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Actualités - Chronologie

La coopération franco-britannique, moteur de l’Union militaire

La coopération entre Londres et Paris a été depuis deux ans le moteur de la relance d’une défense européenne, stoppée net en 1954 par le refus français de ratifier la Communauté européenne de défense (CED). Au sommet franco-britannique de Saint-Malo (ouest de la France), en décembre 1998, le ralliement inattendu du Royaume-Uni à un rôle autonome de l’Europe en matière de défense – auquel il était traditionnellement opposé – a donné le signal d’une nouvelle mobilisation. En prenant cette décision, le Premier ministre britannique Tony Blair a clairement manifesté sa volonté d’un engagement constructif de son pays en Europe, alors que la Grande-Bretagne ne participe pas à la monnaie unique. De son côté, la France, qui avait quitté en 1966 la structure militaire intégrée de l’Otan où les États-Unis jouent un rôle prépondérant, militait depuis de nombreuses années pour une défense européenne autonome. Or, les deux pays sont aussi les principales puissances militaires européennes. En termes d’effort budgétaire, Paris et Londres sont en tête avec des dépenses militaires représentant pour la France 2,8 % de son Produit intérieur brut (PIB) et 2,4 % pour la Grande-Bretagne. Leur alliance de fin 1998 a donc relancé une idée qui avait été enterrée pour de nombreuses années après le rejet en 1954 par le Parlement français de la CED. «Pour les Britanniques et les Français, la défense européenne représente un véritable enjeu politique», estime aujourd’hui un diplomate en poste à Bruxelles. Confortée en mai 1999 par le sommet franco-allemand de Toulouse (sud-ouest de la France), l’initiative de Saint-Malo a été ensuite confirmée, en juin de la même année, au sommet européen de Cologne, où les Quinze ont décidé se doter d’«une capacité autonome d’action, soutenue par des forces militaires crédibles». La guerre du Kosovo de mars à juin 1999 a également contribué à accélérer ce processus, en révélant les carences militaires des Européens et leur complète dépendance militaire à l’égard des États-Unis. Ce constat a provoqué un véritable électrochoc chez la plupart des dirigeants de l’Union, qui veulent désormais une Europe capable de gérer seule des crises, sans nécessairement l’aide de Washington.
La coopération entre Londres et Paris a été depuis deux ans le moteur de la relance d’une défense européenne, stoppée net en 1954 par le refus français de ratifier la Communauté européenne de défense (CED). Au sommet franco-britannique de Saint-Malo (ouest de la France), en décembre 1998, le ralliement inattendu du Royaume-Uni à un rôle autonome de l’Europe en matière de défense – auquel il était traditionnellement opposé – a donné le signal d’une nouvelle mobilisation. En prenant cette décision, le Premier ministre britannique Tony Blair a clairement manifesté sa volonté d’un engagement constructif de son pays en Europe, alors que la Grande-Bretagne ne participe pas à la monnaie unique. De son côté, la France, qui avait quitté en 1966 la structure militaire intégrée de l’Otan où les États-Unis...