Le gouvernement chinois a annoncé hier une annulation de la dette des pays africains les plus pauvres et plaidé pour le développement du commerce avec l’Afrique, un poste qui reste encore très à la traîne dans les statistiques du commerce chinois. Au deuxième jour du Forum de coopération Chine-Afrique, le ministre chinois du Commerce extérieur et de la Coopération économique, Shi Guangsheng, a annoncé que la Chine s’engageait à annuler «dans les deux ans à venir 10 milliards de yuans (1,2 milliard de dollars) de dettes en faveur des pays pauvres très endettés et des pays les moins avancés de l’Afrique». M. Shi, qui s’adressait aux représentants de 44 pays d’Afrique réunis pour la première fois à Pékin, n’a pas précisé combien de pays ni lesquels seraient concernés par cette mesure, pas plus que le montant total de la dette africaine à l’égard de la Chine. Un responsable chinois a indiqué en privé que des négociations bilatérales se poursuivaient avec les différents pays concernés pour fixer le montant de la réduction dont chacun bénéficiera. «C’est extrêmement compliqué», a-t-il observé. La seule certitude est que les huit pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec Taïwan en seront exclus, comme l’ont indiqué à l’avance les responsables chinois. Le geste de Pékin ne représente qu’une fraction des 320 milliards de dollars de la dette africaine. Mais les délégués africains au Forum de Pékin espèrent qu’il encouragera les principaux créanciers du continent noir à faire de même. «C’est un geste très significatif», a déclaré Philip Asiodu, conseiller économique de la présidence du Nigeria. «Nous espérons que l’OCDE et les Clubs de Londres et de Paris pourront supprimer entièrement notre endettement». Le ministre chinois du Commerce extérieur a assuré que Pékin continuerait à accorder son assistance à l’Afrique, mais en insistant plus sur les investissements privés que sur l’aide gouvernementale. Il a notamment annoncé la création de «fonds spéciaux destinés à soutenir et encourager des entreprises chinoises crédibles et performantes à investir en Afrique». «Il est impératif de combiner nos atouts respectifs», a lancé M. Shi, insistant sur la «complémentarité» des deux économies. «L’Afrique est richement dotée en ressources naturelles. Elle dispose d’un marché important et d’un peuple travailleur», a estimé M. Shi, ajoutant que la Chine peut apporter, en échange, «des technologies, une expérience de gestion et des produits de bonne qualité et bon marché». Mais l’Afrique attend plus de la Chine. «Les pays africains ne doivent plus uniquement exporter des matières premières sans valeur ajoutée», a lancé M. Asiodu, regrettant qu’aucune banque africaine ne soit implantée en Chine ni aucune banque chinoise au Nigeria. Pour l’instant, les échanges sino-africains ne représentent que 1,8 % du commerce extérieur chinois, même s’ils ont progressé de 17,2 % l’an dernier pour atteindre 6,5 mds USD, selon les statistiques chinoises. Très déséquilibrés l’an dernier en faveur de la Chine, les échanges se sont rétablis au cours des huit premiers mois de cette année grâce à une hausse de 135 % des exportations africaines. «Les relations commerciales sino-africaines sont parmi les plus anciennes du monde, mais elles ne sont pas fortes», a déploré le ministre sud-africain du Commerce et de l’Industrie, Alec Erwin. «Nos entreprises ne connaissent pas vraiment les marchés chinois ni africains», a-t-il ajouté, évaluant à moins d’une cinquantaine le nombre d’entreprises africaines implantées en Chine, contre près de 500 entreprises chinoises en Afrique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement chinois a annoncé hier une annulation de la dette des pays africains les plus pauvres et plaidé pour le développement du commerce avec l’Afrique, un poste qui reste encore très à la traîne dans les statistiques du commerce chinois. Au deuxième jour du Forum de coopération Chine-Afrique, le ministre chinois du Commerce extérieur et de la Coopération économique, Shi Guangsheng, a annoncé que la Chine s’engageait à annuler «dans les deux ans à venir 10 milliards de yuans (1,2 milliard de dollars) de dettes en faveur des pays pauvres très endettés et des pays les moins avancés de l’Afrique». M. Shi, qui s’adressait aux représentants de 44 pays d’Afrique réunis pour la première fois à Pékin, n’a pas précisé combien de pays ni lesquels seraient concernés par cette mesure, pas plus que le...