Le dollar a achevé la semaine hier, à Beyrouth, comme il l’avait entamée, dans un marché très calme et sans relief sur lequel l’offre et la demande se sont nettement contractées en l’absence de motivations pour les placements en actifs libanais. Il est resté toutefois très légèrement suracheté et parfois sans contreparties valables à la vente en dehors de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue à le faire fixer quotidiennement au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999. Mais compte tenu de la propension du marché à la demande du billet vert à des fins commerciales plutôt qu’à l’offre en cette monnaie pour les besoins de placement en bons du Trésor libanais, les établissements de crédit n’avaient le plus souvent le choix de l’acheter qu’au haut de la fourchette d’intervention de la BDL, et le plus souvent en dehors d’elle. Il est demeuré ainsi, comme la semaine dernière, invariablement négocié tous les jours de lundi à vendredi, dans une marge très étroite comprise entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Pourtant, ce mouvement ne devait pas prendre beaucoup de dimensions en raison de la réticence de l’offre et de la demande cette semaine. Les opérations de change se sont donc limitées à quelques achats commerciaux en devises qui trouvaient le plus souvent une contrepartie à l’offre à des fins de placements à court terme de certains capitaux résidents en livre libanaise sous le rapport de la rentabilité, selon ces mêmes milieux. Et d’ajouter qu’en conséquence, le volume d’affaires sur toute la semaine n’aurait pas dépassé au total quelque 35 millions de dollars, dont une bonne partie a été placée par les banques de la place à l’achat et à la vente à 1 514,00 LL, et le reste vendu par la BDL à ce prix, afin de rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande et préserver la stabilité monétaire sur le marché. Nouvel accès de faiblesse de l’euro cette semaine À l’étranger, l’euro est resté coincé dans une marge comprise entre 0,86 et 0,85 dollar cette semaine sur les marchés des changes internationaux, affaibli par le climat d’incertitude qui pèse sur les élections présidentielles aux États-Unis, mais limitant sa chute grâce à des craintes de nouvelles interventions de la Banque centrale européenne (BCE). En fin de semaine, l’euro a même décroché sous le seuil de 0,85 dollar, à l’annonce de l’exclusion des décomptes manuels des voix en Floride, décision favorable au candidat républicain George W. Bush. Le repli de l’euro a démarré mercredi, sous les attaques du billet vert, requinqué par des spéculations concernant une victoire de George W. Bush à la présidentielle américaine. Le marché estime qu’une victoire de Bush sera favorable au dollar et pèsera en revanche sur l’euro, car le programme du candidat républicain contient davantage de réductions d’impôts que celui du candidat démocrate, ce qui pourrait entraîner un relèvement des taux d’intérêt américains dans le futur et serait favorable au billet vert. En outre, M. Bush serait moins enclin que son opposant à participer à une intervention concertée de la Réserve fédérale américaine (Fed) avec la BCE pour défendre l’euro, avance-t-on sur le marché. «Il faut toutefois rester prudent», a prévenu un analyste d’une grande banque, «car Bush, s’il gagne, aura une majorité très réduite au Congrès» et donc une marge de manœuvre réduite pour faire appliquer son programme. Par ailleurs, le marché n’a pas beaucoup réagi dans la semaine à la décision attendue de la BCE de maintenir son principal taux d’intérêt, le Refi, à 4,75 %, à l’issue de la réunion de son conseil des gouverneurs. À cet égard, la plupart des analystes pensent désormais qu’il n’y aura plus de resserrement monétaire cette année. Deux autres réunions du conseil des gouverneurs sont encore prévues, le 30 novembre et le 14 décembre. Les opérateurs reconnaissent toutefois que le gendarme monétaire européen a réussi à placer un plancher pour l’euro autour du seuil de 0,8550 dollar grâce aux quatre salves tirées en solo depuis le 3 novembre. Cette crainte «rend prudents les spéculateurs à la baisse», ont aussi observé les analystes de Goldman Sachs dans une étude hebdomadaire. Le dollar est resté quant à lui serein face à la série de données économiques publiées aux États-Unis qui ont conforté les spéculations des analystes sur un atterrissage en douceur de la première économie mondiale. Selon les dernières projections du groupement des économistes d’entreprises aux États-Unis (NABE), la croissance économique outre-Atlantique devrait atteindre 5,2 % en 2000 et ralentir à 3,4 % en 2001. Ces chiffres ne font ressortir qu’une révision en légère hausse de la projection pour 2001. De son côté, la livre sterling s’est repliée face au dollar. Le dernier rapport trimestriel sur l’inflation de la Banque d’Angleterre a prévu une hausse des prix légèrement inférieure à son objectif de 2,5 % pour 2001, ce qui éloigne les perspectives de remontée des taux britanniques d’ici à la fin de l’année. A l’inverse, certains opérateurs tablent même sur une diminution des taux d’intérêt britanniques. Il en est de même du yen qui a souffert cette semaine des incertitudes politiques au Japon à la veille de la réunion du Parlement japonais la semaine prochaine pour se prononcer sur une motion de défiance de l’opposition contre la Premier ministre Yoshiro Mori. