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Actualités - Communiques Et Declarations

Gaza « by night », une ville fantôme

Une musique de fond s’échappe dans la nuit, une table de billard, deux baby-foot cassés, sept jeux électroniques : bienvenue à Gaza «by night» avec son décor de ville fantôme. Et autant éviter d’aller un jeudi ou un vendredi soir au centre de distractions étrangement baptisé Universal Dreamland (terre de rêve universelle), car il sera fermé. L’intifada, le soulèvement populaire palestinien contre Israël, génère toute une série de nouvelles activités pour les adolescents palestiniens durant la journée, comme les jets de pierres, la fabrication de cocktail Molotov, les coups de feu et leur cortège de funérailles. Mais une fois la nuit tombée, ils se retrouvent désœuvrés. Les Jardins norvégiens, trois parcs dans le cœur de Gaza entourés de restaurants, sont selon les guides un bon endroit pour sortir le soir. Pas ces derniers jours. Les fontaines, bien que colorées, ne déversent que faiblement leurs jets, les restaurants sont presque vides et à propos des foules mentionnées dans les guides, ne vous inquiétez pas. Il n’y en a pas. Si billard et jeux électroniques ne sont pas votre tasse de thé, allez prendre une grande tasse de café au Moon Neighbourhood Coffee Shop et parlez à un des clients réguliers, Mohammed Rizk. Il vous expliquera en détail la façon dont la ville s’est renfermée sur elle-même après le début de l’intifada, le 28 septembre. «Les gens ne sortent plus la nuit», raconte M. Rizk avec tristesse. «Ils n’ont pas d’argent à cause du blocus». Il fait allusion au bouclage des frontières de la bande de Gaza par l’armée israélienne, empêchant la libre circulation des travailleurs et des marchandises. «Les gens ne peuvent plus gagner d’argent en Israël, et donc ne peuvent plus en dépenser», constate-t-il. Outre le manque d’argent, les habitants craignent la nuit les roquettes et les tirs israéliens et n’ont pas très envie de se distraire la nuit après une journée de violences, ajoute-il. Il y a quelque 3 500 années, Gaza était considérée comme la ville la plus animée de la région, explique-t-il. La ville était stratégiquement importante car située sur les routes marchandes entre l’Arabie et l’Asie et à cause de son port aux eaux profondes. Fief musulman «Actuellement, nous sommes en guerre. C’est pourquoi Gaza est calme. Mais une fois que nous aurons notre État palestinien, elle redeviendra un centre de prospérité», ajoute Rizk, avec plus d’espoir que de conviction. Si les Jardins norvégiens ont perdu de leur vitalité, peut-être les trois boîtes de nuit surplombant les plages vantées dans les guides offriront-elles un peu de distraction ? Plus maintenant. En fait, elles n’existent plus. Elles ont été incendiées par des Palestiniens en colère après les funérailles d’un «martyr», tué lors de l’intifada début octobre. Le crime de ces établissements, en plein fief musulman, était de vendre de l’alcool. Un hôtel dans le centre-ville qui en vendait aussi a également été brûlé. Reste toujours la foire foraine, près des décombres des discothèques. Mais une fois de plus, l’endroit n’a rien à offrir. La foire a fermé depuis longtemps et commence à rouiller. La plage pour un bain de minuit dans la Méditerranée ? Oui, si cela ne vous ennuie pas de marcher sur des monticules de détritus et de nager dans des bouches d’égouts. Des films ? Désolé, mais le cinéma a été fermé par des extrémistes il y a quelques années. Télévision ? Bien sûr, si vous appréciez la couverture en continu de l’intifada, les gros plans sur des cadavres, des mères hurlant leur douleur, des funérailles, des jets de pierres, des tirs, d’autres funérailles et la projection permanente de la mort tragique du petit Mohammed al-Doura, 12 ans, tué par des tirs israéliens et dont la mort est devenue le symbole de l’intifada. Mais tout n’est pas perdu. Peut-être de vrais plaisirs intellectuels attendent derrière la porte d’un local portant l’enseigne «Culture et association de la pensée libre» dans la rue Omar al-Mukhtar. Si seulement quelqu’un pouvait enfin venir en ouvrir la porte une de ces nuits.
Une musique de fond s’échappe dans la nuit, une table de billard, deux baby-foot cassés, sept jeux électroniques : bienvenue à Gaza «by night» avec son décor de ville fantôme. Et autant éviter d’aller un jeudi ou un vendredi soir au centre de distractions étrangement baptisé Universal Dreamland (terre de rêve universelle), car il sera fermé. L’intifada, le soulèvement populaire palestinien contre Israël, génère toute une série de nouvelles activités pour les adolescents palestiniens durant la journée, comme les jets de pierres, la fabrication de cocktail Molotov, les coups de feu et leur cortège de funérailles. Mais une fois la nuit tombée, ils se retrouvent désœuvrés. Les Jardins norvégiens, trois parcs dans le cœur de Gaza entourés de restaurants, sont selon les guides un bon endroit pour sortir le...