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Actualités - Communiques Et Declarations

En pleine tourmente, des Palestiniens bâtissent des maisons pour les colons

En pleine intifada, Mohammed construit des maisons dans la colonie juive de Beit El, en Cisjordanie. «Il faut bien manger», explique-t-il. Une dizaine d’autres ouvriers palestiniens s’affairent au milieu des gravats et des briques, dans l’imposante maison de deux étages que se fait construire Avi Zerbib, à deux pas de Ramallah. «Il faut bien gagner de l’argent, travailler. Avi a besoin de main-d’œuvre et nous d’argent», poursuit le jeune homme, un père de famille âgé de 30 ans, qui semble à l’aise à Beit El où il travaille depuis cinq ans. Mohammed, originaire d’un village près de Ramallah, a d’autant plus besoin d’argent qu’il n’a pas eu le droit, comme tous les autres ouvriers palestiniens, de se rendre à Beit El pendant 40 jours, après le début de l’intifada, pour des raisons de sécurité. Profitant d’une certaine accalmie dans les Territoires, les colons ont fait revenir en début de semaine certains de leurs ouvriers palestiniens, une main-d’œuvre bon marché. Même si les colons de Beit El ne cachent pas qu’ils préfèreraient des ouvriers juifs. Les conditions sont drastiques. Interdiction de faire travailler des Palestiniens de moins de 35 ans et célibataires. Les ouvriers, munis d’un permis de travail en règle, sont fouillés à l’entrée de la colonie et doivent travailler sous la surveillance d’hommes armés. Avi porte un pistolet à la ceinture. Il laisse entendre qu’un de ses deux ouvriers juifs en porte un également. «Je fais confiance à mes ouvriers, je les connais. Et de toute façon, on évite de parler de politique, c’est de l’intérêt de tous», explique-t-il, la tête couverte de la calotte des juifs religieux. Hassan, 40 ans, est soulagé de reprendre son travail. Debout sur le toit de la maison en construction de la famille Seguev, il explique que, durant le dernier mois, il a pu survivre grâce à la cueillette des olives dans son village près de Naplouse. Revenir construire à Beit El en pleine intifada ? Construire pour les colons là où l’Autorité palestinienne de Yasser Arafat entend créer un État indépendant ? Un silence s’installe puis toujours la même réponse : «Il faut bien manger» et nourrir une famille de six enfants. «Je n’ai pas le choix, s’il y avait du travail pour moi ailleurs, j’irais», souligne Hassan. Mohammed, comme les autres ouvriers, doit quitter Beit El à 15h30. Il rejoint alors son ami Shaadi, 24 ans, qui gère un entrepôt de matériel de construction, près de Ramallah. Les colonies des alentours sont ses clients. «Ça ne me pose aucun problème de vendre du matériel aux colons. De toute façon, ils sont là, et quoi, vous pensez qu’on peut les mettre à la mer ? Non, alors, il faut vivre ensemble et sans frontière entre nous», explique-t-il. Adnan, 35 ans, Palestinien de Jérusalem, ajoute : «Il y a près de 2 millions de Palestiniens et seuls quelques milliers participent à ce foutoir» à propos des affrontements avec l’armée. «Cette intifada, c’est du cinéma. Ce sont les grands qui tirent les ficelles, Arafat et son gang qui contrôlent tout ici, l’essence, les cigarettes, et nous, les petits, on se contente de regarder», dit-il énervé. Shaadi lui coupe la parole pour dire à quel point l’intifada «fait du mal aux Palestiniens» qui souffrent économiquement, ne pouvant plus se rendre en Israël pour travailler en raison du bouclage des Territoires. Tout ce qu’il veut, c’est «la paix, le calme et faire des affaires».
En pleine intifada, Mohammed construit des maisons dans la colonie juive de Beit El, en Cisjordanie. «Il faut bien manger», explique-t-il. Une dizaine d’autres ouvriers palestiniens s’affairent au milieu des gravats et des briques, dans l’imposante maison de deux étages que se fait construire Avi Zerbib, à deux pas de Ramallah. «Il faut bien gagner de l’argent, travailler. Avi a besoin de main-d’œuvre et nous d’argent», poursuit le jeune homme, un père de famille âgé de 30 ans, qui semble à l’aise à Beit El où il travaille depuis cinq ans. Mohammed, originaire d’un village près de Ramallah, a d’autant plus besoin d’argent qu’il n’a pas eu le droit, comme tous les autres ouvriers palestiniens, de se rendre à Beit El pendant 40 jours, après le début de l’intifada, pour des raisons de sécurité....