C’était le calme plat hier à Beyrouth où l’offre du dollar s’est nettement contractée dans un marché sur lequel la demande en cette monnaie est restée limitée aux besoins commerciaux des agents financiers. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) a servi à faire fixer le billet vert au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, après avoir maintenu sa fourchette d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Mais eu égard à la réticence aussi bien de l’offre que de la demande en cette monnaie, les établissements de crédit ont été amenés à la négocier pratiquement tout près du haut de cette fourchette d’intervention de la BDL, entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, et trop souvent en dehors d’elle. Cela étant, le volume d’affaires de la journée d’hier ne devait pas dépasser au total quelque sept millions de dollars, en grande partie placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, à en croire les milieux cambistes. L’euro déprimé alors que le dollar compte sur la victoire de Bush À l’étranger, l’euro est resté bloqué sous le seuil de 0,86 dollar sur les marchés des changes internationaux, suspendu au résultat de l’élection présidentielle américaine qui dépend du vote en Floride, où les voix devaient être recomptées. Le résultat de l’élection ne sera pas connu avant la soirée d’aujourd’hui. Ce décompte ayant commencé hier doit s’achever jeudi selon la commission électorale de cet État. Pourtant, l’euro avait immédiatement glissé sous le seuil de 0,86 dollar dans la matinée après l’annonce par les télévisions américaines de l’élection de George W. Bush à la présidence des États-Unis. «L’euro a évolué en dents de scie suivant les nouvelles venues des États-Unis» a observé hier un stratégiste de marché à Londres. «Il a d’abord été affaibli par l’annonce de la victoire de Bush avant de reprendre un peu de couleur après la décision de decompte des votes en Floride», a-t-il ajouté, notant toutefois que l’euro restait sous la barre psychologique de 0,86 dollar. La plupart des analystes estiment qu’une victoire de M. Bush est favorable au dollar dans la mesure où son programme prévoyait plus de baisses d’impôts que les démocrates. Une victoire de Bush risque de stimuler l’économie, ce qui augmente le risque de resserrement monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Et les républicains sont traditionnellement perçus comme moins interventionnistes que les démocrates, fait-on valoir dans les milieux économiques. Une victoire d’Al Gore paraît plus favorable à l’euro, mais la monnaie européenne risque de ne pas être tirée d’affaire pour autant, ont noté hier des analystes. «Cela relâchera un peu la pression, mais guère plus car l’Administration Gore ne sera pas très différente de celle de Clinton qui a plutôt bien géré l’économie du pays en faveur du dollar», a-t-on ajouté dans ces mêmes milieux. Cela étant, l’euro est resté indifférent aux déclarations du président de la Bundesbank, Ernst Welteke, à un journal allemand, selon lequel il est trop tôt pour juger de l’efficacité des interventions de la Banque centrale européenne (BCE) sur les marchés des changes en faveur de la monnaie unique. La BCE était intervenue unilatéralement à trois reprises depuis vendredi dernier. À chaque fois, pour justifier son geste, elle s’était référée au communiqué publié par les pays membres du Groupe des sept après l’intervention concertée des grandes banques centrales le 22 septembre dernier. Jusqu’à présent, ces interventions n’ont pas réussi à provoquer une appréciation durable de l’euro qui est resté déprimé hier, les opérateurs semblant escompter une victoire du républicain George W. Bush à la présidentielle américaine. En effet, le dollar s’est raffermi dans cette perspective, se négociant à New York, comme suit : – 0,8555 pour un euro contre 0,8600, la veille – 1,4240 pour un sterling contre 1,4335 – 2,2860 DM contre 2,2745 – 7,6675 FF contre 7,6275 – 1,7775 FS contre 1,7685 – 2 263,30 lires contre 2 251,50 – 107,30 yens contre 107,05. Bourse de Beyrouth : soutenue par Solidere À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est renversée hier avec la hausse des actions A de Solidere, des actions C de la Byblos Bank et de celles des Ciments libanais. