L’Union cycliste internationale (UCI) a décidé de faire pratiquer à l’étranger, au laboratoire allemand de Cologne, plutôt qu’en France les analyses des contrôles antidopage des championnats du monde de cyclisme sur route de Plouay. Cette décision, prise lundi par le comité directeur de l’UCI, ponctue un désaccord entre l’UCI et les autorités françaises en matière de procédure dans les contrôles antidopage. Pour une compétition ayant lieu sur le territoire français, les analyses sont pratiquées d’ordinaire au laboratoire national de Châtenay-Malabry, dans la banlieue parisienne. Le ministère de la Jeunesse et des Sports, informé de cette décision, a rappelé que la loi lui donnait la possibilité de diligenter des contrôles inopinés, ce qui pourrait être fait à très court terme à Plouay. L’UCI a pris cette mesure à cause d’un double problème, a expliqué son président Hein Verbruggen. D’une part, la différence concernant la liste française des produits interdits et la liste internationale, du Comité international olympique (CIO), de l’UCI ou du Conseil de l’Europe. D’autre part, la procédure qui pourrait amener un licencié d’une fédération étrangère à comparaître deux fois devant les instances disciplinaires, en France et dans son propre pays. Problèmes de compatibilité Daniel Baal, président de la Fédération française (FFC) très impliqué dans la lutte antidopage, a estimé que «dans ce contexte, il n’y avait pas d’autre solution». «Je suis meurtri en tant que Français mais je comprends parfaitement les motivations de l’UCI dans le sens où l’on se trouvait dans une situation complètement ingérable», a ajouté Daniel Baal. Une réunion de concertation avait eu lieu vendredi dernier à Paris entre l’UCI, la FFC, des représentants du ministère de la Jeunesse et des Sports et le Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD), au sujet de l’application du règlement antidopage et des problèmes de procédure. Le ministère français a reconnu mardi, dans un communiqué, que «les règlements de l’UCI posaient, par rapport à la loi française, quelques problèmes de compatibilité». Il a regretté ce qui lui «semble constituer une remise en cause de cette recherche de consensus» pour trouver des solutions. «Ce n’est pas une révolution», a déclaré à l’AFP Hein Verbruggen. «Quand une course a lieu aux Pays-Bas, les analyses sont faites en Belgique. L’an dernier, les analyses des championnats du monde qui avaient lieu en Italie ont été pratiquées en Suisse». « Un mal terrible » Le président néerlandais de l’UCI a souligné qu’il ne pouvait exposer un coureur au risque d’être déclaré positif par le CPLD, uniquement pour un problème spécifique à la France. Hein Verbruggen a annoncé d’autre part qu’il avait proposé à l’Agence mondiale antidopage (AMA) de lui remettre tous les résultats des contrôles pratiqués par l’UCI. «Nous voulons la transparence, a-t-il insisté. L’Agence mondiale sera informée de tous les cas». Pour sa part, Daniel Baal a fait part d’un fort «sentiment antifrançais» dans le monde cycliste. Notamment après l’annonce spectaculaire par le CPLD d’un nombre élevé de coureurs du Tour de France ayant utilisé des produits «autorisés sous restriction» par le règlement international dans un but thérapeutique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Union cycliste internationale (UCI) a décidé de faire pratiquer à l’étranger, au laboratoire allemand de Cologne, plutôt qu’en France les analyses des contrôles antidopage des championnats du monde de cyclisme sur route de Plouay. Cette décision, prise lundi par le comité directeur de l’UCI, ponctue un désaccord entre l’UCI et les autorités françaises en matière de procédure dans les contrôles antidopage. Pour une compétition ayant lieu sur le territoire français, les analyses sont pratiquées d’ordinaire au laboratoire national de Châtenay-Malabry, dans la banlieue parisienne. Le ministère de la Jeunesse et des Sports, informé de cette décision, a rappelé que la loi lui donnait la possibilité de diligenter des contrôles inopinés, ce qui pourrait être fait à très court terme à Plouay. L’UCI a...