Haïti Sept attentats à deux jours de la présidentielle
le 24 novembre 2000 à 00h00
Un climat de peur régnait hier à Port-au-Prince après sept attentats à l’explosif qui ont fait 1 mort et 14 blessés, dont un très grave, à deux jours de l’élection présidentielle de dimanche. Les attentats, non revendiqués, interviennent alors que les rapports entre l’opposition et le mouvement Lavalas au pouvoir sont particulièrement tendus. Le scénario a été pratiquement le même pour toutes les explosions – deux au centre-ville, deux à l’aéroport international et trois dans la banlieue résidentielle de Pétion-Ville – provoquées par des inconnus qui ont abandonné des sacs ou des paquets sur les lieux des attentats peu avant les déflagrations. Un jeune homme de 14 ans a ainsi été tué et presque décapité par un engin explosif contenu dans un tube de gros carton à extrémités métalliques qui s’est déclenché au centre-ville. Une autre personne, qu’on avait d’abord cru morte, a eu une jambe sectionnée, à proximité immédiate de l’aéroport international de Port-au-Prince, ce qui a entraîné un mouvement de panique dans le bâtiment. Peu après l’attentat mortel du centre-ville, des jeunes riverains et des membres d’organisations populaires proches du parti Famille Lavalas de l’ancien président Jean Bertrand Aristide (1991-1996) ont pris les rues. Ils ont accusé l’opposition d’être responsable de ces violences et demandé à la police d’arrêter ses responsables avant qu’ils ne passent eux mêmes «à l’action». Ces organisations accusent l’opposition de vouloir empêcher la participation populaire lors du scrutin de dimanche. L’opposition, rassemblée au sein de la Convergence démocratique, rejette pour sa part la responsabilité des violences sur le pouvoir Lavalas. De son côté, le Conseil électoral provisoire (CEP) a indiqué qu’il maintenait la date de dimanche pour l’élection présidentielle qui doit désigner un successeur au président René Préval, dont le mandat de cinq ans prend fin 7 février 2001. Négociations Mercredi soir, les associations patronales haïtiennes, la conférence épiscopale et la fédération protestante d’Haïti ont appelé les partis politiques et le pouvoir exécutif à revenir à la table des négociations pour résoudre la crise politique. Dans un communiqué, les signataires estiment qu’organiser des élections présidentielle et sénatoriale dans le climat actuel «aggravera les divisions internes et mènera (le pays) droit à l’isolement». Le Premier ministre haïtien, Jacques Edouard Alexis, a appelé pour sa part la population à s’organiser en brigades de vigilance pour contrer l’insécurité au côté de la police nationale, selon une source parlementaire. M. Aristide fait figure de favori pour le scrutin présidentiel, boycotté par l’opposition et boudé par la communauté internationale, le CEP et le gouvernement n’ayant pas voulu revenir sur les résultats contestés des élections sénatoriales du 21 mai largement gagnées par la formation Lavalas. Trois tentatives de l’Organisation des États américains (OEA) pour tenter de trouver un compromis entre la Famille Lavalas et l’opposition se sont révélées infructueuses et la communauté internationale a menacé de réduire son aide à Haïti ou de n’aider que les Organisations non gouvernementales.
Un climat de peur régnait hier à Port-au-Prince après sept attentats à l’explosif qui ont fait 1 mort et 14 blessés, dont un très grave, à deux jours de l’élection présidentielle de dimanche. Les attentats, non revendiqués, interviennent alors que les rapports entre l’opposition et le mouvement Lavalas au pouvoir sont particulièrement tendus. Le scénario a été pratiquement le même pour toutes les explosions – deux au centre-ville, deux à l’aéroport international et trois dans la banlieue résidentielle de Pétion-Ville – provoquées par des inconnus qui ont abandonné des sacs ou des paquets sur les lieux des attentats peu avant les déflagrations. Un jeune homme de 14 ans a ainsi été tué et presque décapité par un engin explosif contenu dans un tube de gros carton à extrémités métalliques qui...
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