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar est parvenu à achever la semaine hier, à New York, sur un ton soutenu, comme suit : – 0,8475 pour un euro contre 0,8595, à la fin de la semaine dernière – 1,4230 pour un sterling contre 1,4295 – 2,3075 DM contre 2,2760 – 7,7400 FF contre 7,6335 – 1,8010 FS contre 1,7725 – 2 284,70 lires contre 2 253,30 – 108,90 yens contre 107,95. Une semaine boursière toujours placée sous le signe de l’élection présidentielle américaine Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières, qui vivent depuis un dizaine de jours dans l’incertitude sur l’issue de la course à la Maison-Blanche, ont brièvement salué hier une victoire d’étape des républicains avant de retomber dans le rouge. Les inquiétudes sur les futurs profits des entreprises américaines, alors que l’économie montre de nets signes de ralentissement, ont joué cette semaine un rôle aussi important que les résultats de l’élection présidentielle dans les soubresauts de la Bourse. Hier, un juge de Floride a infligé un revers aux démocrates en estimant que la secrétaire d’État de Floride (ministre de l’Intérieur), Katherine Harris, avait exercé à bon droit son pouvoir discrétionnaire de ne pas prendre en considération les nouveaux résultats issus des décomptes munuels des votes. L’annonce de ce jugement n’a pas tardé à tirer la cote américaine vers le haut dans la mesure où le candidat qui remportera la Floride remportera l’élection présidentielle. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles de Wall Street gagnait une centaine de points ainsi que l’indice Nasdaq , thermomètre de la nouvelle économie. Mais le soufflé est vite retombé, les investisseurs ayant immédiatement compris que le candidat démocrate Al Gore ne s’arrêterait pas à cette décision et allait faire appel. En outre, la Fed, qui continue de s’inquiéter publiquement de l’inflation, pourrait être incitée à augmenter ses taux, ce qui est mauvais pour les placements boursiers. À cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés cette semaine par la mise en garde de la Fed réitérée mercredi à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire. De fait, les investisseurs ont été déçus car ils espéraient un signe sur une prochaine baisse des taux d’intérêt pour donner un coup de pouce aux entreprises qui souffrent du ralentissement de l’économie. De plus, les inquiétudes sur les bénéfises à venir, en particulier des entreprises de la nouvelle économie (informatique, Internet, biotechnologies...), ont aussi pesé sur le moral du marché. C’est ainsi qu’à la veille du week-end, tout paraissait suspendu, y compris les résultats des sociétés, l’élection présidentielle et les taux d’intérêt. Dans ce manque de visibilité, l’indice Nasdaq a donc achevé la semaine hier aux alentours du seuil des 3 000 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait irrégulièrement à la baisse, affichant en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 587,11 points, en léger repli de 15,84 points d’une huitaine à l’autre. La persistance des incertitudes sur le nom du prochain président des États-Unis a continué de semer le trouble sur les autres places boursières mondiales qui se sont montrées prudentes cette semaine. C’est ainsi que la Bourse de Francfort a replongé dans la morosité, l’Extra Dax perdant 99,40 points à 6 752,29 points d’une huitaine à l’autre. Au contraire, la Bourse de Londres a bénéficié du soutien de Vodafone ainsi que du ralentissement de l’inflation britannique, permettant à l’indice Footsie de gagner 39,90 points à 6 440,10 points. Même mouvement à la Bourse de Paris qui est parvenue à achever la semaine sur un petit gain de 14,43 points de l’indice CAC 40 à 6 161,92 points. À la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei devait osciller cette semaine dans le rouge sur fond d’incertitudes politiques aux États-Unis comme au Japon où le Premier ministre Yoshiro Mori fait l’objet d’une motion de défiance. Le principal indicateur de la Bourse nippone a donc achevé la semaine sur une forte baisse de 444,24 points pour s’établir finalement à 14 544,30 points.
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