Mandat d’arrêt contre le patron de presse indépendant Vladimir Goussinski
le 14 novembre 2000 à 00h00
La justice russe a lancé hier un mandat d’arrêt national contre le patron du groupe de presse indépendant Media-Most, Vladimir Goussinski, dont l’inculpation dans la matinée pour «escroquerie à grande échelle» a été dénoncée comme une manœuvre politique par ses avocats. M. Goussinski a été inculpé par le parquet général de Russie dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte le 28 septembre sur le transfert d’actifs de Media-Most vers des sociétés offshore, après la signature d’un accord de vente du groupe au monopole gazier d’État Gazprom fin juillet. Cet accord a été dénoncé comme nul et non avenu par M. Goussinski, en guerre ouverte contre le Kremlin depuis plusieurs mois, qui affirme l’avoir signé sous la menace d’être renvoyé en prison. Alors que M. Goussinski a quitté la Russie depuis fin juillet après la levée de son assignation à résidence, le vice-procureur général Vassili Kolmogorov a indiqué qu’Interpol serait prochainement «impliquée dans la poursuite et l’arrestation de M. Goussinski». Media-Most a qualifié de «fabriquées et d’absurdes» les accusations portées contre son patron, s’appuyant sur l’accord conclu samedi par le groupe de presse avec Gazprom, son principal créancier. Craignant pour sa liberté, M. Goussinski a refusé pour la troisième fois de se présenter hier à la convocation du parquet, où son inculpation a été notifiée à ses avocats. Me Guenri Reznik, qui n’a pas voulu révéler aux enquêteurs où se trouvait son client, a juste indiqué qu’il était «en Europe». Vladimir Goussinski n’est pas rentré en Russie depuis juillet dernier, après l’abandon de poursuites judiciaires par le parquet dans le cadre d’une autre affaire. Il a fait savoir qu’il était prêt à répondre aux questions de la justice en dehors de la Russie. M. Goussinski accuse le Kremlin de vouloir prendre le contrôle de Media-Most, le seul groupe de presse d’opposition à bénéficier d’une audience nationale en Russie grâce à la chaîne de télévision NTV et qui ne se prive pas de critiquer le président russe et sa politique. L’homme d’affaires avait passé trois nuits en prison en juin à la suite d’une inculpation dans une affaire de privatisation frauduleuse remontant à 1997, une arrestation qui avait fait scandale en Russie et à l’étranger. Le parquet avait ensuite contre toute attente abandonné les poursuites contre M. Goussinski. Une clause secrète dans l’accord de vente de Media-Most à Gazprom, dont l’existence a été révélée en septembre, prévoyait en échange la levée de toutes les poursuites judiciaires contre M. Goussinski et la garantie de sa liberté ainsi que celle de ses associés.
La justice russe a lancé hier un mandat d’arrêt national contre le patron du groupe de presse indépendant Media-Most, Vladimir Goussinski, dont l’inculpation dans la matinée pour «escroquerie à grande échelle» a été dénoncée comme une manœuvre politique par ses avocats. M. Goussinski a été inculpé par le parquet général de Russie dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte le 28 septembre sur le transfert d’actifs de Media-Most vers des sociétés offshore, après la signature d’un accord de vente du groupe au monopole gazier d’État Gazprom fin juillet. Cet accord a été dénoncé comme nul et non avenu par M. Goussinski, en guerre ouverte contre le Kremlin depuis plusieurs mois, qui affirme l’avoir signé sous la menace d’être renvoyé en prison. Alors que M. Goussinski a quitté la Russie depuis...
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