WASHINGTON-Irène MOSALLI Les chef-d’œuvres de Léonard de Vinci, de Raphaël et de Michel-Ange sont le label de la Renaissance italienne. En Hollande, Le XVIIIe siècle baroque se reconnaît dans les spectaculaires peintures de Rembrandt et de Frans Hals. Ce que l’on sait moins, c’est que les grands maîtres de l’époque de l’âge d’or pictural ne travaillaient pas toujours en grand. Et pour cause, des commanditaires, les princes italiens et en particulier les riches commerçants hollandais, demandaient des peintures de petites dimensions pour leurs maisons qu’ils avaient dotées de mini-galeries d’art. Ils étaient aussi acquéreurs de livres enluminés, de figurines en bronze et autres objets précieux. Ces cimaises à domicile ont accueilli de nombreuses créations qui font actuellement l’objet d’une exposition qui se tient à la National Gallery of Art à Washington et qui témoigne principalement des débuts de l’art du portrait. Car, chez soi, on avait recours à l’esthétique pour honorer ses saints, pour immortaliser son image et pour décorer son intérieur. Il s’agit d’œuvres d’une grande variété de par leur inspiration et leur support. Les portraits de dévotion Au Moyen Âge, toute l’attention était portée vers Dieu, l’église et l’autel et non vers la vie d’ici-bas. Ce n’est que vers la moitié du XIVe siècle que l’on s’intéresse au portrait humain, à la manière des Romains pour lesquels il était objet de glorification. Tout d’abord, l’approche du portrait n’a pas été purement individuelle. On aimait à se faire représenter dans le cadre d’une attitude de prière, devant une scène religieuse, pour affirmer sa foi. Ces tableaux étaient généralement placés sur des petits autels dressés dans les maisons et destinés à la prière et à la méditation. Ils avaient tous une même caractéristique : ils exprimaient des émotions humaines, alors qu’il n’était pas de bon ton, en ces temps-là, de laisser exprimer ses sentiments. Les portraits personnels Ce genre a été cultivé en premier à la cour d’Angleterre par le roi Henry VIII, vers 1520. C’était là des portraits miniatures qui donnaient souvent à voir le mari et la femme et que l’on pouvait porter sur soi, comme on le ferait d’une photographie. Les Français les décoraient avec de l’émail, les Anglais s’ingéniaient à trouver des couleurs identiques à celle de la peau et mettaient l’accent sur les dentelles et les bijoux, les Hollandais jouaient sur la fluidité de la peinture à l’huile pour créer des effets de transparence. Les portraits politiques La gent politique avait opté pour les monnaies. Suivant l’exemple des empereurs romains, les grands de ce monde faisaient frapper des pièces à leur effigie, histoire d’afficher leur pouvoir. Une autre manière de confirmer leur puissance : offrir ces monnaies à leurs partisans et aux autres monarques. C’est ce que faisait par exemple l’empereur Charles V qui, en 1521, s’était fait représenter arborant les insignes de l’Ordre de la Toison d’Or. Les « studioli » des princes italiens L’exposition donne également à voir trois reconstitutions de studios de princes italiens de la Renaissance, c’est-à-dire de petites galeries où étaient notamment assemblées des médailles, des monnaies, de la vaisselle en cristal de roche, des horloges en or et en argent, des sculptures en bronze et des assiettes peintes. L’un de ces cabinets abrite une œuvre étonnante : neuf peintures formant une fresque à petite échelle, signée Bernardino Luini et produite entre 1520 et 1522. Au total, un style européen disant, qu’en matière d’esthétique, l’infiniment petit peut égaler l’infiniment grand et que la valeur n’attend pas le nombre de centimètres.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats WASHINGTON-Irène MOSALLI Les chef-d’œuvres de Léonard de Vinci, de Raphaël et de Michel-Ange sont le label de la Renaissance italienne. En Hollande, Le XVIIIe siècle baroque se reconnaît dans les spectaculaires peintures de Rembrandt et de Frans Hals. Ce que l’on sait moins, c’est que les grands maîtres de l’époque de l’âge d’or pictural ne travaillaient pas toujours en grand. Et pour cause, des commanditaires, les princes italiens et en particulier les riches commerçants hollandais, demandaient des peintures de petites dimensions pour leurs maisons qu’ils avaient dotées de mini-galeries d’art. Ils étaient aussi acquéreurs de livres enluminés, de figurines en bronze et autres objets précieux. Ces cimaises à domicile ont accueilli de nombreuses créations qui font actuellement l’objet d’une...