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Actualités - Chronologie

CANADA Le meilleur pays sur terre, mais pas pour tout le monde

Des petits Amérindiens de 6 ans qui inhalent de l’essence, des gens qui meurent dans les couloirs des urgences, faute de soins, une pauvreté infantile qui grimpe : le Canada, numéro un mondial pour la qualité de la vie, est aussi un pays aux vastes zones d’ombre. Depuis sept ans, le Canada est en tête de liste de l’indicateur mondial du développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Cet indicateur prend en compte les progrès accomplis par les différents États sur le plan du développement en ce qui concerne notamment l’espérance de vie à la naissance, le taux d’alphabétisation des adultes, le taux de scolarisation et le PIB par habitant. Le Canada, «c’est le meilleur pays au monde», aime à dire Jean Chrétien, Premier ministre de cet immense pays de 10 millions de km2, le plus grand au monde après la Russie, peuplé de 30,3 millions d’habitants. Il souligne aussi que si ce classement constitue un «hommage», c’est aussi une incitation à faire mieux. Et il y a de quoi. La semaine dernière, la télévision montrait des images de petits Amérindiens du Labrador qui se réunissent pour inhaler de l’essence enfermée dans des sacs en plastique. Karl, 11 ans, racontait que c’était mieux que de rester à la maison, où il partageait son lit avec six personnes, et qu’il n’avait pas vu ses parents depuis des semaines. Depuis, des travailleurs sociaux essaient d’envoyer ces jeunes de 6 à 16 ans, au nombre de 39, en cure de désintoxication. Problème : trouver un endroit assez grand pour les accueillir tous. «Le Canada est un des pays les plus riches au monde, et il n’y a pas d’endroit où des enfants autochtones peuvent trouver de l’aide», se lamente leur chef Paul Rich. Cette semaine, un rapport soulignait qu’en neuf ans le nombre d’enfants vivant sous le seuil de la pauvreté – un sur cinq – s’était accru de 43 %. Dans la province la plus riche et la plus peuplée du pays, l’Ontario, qui a drastiquement coupé depuis quelques années dans ses programmes sociaux, la hausse a été de 91 %. Tous âges confondus, un Canadien sur quatre a été pauvre pendant au moins un an entre 1993 et 1998. Dans le domaine de la santé, la situation est souvent critique. En janvier, un Torontois de 18 ans, souffrant d’asthme, est mort parce que les ambulanciers ne trouvaient pas d’hôpital qui puisse l’accueillir. À Calgary comme ailleurs dans le pays, il y a en moyenne une vingtaine de personnes qui attendent toute la nuit dans les services d’urgence qu’un médecin prenne soin d’eux. Dans l’ensemble du Canada, il faut souvent attendre des mois avant de voir un spécialiste. La liste des points noirs est longue : l’accès restreint aux indemnités de chômage – 60 % des Canadiens qui cotisent ne reçoivent rien –, le manque d’aide pour les handicapés, le nombre particulièrement élevé de suicides chez les jeunes garçons, la croissance des inégalités – les plus riches gagnant 14 fois plus que les pauvres... Patrie des grands espaces, le Canada ne parvient pas d’autre part à maîtriser le problème des gaz à effet de serre et le Grand-Nord canadien subit de plein fouet le réchauffement de la planète.
Des petits Amérindiens de 6 ans qui inhalent de l’essence, des gens qui meurent dans les couloirs des urgences, faute de soins, une pauvreté infantile qui grimpe : le Canada, numéro un mondial pour la qualité de la vie, est aussi un pays aux vastes zones d’ombre. Depuis sept ans, le Canada est en tête de liste de l’indicateur mondial du développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Cet indicateur prend en compte les progrès accomplis par les différents États sur le plan du développement en ce qui concerne notamment l’espérance de vie à la naissance, le taux d’alphabétisation des adultes, le taux de scolarisation et le PIB par habitant. Le Canada, «c’est le meilleur pays au monde», aime à dire Jean Chrétien, Premier ministre de cet immense pays de 10 millions de km2, le...