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Actualités - Chronologie

Internet Le cyberblanchiment sous la loupe des gendarmes européens

Voilà deux ans que la gendarmerie s’acharne à remonter le circuit de blanchiment emprunté par un «cybercasino» du sud de la France : ce cas d’école résume la difficulté du puzzle des transactions sur Internet, thème d’un séminaire européen ouvert mercredi à Strasbourg. Il réunit jusqu’à vendredi au Centre des études européennes de Strasbourg (CEES) 35 têtes pensantes de la gendarmerie, collègues policiers ou représentants de la justice de treize pays de l’Union européenne. L’atmosphère studieuse est à la mesure du problème soulevé par l’instantanéité des transferts d’argent sur la toile. Pour confondre les propriétaires de ce tapis vert virtuel, l’arme principale de la gendarmerie est la patience, indispensable pour éplucher des montagnes de relevés bancaires et attendre le résultat, hypothétique ou tardif, des commissions rogatoires internationales, alors qu’il lui faudrait savoir parler «spoofing» ou «sniffing» (ndlr : des verbes anglais mystifier et renifler). Ces logiciels permettent à un enquêteur d’usurper l’identité d’un ordinateur pour infiltrer un réseau ou de mettre sur écoute un PC suspect, explique le lieutenant-colonel Umberto Rapetto, membre de la cellule anticrime technologique de la Guardia di Finanza à Rome. Il a fait profiter les participants de ses connaissances en stéganographie, technique de cryptage capable de cacher un message dans des éléments sonores ou les pixels d’une image. L’archivage impossible «En France, on a très peu de gens capables de mener à bien ce type d’enquête», constate le commandant Bruno Manin, qui organise ce séminaire, le premier du genre spécifiquement axé sur le cyberblanchiment. La rencontre met le doigt sur trois plaies : la formation des gendarmes, l’effacement ultrarapide des transactions électroniques, les identités se cachant derrière un numéro de carte bancaire. S’il y a «urgence à former des spécialistes et à accélérer les procédures d’enquête internationale», comme le relève le lieutenant Alain Bolle, il faut aussi penser à former le gros de la troupe. Les Quinze disposent de cellules spécialisées «qui n’ont plus rien à apprendre, mais il y a un grand vide dans les unités d’enquêtes normales», souligne Camille de Stempel, directrice Europe de la sécurité pour le fournisseur d’accès AOL. Elle est venue de Londres présenter les règles et délais d’effacement des données, souvent trop rapides pour permettre aux enquêteurs d’intercepter un message ou d’en établir la chronologie. Cet obstacle n’est pas près d’être levé. Les fournisseurs d’accès sont pris entre les exigences contradictoires de préserver la vie privée de leurs abonnés moyens et de ne pas offrir des boulevards aux criminels mais, selon Mme de Stempel, archiver dans la durée les milliards de pages, de courriers et de forums de discussion brassés quotidiennement sur le web, est impossible.
Voilà deux ans que la gendarmerie s’acharne à remonter le circuit de blanchiment emprunté par un «cybercasino» du sud de la France : ce cas d’école résume la difficulté du puzzle des transactions sur Internet, thème d’un séminaire européen ouvert mercredi à Strasbourg. Il réunit jusqu’à vendredi au Centre des études européennes de Strasbourg (CEES) 35 têtes pensantes de la gendarmerie, collègues policiers ou représentants de la justice de treize pays de l’Union européenne. L’atmosphère studieuse est à la mesure du problème soulevé par l’instantanéité des transferts d’argent sur la toile. Pour confondre les propriétaires de ce tapis vert virtuel, l’arme principale de la gendarmerie est la patience, indispensable pour éplucher des montagnes de relevés bancaires et attendre le résultat,...