Algérie Amnesty International quitte Alger « déçue » par sa visite
le 20 novembre 2000 à 00h00
Une délégation de l’organisation non gouvernementale des droits de l’homme Amnesty International (AI) a quitté hier Alger «déçue» par sa visite d’une quinzaine de jours dans ce pays. Le Canadien Roger Clark, qui dirige cette délégation de trois membres, a exprimé la veille de son départ, la «déception» de la délégation de n’avoir pu réaliser le programme qu’elle s’était tracé. Il s’est dit «déçu» de n’avoir pas rencontré, comme il le souhaitait, de hauts responsables de l’État algérien, notamment des ministres, des officiers supérieurs de l’armée, et a regretté «l’absence d’informations spécifiques sur les cas soulevés d’atteinte aux droits de l’homme commis par les agents de l’État et les milices armées». «Les autorités algériennes ne sont pas prêtes à nous rencontrer et à répondre aux questions qui nous préoccupent», a-t-il affirmé, estimant qu’«il est important que l’État dépasse le stade de la rhétorique» sur la question des droits de l’homme. M. Clark a enfin promis qu’AI reviendrait en Algérie et y ferait «autant de visites qu’il le faut pour arriver à la réalité». Cette deuxième visite d’AI en Algérie et ses vives critiques à l’égard des autorités algériennes ont ravivé la vieille polémique entre Alger et les ONG des droits de l’homme. Dans un communiqué diffusé début novembre, à la veille de sa visite à Alger, AI avait accusé les autorités algériennes de «n’avoir rien fait pour mener des enquêtes indépendantes impartiales sur les homicides et autres atteintes aux droits de l’homme». Elle s’était également déclarée «opposée aux lois d’amnistie et autres mécanismes qui empêchent que la vérité soit révélée» et avait demandé que «les responsables d’atteintes aux droits de l’homme aient à rendre compte de leurs actes». AI faisait référence à la loi sur la concorde civile promulguée en juillet 1999 et qui a permis d’amnistier des milliers d’islamistes armés repentis. Cette loi, prévoyant une amnistie totale ou partielle des islamistes armés non coupables de crimes de sang et de viols, avait permis à des «commissions de probation» installées à la hâte de prononcer de nombreuses relaxes. Les autorités, qui reprochent aux ONG de mettre sur le même pied d’égalité les «terroristes» et les services de sécurité, ont vivement réagi aux propos d’AI. L’Observatoire national des droits de l’homme (ONDH-officiel) a dénoncé à cette occasion des «manœuvres» d’ONG des droits de l’homme contre l’Algérie, estimant qu’elles «cherchent à porter atteinte à la crédibilité des institutions de l’État» et à «jeter la suspicion» sur les forces de sécurité.
Une délégation de l’organisation non gouvernementale des droits de l’homme Amnesty International (AI) a quitté hier Alger «déçue» par sa visite d’une quinzaine de jours dans ce pays. Le Canadien Roger Clark, qui dirige cette délégation de trois membres, a exprimé la veille de son départ, la «déception» de la délégation de n’avoir pu réaliser le programme qu’elle s’était tracé. Il s’est dit «déçu» de n’avoir pas rencontré, comme il le souhaitait, de hauts responsables de l’État algérien, notamment des ministres, des officiers supérieurs de l’armée, et a regretté «l’absence d’informations spécifiques sur les cas soulevés d’atteinte aux droits de l’homme commis par les agents de l’État et les milices armées». «Les autorités algériennes ne sont pas prêtes à nous rencontrer...
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