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,59 % à 65,25 points, de même que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a gagné 0,36 % à 141,82 points. Cela étant et compte tenu aussi de deux applications portant l’une sur 5 millions d’actions A de Solidere et l’autre sur 2 millions d’actions B de la même société au même prix unitaire de 7,00 dollars, le volume d’affaires de la journée d’hier a totalisé 7 036 378 actions d’une valeur de 49 232 590 dollars. Wall Street et Nasdaq diversement orientés en attendant les résultats de la présidentielle Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières attendaient avec impatience hier les résultats définitifs de l’élection présidentielle aux États-Unis, qui seront connus au plus tard en fin de journée aujourd’hui après le nouveau décompte des voix dans l’État-clé de Floride. Ceci permettra de savoir à qui seront attribuées les votes des 25 grands électeurs de cet État pour désigner le vainqueur. De ce fait, le marché a été distrait par la question de savoir qui sera le prochain président américain. Cette incertitude a donc pesé hier sur le secteur vulnérable de la haute technologie, avec un retour des inquiétudes sur le haut niveau des prix de ces titres. À cet égard, nombre d’analystes ont attribué l’accès de faiblesse du Nasdaq à la révision à la baisse par des professionnels de leur recommandation des titres de fabricants de fibre optique comme JDS Uniphase et Corning, ce qui en retour faisait pression sur les fournisseurs d’équipements de réseaux comme Cisco Systems. Pourtant, Wall Street a été soutenue par les perspectives d’une victoire républicaine, tirant les titres du tabac et des parmaceutiques à la hausse. Cela étant, l’indice composite Nasdaq a fléchi d’un plus haut à 3 429 points à un plus bas à 3 267 points avant de réduire un peu ses pertes à l’approche de la clôture, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 10 917,30 points et un plus haut à 11 002,23 points, avant d’afficher en préclôture, à 23 h heure de Beyrouth, 10 972,83 points, en hausse de 20,65 points sur la veille. Les Bourses européennes suspendues au duel Bush/Gore Les Bourses européennes ont reculé hier en fin de journée, suspendues comme les marchés américains au résultat de l’élection présidentielle qui ne tient qu’à quelques milliers de voix en Floride. Les technologiques ont pesé aussi sur la tendance, de même que la mise en garde de Siemens sur ses perspectives de croissance. En clôture, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a perdu 0,27 % à 1 643,41 points, tandis que le DJ Euro Stoxx 50, réduit aux valeurs vedettes, a cédé 0,39 % à 5 057,15. «Si (le démocrate Al) Gore gagne, les gains observés dans les compartiments du tabac et de la pharmacie et dans les valeurs défensives seront bien sûr effacés», a expliqué Plum Shipton, de Merrill Lynch. «Mais parce que le résultat sera visiblement très serré, il n’y aura pas les grosses dépenses budgétaires que craignaient les marchés en cas de large majorité pour Bush», a-t-elle ajouté. «Une fois qu’on aura les résultats, le marché se recentrera sur les éléments fondamentaux, tels que la prochaine hausse des taux de la Réserve fédérale et le moment adéquat pour revenir aux technologiques», a souligné encore Shipton. Les marchés européens avaient bondi en ouverture de concert avec les contrats sur le Nasdaq et le S&P à l’annonce de la victoire du candidat républicain George W. Bush, mais se sont ensuite retournés en baisse lorsque l’élection s’est réduite à 25 grands électeurs de Floride. Le vice-président démocrate Al Gore, qui avait reconnu la victoire de Bush, a retiré ses félicitations après avoir appris que le scrutin de Floride était plus indécis que ce que l’on pensait. Même si le nouveau décompte des voix de Floride ne devrait pas être connu avant jeudi soir, les marchés européens semblent avoir inscrit dans leurs cours une victoire de Bush. Tokyo : hausse d’espoir La Bourse de Tokyo a clôturé en légère hausse mercredi, certaines valeurs technologiques comme Fujitsu Ltd et Sony Corp attirant les investisseurs malgré l’attentisme du marché avant l’issue de l’élection présidentielle américaine. L’indice Nikkei 225 a terminé sur un gain de 59,31 points, soit 0,39 %, à 15 399,64. Le Topix, qui prend en compte toutes les valeurs de la première section, a gagné 0,98 point, soit 0,07 %, à 1 453,64. Le contrat à terme éhéance décembre sur le Nikkei a pris 50 points à 15 350. Sur la première section, il y a eu 652 hausses pour 587 baisses, avec 170 valeurs inchangées. Le volume a été relativement fourni, totalisant 581,73 millions d’actons contre 539,26 millions la veille. La Bourse de Tokyo a été soutenue par l’espoir d’une hausse de valeurs américaines à Wall Street, ou du moins de leur stabilité, quel que soit le prochain occupant de la Maison-Blanche, le démocrate Al Gore comme le républicain George W. Bush séduisant les marchés, a remarqué Takashi Miyazaki, «stratégiste» de Partners Asset Management. «Tant qu’il n’y a pas de changement politique important concernant l’économie américaine, la fin de l’élection représente au moins une inconnue en moins pour le marché américain», a renchéri Koji Hatano, «stratégiste» de Sakura Institute of Research. «Cela pourrait faire naître une tendance qui non seulement consoliderait Tokyo, mais la tirerait à la hausse», a-t-il ajouté.
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