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Actualités - Communiques Et Declarations

Allemagne Budget : le gouvernement manie le bâton et la carotte

Le ministre allemand des Finances Hans Eichel a fait miroiter jeudi des excédents budgétaires et de nouvelles baisses d’impôts à très long terme, mais seulement après une cure d’austérité appelée à limiter sévèrement la croissance des dépenses publiques. «L’activité de l’État doit se concentrer seulement sur les missions qui sont absolument les siennes», a prévenu le ministre dans un discours programmatique prononcé devant l’université Humboldt de Berlin, qui lui a permis encore une fois de justifier son surnom de «Hans de fer». «Pour l’avenir, nous avons besoin de maintenir une stricte discipline dans notre politique de dépenses», a-t-il ajouté à l’adresse des syndicats et de l’aile gauche du Parti social-démocrate qui aimeraient que la coalition au pouvoir relâche un peu les cordons de la bourse. Objectif du gouvernement: la proportion des dépenses publiques, incluant l’État, les régions, les communes et les caisses de sécurité sociale, doit passer de 48 % du Produit intérieur brut (PIB) actuellement à 40 % d’ici 2012. Cela ne signifie pas que les dépenses seront forcément réduites puisque le gouvernement, à titre d’exemple, prévoit en moyenne une hausse des dépenses proprement budgétaires de 2 % par an à court terme. Mais elles progresseront moins vite que le PIB. La rigueur doit permettre au budget d’être équilibré à l’horizon 2006, une ambition affichée de longue date. Les comptes publics globaux devraient quant à eux sortir du rouge dès 2004. À plus long terme, Hans Eichel se veut encore plus optimiste. Il prévoit que l’excédent budgétaire atteindra 1 % du PIB en 2009 grâce aux mesures d’économies. La manne, a-t-il promis, sera consacrée «à la réduction de la dette publique» qui atteint actuellement 740 milliards d’euros et oblige l’État à débourser chaque année 41 milliards d’euros en intérêts, soit le deuxième poste de dépenses budgétaire. À l’horizon 2012, ce fardeau ne devrait plus représenter que 38 % du PIB contre 60 % aujourd’hui, selon le ministre. Mais si les excédents dépassent ensuite le seuil des 1 % du PIB, le surplus pourra être utilisé «à la baisse des impôts, à des dépenses en faveur des citoyens et à des investissements», a affirmé M. Eichel. L’opposition s’est montrée peu impressionnée par ces promesses. L’expert pour les finances du parti libéral FDP Otto Solms a parlé d’une «supercherie». «Les intentions sont bonnes mais je suis toujours un peu suspicieux lorsque les responsables politiques tirent des plans sur la comète alors qu’ils savent qu’ils ne seront plus au pouvoir pour vérifier s’ils ont été réalisés», souligne Hans-Juergen Meltzer, économiste à la Deutsche Bank. Principal problème: Hans Eichel table dans ses pronostics sur une croissance nominale (incluant l’inflation) annuelle continue de 4 % par an. «C’est optimiste car il y a de fortes chances que l’économie mondiale s’affaisse au cours de la décennie», ajoute M. Meltzer. Aux yeux de ses détracteurs, les promesses de cadeaux du ministre visent surtout à faire passer la pilule de la rigueur dans l’immédiat. Le gestionnaire Hans Eichel s’est créé de solides inimitiés au sein de son parti en menant une politique orthodoxe que ne renierait nullement son alter ego britannique, le chancelier de l’Échiquier Gordon Brown, grand artisan de la «troisième voie» entre libéralisme échevelé et étatisme. Il a repris à son compte la politique de privatisation initiée par les conservateurs, avec la mise en Bourse de Deutsche Telekom. Et la poste publique allemande, la Deutsche Post, s’apprête à suivre, le 20 novembre.
Le ministre allemand des Finances Hans Eichel a fait miroiter jeudi des excédents budgétaires et de nouvelles baisses d’impôts à très long terme, mais seulement après une cure d’austérité appelée à limiter sévèrement la croissance des dépenses publiques. «L’activité de l’État doit se concentrer seulement sur les missions qui sont absolument les siennes», a prévenu le ministre dans un discours programmatique prononcé devant l’université Humboldt de Berlin, qui lui a permis encore une fois de justifier son surnom de «Hans de fer». «Pour l’avenir, nous avons besoin de maintenir une stricte discipline dans notre politique de dépenses», a-t-il ajouté à l’adresse des syndicats et de l’aile gauche du Parti social-démocrate qui aimeraient que la coalition au pouvoir relâche un peu les cordons de la...