Plus ça change, plus c’est la même chose. Les grands noms de la «haute» réchauffent leurs plats pour le prochain printemps. Les collections noyées dans des effets cybernétiques, des mises en scène «guerre des étoiles», ne font preuve que d’un art d’accommoder les restes. En matière d’innovation, l’anarchie, souvent caricaturale, sert d’alibi... Jean-Paul Gaultier, en chef de file, propose un été de bric à brac. Le vent «chifonnier» lancé à New York par Ralph Lauren et Donna Karan a gagné, on dirait, la ville-lumière. Pour accompagner des bottes d’éboueur, un demi-blouson à manche unique sur une robe transparente à jupe plissée. La mode est, semble-t-il, à la désacralisation des reliques... Quand on pense au prix de ces élucubrations miséreuses on se demande, à juste titre, où finit l’imposture. Le pantalon à jambe unique, même s’il est en cuir, glissé sous un jupon, accompagné d’un bustier scintillant, vaut-il le titre de vêtement et les zéros que comporte son prix? Où réside la trouvaille, qui mériterait le nom de «création», et le prix affiché? Il semblerait que cet amalgame de souvenirs mal conservés s’adresse à une clientèle jeune, promise à faire bouger le monde. Porteuse de semblables oripeaux réussira-t-elle ce difficile exploit? D’auprès les analystes, sous ce dramatique désordre un message: «À bas l’esclavage vestimentaire. Carte blanche à la liberté...» Le vent venu d’Amérique se transforme en ouragan (très onéreux) transplanté sur le vieux continent et ceux qui suivent ses tendances. Les initiés, en se pâmant, expliquent que c’est là une manière d’honorer l’héritage du passé. En mélangeant à des folies actuelles des trouvailles d’antan portant sa griffe, Gaultier ranime les cendres pour faire jaillir des flammes... Ne serait-il pas temps d’appeler les pompiers ou la Défense civile? Mais Gaultier n’est pas le seul à proposer un pot-pourri passéiste dédié à son génie. Chez Channel aussi, pour ce premier été d’un nouveau siècle, on mobilise le reliquaire: camélia, perles en sautoir, chaînes en ceinture. On y ajoute des sacs antivol, des laisses d’acier où on lit Chanel en toutes lettres. Serait-ce pour avertir qu’on hérite d’un nom et non pas du génie? Le short à la place de la jupe, les tailleurs de tweed coloré mêlés aux robes volantées rétro et à l’organdi blanc au charme passéiste n’arrivent pas, malgré leur effort louable, à assurer le charme à la continuité... Du moins un certain charme qui a fait l’auréole de la maison...
Plus ça change, plus c’est la même chose. Les grands noms de la «haute» réchauffent leurs plats pour le prochain printemps. Les collections noyées dans des effets cybernétiques, des mises en scène «guerre des étoiles», ne font preuve que d’un art d’accommoder les restes. En matière d’innovation, l’anarchie, souvent caricaturale, sert d’alibi... Jean-Paul Gaultier, en chef de file, propose un été de bric à brac. Le vent «chifonnier» lancé à New York par Ralph Lauren et Donna Karan a gagné, on dirait, la ville-lumière. Pour accompagner des bottes d’éboueur, un demi-blouson à manche unique sur une robe transparente à jupe plissée. La mode est, semble-t-il, à la désacralisation des reliques... Quand on pense au prix de ces élucubrations miséreuses on se demande, à juste titre, où finit...
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