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Actualités - Chronologie

Bill Clinton à Hanoi pour effacer la défaite humiliante des États-Unis

Lorsqu’Air Force One arrivera ce soir à Hanoï après avoir survolé les rizières encore creusées de cratères de bombes, Bill Clinton aura à l’esprit d’achever sa présidence en effaçant l’image humiliante de l’exode depuis le toit de l’ambassade américaine lors de la chute de Saïgon en 1975. M. Clinton entamera une visite d’État de trois jours dont le côté symbolique pour les deux pays est évident. Cette visite sera la première d’un président américain depuis la fin de la guerre qui avait déchiré l’Amérique, et la seule jamais effectuée par un président américain au Vietnam communiste. Elle sera aussi le chant du cygne de la politique étrangère de Bill Clinton. Hanoï ne manquera pas de considérer le retour des «Meo», l’équivalent vietnamien de «Yankees» – en paix et venus avec des millions de dollars d’aide et de perspectives commerciales, comme une victoire finale des guérilleros communistes d’Ho Chi Minh. Les enjeux de cette visite sont importants pour les deux pays. Mais cette visite est aussi un champ de mines diplomatique, aussi dangereux que l’ancienne «zone démilitarisée» encore jonchée aujourd’hui d’engins de guerre non explosés, de bombes et de mines. Conscient des accusations de vouloir préparer son entrée dans l’Histoire et toujours hanté par les accusations d’avoir tout fait pour ne pas aller combattre au Vietnam, Clinton devra garder un équilibre délicat entre apaisement et engagement. Soulignant la politique américaine post-guerre froide, Bill Clinton a déclaré avant de quitter Washington : «Dans notre mémoire nationale, le Vietnam était une guerre». «Mais le Vietnam est aussi un pays émergeant après 50 ans de conflits, de tourmentes et d’isolement et qui se tourne vers un monde très différent». Des excuses américaines pour cette guerre qui avait fait trois millions de morts au Vietnam, dont un million de civils, sont refusées par les anciens combattants américains et les familles des 58 000 morts américains du conflit. Le président tente de trouver le ton juste, indiquant la semaine dernière que la «priorité» des relations avec le Vietnam est d’obtenir «le décompte le plus exact des prisonniers de guerre américains et des soldats américains portés disparus en Asie du Sud-Est». Ceux-ci sont encore 2 000 et les États-Unis veulent pouvoir chaque fois que cela est possible rendre leurs dépouilles à leurs familles. Depuis 1993, les restes de 283 soldats américains ont pu ainsi être rapatriés. Durant son séjour au Vietnam, M. Clinton se rendra sur un site d’excavation dans une rizière près de Hanoi, à un endroit où un bombardier américain piloté par le capitaine Lawrence Evert avait été abattu le 8 novembre 1967 par la DCA nord-vietnamienne. Bill Clinton risque enfin de braquer ses hôtes en soulevant le problème des droits de l’homme et des libertés religieuses, ce qu’il fera sans doute en rencontrant le président Tran Duc Luong, le Premier ministre Phan Van Khai et le numéro un vietnamien, le secrétaire général du Parti communiste Le Kha Phieu. Pour encourager la diplomatie, les responsables communistes ont évité à Bill Clinton de devoir visiter le mausolée d’Ho Chi Minh, où repose l’ennemi de toujours de Washington : le mausolée est «fermé pour des travaux d’entretien» pendant la visite présidentielle. Mais les autorités de Hanoï devront aussi répondre au défi de s’ouvrir à leur ancien ennemi, et au capitalisme, tout en conservant leur contrôle politique. Le fossé entre réalisme politique et nécessités intérieures a amené la presse officielle vietnamienne à s’abstenir de commenter la visite de Bill Clinton au Vietnam. Seul un communiqué de quelques lignes reproduit par les journaux a indiqué que «le président des États-Unis d’Amérique W. J. Clinton et son épouse effectueront une visite officielle au Vietnam du 16 au 19 novembre».
Lorsqu’Air Force One arrivera ce soir à Hanoï après avoir survolé les rizières encore creusées de cratères de bombes, Bill Clinton aura à l’esprit d’achever sa présidence en effaçant l’image humiliante de l’exode depuis le toit de l’ambassade américaine lors de la chute de Saïgon en 1975. M. Clinton entamera une visite d’État de trois jours dont le côté symbolique pour les deux pays est évident. Cette visite sera la première d’un président américain depuis la fin de la guerre qui avait déchiré l’Amérique, et la seule jamais effectuée par un président américain au Vietnam communiste. Elle sera aussi le chant du cygne de la politique étrangère de Bill Clinton. Hanoï ne manquera pas de considérer le retour des «Meo», l’équivalent vietnamien de «Yankees» – en paix et venus avec des...