des chutes enregistrées aux Bourses américaines. La monnaie unique a profité en effet des baisses de Wall Street et du Nasdaq, les opérateurs en quête des meilleurs retours sur investissements préférant transférer leurs avoirs en dollars dans d’autres devises, d’après des analystes. «L’explosion sur le navire américain au Yémen a renforcé les incertitudes dans la zone du Golfe et a profité au dollar», a indiqué un économiste à la Commerzbank. Selon lui, la hausse brutale des prix du pétrole (qui est remonté jusqu’à 35,30 dollars le baril, au plus haut depuis 1990) n’a en revanche «pas eu d’impact sur le marché des changes». L’avancée du billet vert a été toutefois limitée par la nouvelle dégringolade des marchés boursiers américains. Le marché s’est aussi concentré sur les mauvaises performances des Bourses américaines et sur la chute du titre du grand distributeur américain Home Depot, à un moment où la Banque centrale européenne (BCE) lançait un avertissemment sur une éventuelle intervention de soutien à l’euro. Dans ce contexte, la monnaie unique paraissait hier soutenue dans une fourchette comprise entre 0,86 et 0,8650 dollar, de peur que les Banques centrales du groupe des Sept (pays occidentaux les plus industrialisés) interviennent à nouveau après leur action du 22 septembre dernier. Par ailleurs, le franc suisse et le sterling ont atteint des niveaux records de hausse contre l’euro, les opérateurs privilégiant généralement les placements dans des monnaies aussi stables que le dollar en cas de turbulences sur les marchés boursiers. Compte tenu de toutes ces considérations, le billet vert s’est négocié, à New York, sur un ton mitigé comme suit : – 0,8627 pour un euro contre 0,8685, la veille – 1,4705 pour un sterling contre 1,4630 – 2,2675 DM contre 2,2520 – 7,6035 FF contre 7,5530 – 1,7425 FS contre 1,7430 – 2 244,45 lires contre 2 229,45 – 107,40 yens contre 107,65. Bourse de Beyrouth : léger mieux À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été légèrement soutenue hier par la hausse des actions A de Solidere de 7 3/8 à 7 1/2 dollars, dans un marché toujours stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,17 % à 65,00 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait à 140,91 points, comme la veille. Ce mouvement s’est produit, comme à l’accoutumée, dans des transactions très modérées ne dépassant pas au total 66 893 actions d’une valeur globale de 141 441 dollars. Plongeon de Wall Street sur fond de tensions au Moyen-Orient Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières étaient en net repli hier, dans le sillage de la remontée des prix du pétrole pour cause d’accroissement des tensions au Moyen-Orient et en raison de la déception prévisible des opérateurs des résultats du géant américain de la distribution Home Depot. Ce dernier, qui est l’une des 30 vedettes de l’indice Dow Jones des industrielles, a annoncé que son bénéfice par action au troisième trimestre et sur l’ensemble de l’exercice 2000 serait inférieur aux prévisions. Une autre source d’inquiétude est venue aussi de l’annonce par le Pentagone qu’il avait «toutes les raisons» de penser qu’un acte terroriste serait à l’origine de l’explosion à bord d’un destroyer américain à Aden, au Yémen. Ces nouvelles mises à part, l’actualité du marché restait dominée par la saison des résultats de sociétés, avec une salve de déceptions pour Wall Street. En effet, le secteur de la distribution est demeuré sous pression ainsi que ceux des valeurs financières, industrielles et de communications. C’est dans ce climat fort tendu que l’indice Nasdaq s’acheminait hier vers le seuil des 3 000 points pendant que l’indice Dow Jones des industrielles fluctuait plus franchement vers le seuil des 10 000 points, entre un plus haut à 10 460,40 points et un plus bas à 10 045,71 points, avant d’afficher en préclôture, à 23 h, heure de Beyrouth, 10 097,58 points, en baisse de 316,21 points sur la veille. Irrégularité des Bourses européennes De leur côté, les marchés d’actions européens ont fait preuve d’une grande irrégularité jeudi, mais certaines places ont cependant réussi à enregistrer de modestes gains malgré la nouvelle dégringolade de Wall Street sur fond de tensions israélo-arabes. À la clôture, l’indice paneuropéen Eurotop 300 gagnait 0,5 % à 1 561 points, après un plus haut à 1 580 points, et l’Euro Stoxx 50, limité à la zone euro, prenait 0,1 % à 4 750. L’aggravation des violences en Cisjordanie a provoqué une nouvelle poussée de fièvre sur le marché pétrolier, où le baril de Brent livraison novembre augmentait de 2,11 dollars à 33,90 dollars le baril, et ravivé les craintes d’inflation. «La situation des cours boursiers va empirer avec les prix pétroliers plus élevés et les désaccords politiques qui conduisent à des violences accrues», a commenté Paul Horne, économiste chez Schroder Salomon Smith Barney. Une succession de mauvaises nouvelles annoncées par les grandes sociétés technologiques américaines a touché de plein fouet les marchés boursiers à travers le monde depuis une dizaine de jours, et le Nasdaq a encore accusé hier un recul de 2,2 %, qui a porté à 25 % ses pertes depuis le 1er septembre. Ce sont les technologiques qui ont tiré les marchés européens à la hausse, avec une poussée en avant de 3,81 % dans leur ensemble, suivies par les télécoms et les médias qui ont progressé globalement de 2,23 % et 1,84 %. Les banques ont pris 1,85 % après avoir pâti la veille des inquiétudes liées aux junkbonds. Cette reprise des technologiques a été favorisée par l’annonce mercredi de résultats meilleurs que prévu par Advanced Micro Devices, le principal concurrent d’Intel sur le marché des microprocesseurs. Tokyo : en légère reprise La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 0,2 %, jeudi, après être tombés à son plus bas depuis 19 mois, les investisseurs s’étant mis à racheter les titres technologiques abandonnés au cours des séances précédentes. L’indice de référence Nikkei-225 a pris 37,07 points à 15 550,64, sa première hausse en cinq séances. L’indice élargi Topix a, en revanche, abandonné 5,70 points à 1 454,05. Environ 479 millions de titres ont été échangés contre 500,5 millions mercredi. «Les technologiques, qui avaient subi des ventes dans le sillage de leurs homologues américaines, ont rebondi. Mais le marché ne semble pas encore totalement sorti d’affaire, les volumes restant faibles. Cela pourrait encore prendre un peu de temps», a déclaré Shunsuke Nishino, de Daiwa Securities. «Le marché pourrait trouver son inspiration dans le marché américain, dont on espère qu’il se stabilisera d’ici à la fin de la semaine prochaine, avec les résultats de grandes entreprises américaines qui se profilent», a-t-il ajouté. Le marché s’est repris grâce aux semi-conducteurs, une partie des technologiques et des financières, a estimé de son côté Kazue Mayuzumi, analyste de Nikko Securities. «Le marché est resté fragile dans l’ensemble, bien qu’il ait montré une certaine résistance à de nouveaux reculs», a-t-il ajouté. Les investisseurs commencent à penser que le Nikkei est descendu trop bas «étant donnée la publication récente de bons indicateurs économiques», selon Masakazu Kimura, de Tsubasa Securities. L’indice de confiance des grandes entreprises a atteint son plus haut niveau depuis juin 1997 en septembre, selon le rapport Tankan publié le 3 octobre par la Banque du Japon.
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