Il est l’un des tout derniers de la tribu Rahbani, un des plus jeunes et des plus réservés sans doute… Jad a pourtant bien souvent utilisé son prénom pour signer de nombreux travaux … musicaux, en minuscule discrétion, avant de sortir chez Virgin son premier CD, Sources – à titres personnels. Un vrai retour aux sources dans lequel se trouvent réunies les inspirations orientale et occidentale, une culture musicale accumulée depuis sa plus tendre enfance. Normal. Jad, tout comme son frère Ghassan avant lui, a ouvert les yeux dans une maison où la musique avait un code, un langage particulier et des professeurs qualifiés. Il a donc écouté avant d’entendre, pianoté avant d’écrire, communiqué en sons ses premiers émois, ses premières quêtes. L’itinéraire de cet enfant de la musique était sans doute tracé, «inconsciemment», affectivement surtout. C’était inné, et puis, il n’avait pas trop le choix, précise-il. Et quel choix… Épanouir une sensibilité presque héréditaire mais être également à la hauteur, à la hauteur des «autres», père, oncle, frère et cousins, et à la hauteur d’un public libanais pour qui les Rahbani demeurent une référence musicale entrée depuis longtemps dans leur patrimoine. «Ce que la famille a fait est très vaste. Nous avons une grande responsabilité, celle de poursuivre l’œuvre dans le respect de la qualité. Si je n’étais pas suffisamment capable de le faire, je ne l’aurais pas fait». « C’était naturel » L’itinéraire obligé qu’il a donc naturellement suivi comprenait d’abord des cours de musique classique, le piano dès l’âge de huit ans avec Hagop Arslanian, bien sûr, des cours particuliers en sciences musicales – composition, harmonie et contre-point – quelques années plus tard et à l’adolescence, les premières notes, timides esquisses du futur musicien qu’il deviendra. Tout ceci me semblait parfaitement naturel, ne cesse-t-il de clamer avec une claire satisfaction. Après avoir écrit de nombreuses mélodies, textes compris, qu’il a lui-même chantées, entre amis, et entamé de nombreuses études – jamais achevées – en musicologie et psychologie, Jad démarre sa vie professionnelle en gérant les studios Élias Rahbani et en devenant son principal ingénieur du son. Il compose des jingles publicitaires pour la radio et la télévision, des génériques télé, tels l’habillage de MTV et plusieurs de ses émissions. Il s’offre également de nombreuses parenthèses qui lui permettent de s’éloigner un peu de «l’aspect commercial de la musique » ; et compose des musiques pour le théâtre, «Hannibal» avec son frère Ghassan ou encore «Kalila Wa Doumna» avec Gérard Avedissian, des chansons pour de nombreux artistes libanais et même des chants liturgiques. Plus secret et plus discret que son frère Ghassan, «nous sommes les deux extrêmes ! », il se montre enfin à l’occasion de la sortie de son premier CD, sources, édité chez Virgin France, «je fais ce métier depuis 15 ans… Avant, je n’avais aucune raison de me montrer ! ». « Sources » Alors il se dévoile. Légèrement. Son nouveau CD remplace les coulisses où il aime à se cacher, laissant parler sa musique. Et il parle de son œuvre, à défaut de parler de lui. La conception du projet, une idée née en 1995, un projet pensé en 1998 et «Sources» finalisé l’année suivante. La musique serait une fusion parfaite de musiques différentes, avec des instruments orientaux et une musique occidentale. Ce CD, «je l’ai surtout fait pour ma satisfaction personnelle», contient 15 morceaux très variés avec un esprit commun et un même phrasé musical. Jad privilégie la composition à l’aspect technique de son métier, à savoir les arrangements, les textes, le mixage et le son. Il reconnaît avoir l’inspiration facile, et avoue même avoir trouvé certaines musiques dans les embouteillages. Ses sources seront distribuées dans le monde entier : la promotion exigera un vidéo-clip de lancement – en gestation – et sans doute un peu moins de réserve de la part de l’artiste qui aimerait tant, comme le titre de son morceau préféré, aller se réfugier à West Lake et rêver d’un possible projet à venir, un nouveau CD, qui se fera avec la collaboration d’un célèbre producteur français. Jad Rahbani, condamné – à perpétuité – à faire de la musique... et sortir de sa réserve ! Carla HENOUD
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il est l’un des tout derniers de la tribu Rahbani, un des plus jeunes et des plus réservés sans doute… Jad a pourtant bien souvent utilisé son prénom pour signer de nombreux travaux … musicaux, en minuscule discrétion, avant de sortir chez Virgin son premier CD, Sources – à titres personnels. Un vrai retour aux sources dans lequel se trouvent réunies les inspirations orientale et occidentale, une culture musicale accumulée depuis sa plus tendre enfance. Normal. Jad, tout comme son frère Ghassan avant lui, a ouvert les yeux dans une maison où la musique avait un code, un langage particulier et des professeurs qualifiés. Il a donc écouté avant d’entendre, pianoté avant d’écrire, communiqué en sons ses premiers émois, ses premières quêtes. L’itinéraire de cet enfant de la musique était sans doute...