Le président Bill Clinton a mis dimanche tout son poids dans la bataille pour la Maison-Blanche, en exhortant les électeurs à faire barrage au républicain George W. Bush et en appelant à voter pour son dauphin Al Gore, dont il a prédit la victoire. Dans l’Arkansas, où il était venu appeler à la mobilisation massive de l’électorat démocrate, M. Clinton a livré à la presse son analyse de la campagne. Il s’est dit parfaitement confiant sur l’issue du scrutin. «Je pense que je sais ce qui va se passer. Je pense qu’au dernier moment, les électeurs indécis vont pencher pour Gore», a-t-il affirmé, en remarquant qu’il y avait «20 États qui vont se jouer à deux points d’écart». «Les républicains pensent qu’ils vont gagner parce qu’ils sont plus susceptibles d’aller voter que nous (les démocrates). Si nous allons voter, nous gagnerons. Ça peut être ou pas l’élection la plus serrée en 40 ans, mais je suis absolument convaincu que si nos partisans se montrent nous allons gagner», a-t-il conclu. Devant un parterre de responsables locaux du Parti démocrate, à Little Rock, puis plus tard dans la journée, à Pine Bluff, une localité proche, il a appelé les électeurs à «laisser la prospérité se poursuivre». Il a réitéré ses critiques du programme de George W. Bush, dont la mise en œuvre aboutirait, selon lui, à un trou de 1 100 milliards de dollars dans les finances publiques. «Les républicains ont oublié l’arithmétique pendant douze ans», a-t-il affirmé en référence aux présidences Reagan et Bush de 1981 à 1992. «Ils ont quadruplé la dette nationale et ils veulent revenir à la même politique économique qu’avant. Cela veut dire des taux d’intérêt plus élevés et des problèmes pour chacun d’entre vous», a lancé le président. «Le plan d’Al Gore permettra de faire baisser les taux d’intérêt d’un pour cent pour une décennie. Pourquoi ? Parce qu’il va rembourser la dette», a-t-il affirmé. Clinton, qui a longuement vanté les capacités d’homme d’État d’Al Gore, a aussi défendu son bilan et les progrès accomplis depuis 1992 dans les domaines de l’aide sociale, des retraites, de la couverture des dépenses de santé, de l’éducation, de la lutte contre la criminalité et de la préservation de l’environnement. «Quelle est la réponse des républicains à tout cela ? Ils veulent tout changer», a-t-il estimé. Pour son dernier week-end de campagne et avec le feu vert d’Al Gore, Bill Clinton a jeté toutes ses forces dans la bataille, en participant à plusieurs rassemblements électoraux, notamment en Californie et à New York, pour y soutenir son épouse Hillary, candidate à un poste de sénateur. Mais, à aucun moment, il n’est apparu au côté du vice-président, ce dernier ne souhaitant pas être associé avec Bill Clinton dans la dernière ligne droite, alors qu’il avait cherché jusqu’ici à s’en distancer le plus possible. La plupart des sondages montrent qu’auprès des électeurs indécis, traditionnellement plus sensibles aux valeurs morales que le reste de l’électorat, le président sortant reste beaucoup plus un repoussoir qu’un atout. L’Arkansas ne compte que six délégués au collège électoral (538 membres au total) qui désignera le nouveau président. L’enjeu dans ce petit État du sud, le quatrième le plus pauvre du pays, est donc largement symbolique. Clinton, élu cinq fois gouverneur de cet État, y a dominé la politique locale depuis 1978. Lors des dernières présidentielles de 1992 et 1996, il l’avait emporté avec un score impressionnant à chaque fois (54 %). Les derniers sondages y donnaient dimanche la course présidentielle la plus serrée en 40 ans, avec une avance d’un point seulement à Bush sur Gore.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Bill Clinton a mis dimanche tout son poids dans la bataille pour la Maison-Blanche, en exhortant les électeurs à faire barrage au républicain George W. Bush et en appelant à voter pour son dauphin Al Gore, dont il a prédit la victoire. Dans l’Arkansas, où il était venu appeler à la mobilisation massive de l’électorat démocrate, M. Clinton a livré à la presse son analyse de la campagne. Il s’est dit parfaitement confiant sur l’issue du scrutin. «Je pense que je sais ce qui va se passer. Je pense qu’au dernier moment, les électeurs indécis vont pencher pour Gore», a-t-il affirmé, en remarquant qu’il y avait «20 États qui vont se jouer à deux points d’écart». «Les républicains pensent qu’ils vont gagner parce qu’ils sont plus susceptibles d’aller voter que nous (les démocrates). Si...