«Sortez de chez vous et allez voter», tel est le mot d’ordre lancé par les différents partis à New York. Et l’appel a été écouté. Dès 6 heures du matin, de longues files se sont formées dans les différents bureaux de vote. Certains électeurs ont décidé d’exprimer leur choix pour la première fois par peur de voir réussir les candidats qui ne méritent pas de les représenter. Les écoles publiques, les synagogues et autres lieux de culte des différents quartiers ont été transformés en bureaux de vote. «Cela fait longtemps que je n’ai pas voté, affirme un homme qui attendait patiemment son tour. Je crains que Bush ne l’emporte. Et je suis là aussi pour supporter Hillary. Votez seulement pour les démocrates», a-t-il clamé aux autres. Une autre personne lui rétorque. «J’espère voter pour le bon candidat. Dans ce cas, je pense que George W. Bush sera un grand président». Interrogé par L’Orient-Le Jour, un chauffeur de taxi exprime son enthousiasme. «Ces élections sont amusantes, dit-il. C’est un peu comme une partie de base-ball. J’ai déjà acheté le pop-corn et le coke, et nous aurons un dîner spécial pour célébrer ce soir. Car Hillary va gagner. Je voterai pour elle. Il est curieux qu’aucun des candidats n’ait vraiment parlé de politique étrangère. En tout cas, ça va être la fête. D’ailleurs, le président Clinton est à New York pour cela». Une autre dame d’une soixantaine d’années, attendant patiemment son tour, affirme vouloir voter pour Hillary. «Je l’ai toujours appréciée. Je suis sûre qu’elle fera quelque chose de plus pour améliorer le système scolaire. Elle sait y faire. Après tout, c’est la Première dame des États-Unis. Et je vote aussi pour Gore». Une autre jeune fille noire clame fraîchement qu’elle a choisi Hillary. «Rappelez-moi le nom de son concurrent ? Je ne le connais pas», dit-elle candidement. Un médecin de grand renom n’a pas caché son choix : «J’ai voté contre Hillary. J’aimerais tant la voir loin de New York. Elle est totalement étrangère à notre environnement. Elle utilisera le siège de sénateur pour arriver à un poste supérieur. Tout le monde sait qu’elle brigue la présidence. Elle a trop de secrets bien enfouis. Elle est entourée de personnes qui ont su l’entourer et protéger son intimité. Nous n’oublierons jamais le désastre du système de la santé dans lequel elle a plongé le pays». Du côté de Harlem hispanique, les organisateurs ont ciblé les Portoricains, les Mexicains et la communauté hispanique. Ils votent pour le Parti démocrate et ont une grande influence dans ce secteur. Les inscriptions ont été libellées en anglais et en espagnol. À Chinatown et à Little Italy, les panneaux étaient en chinois et en italien. Chaque vote est important. Les Italiens penchent traditionnellement pour le Parti républicain tandis que la communauté asiatique vote «en zigzag. On ne peut savoir exactement pour quel parti cette communauté vote», s’exclame une personne haut placée au Département d’État qui a préféré garder l’anonymat. La grande campagne publicitaire qui a accompagné la campagne électorale a cependant engendré moins d’électeurs. Les analystes pensent que la tranche d’âge entre 18 et 24 ans, appelée «Génération Y», s’est abstenue. Le rôle de l’argent dans la campagne, le déclin de l’éducation civique dans les écoles et l’absence totale du «sens de la communauté» en sont les principales causes. Si les très jeunes n’ont pas couru aux urnes, les plus vieux ont fait leur devoir élémentaire de citoyens. Et les critiques n’ont pas manqué de soulever que «tout devrait être fermé ce jour-là pour permettre à tous de se rendre tranquillement aux urnes». La machine électorale américaine est manuelle et vétuste. «Nous aurons besoin d’un autre genre de vote, plus moderne. Elle ne devra plus être manuelle. Le e-vote est l’avenir. Bientôt nous voterons en ligne. Les prochaines élections de 2004 se feront par Internet. Toutes les classes sociales pourront s’inscrire sur les listes électorales en ligne grâce à election.com.», affirme un représentant de cette institution. Pour cela, une législation stricte doit être mise en place. De nombreuses voies commencent à s’élever contre cette future procédure qui tend pourtant à améliorer le système démocratique. Les minorités et les pauvres refusent l’usage du vote en ligne. Ils voient là une source de discrimination prétendant que les riches blancs, ayant plus accès à l’ordinateur et à l’Internet, dilueraient ainsi le vote minoritaire. La compétition féroce et les bras de fer entre les grands titans ont marqué la campagne électorale de l’an 2000. En attendant, Rick Lazio s’est retrouvé avec ses fans, tandis que Hillary Rodham Clinton, l’élue de l’État de New York, savoure avec son époux, Bill Clinton, qui est venu la rejoindre et ses nombreux supporters, sa délicieuse et fulgurante victoire.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats «Sortez de chez vous et allez voter», tel est le mot d’ordre lancé par les différents partis à New York. Et l’appel a été écouté. Dès 6 heures du matin, de longues files se sont formées dans les différents bureaux de vote. Certains électeurs ont décidé d’exprimer leur choix pour la première fois par peur de voir réussir les candidats qui ne méritent pas de les représenter. Les écoles publiques, les synagogues et autres lieux de culte des différents quartiers ont été transformés en bureaux de vote. «Cela fait longtemps que je n’ai pas voté, affirme un homme qui attendait patiemment son tour. Je crains que Bush ne l’emporte. Et je suis là aussi pour supporter Hillary. Votez seulement pour les démocrates», a-t-il clamé aux autres. Une autre personne lui rétorque. «J’espère voter pour le bon...