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Actualités - Chronologie

La cité phocéenne à l’heure du « grand ménage »

L’annonce, jeudi soir, du départ d’Yves Marchand de la présidence de l’Olympique de Marseille n’a guère suscité de regrets dans une cité phocéenne qui n’avait jamais vraiment adopté le «comptable suisse», trop froid et trop rigoureux au gré des supporters du club centenaire. «J’ai toujours pensé qu’il n’était pas l’homme de la situation. On ne gère pas l’OM comme une entreprise. Je ne vais donc pas me plaindre maintenant qu’il est parti», a expliqué René Maleville, porte-parole des Yankees, l’un des principaux et des mieux organisés parmi les clubs de supporters marseillais. À son habitude, l’ancien directeur d’Adidas France a annoncé sa décision dans un communiqué de presse qui, fait rare chez le personnage, laissait transparaître une amertume trop longtemps contenue durant les 18 mois de son règne à la tête du club phocéen. Sans citer de noms, il a ainsi dénoncé «ceux qui souhaitent à l’OM de redevenir un grand club par ses résultats sportifs, mais qui s’emploient à le miner pour mieux le garder comme leur chose et pouvoir s’en servir par intérêt ou par passion incontrôlée». «Beaucoup demandent que le ménage soit fait, mais oublient de s’inscrire sur la liste des départs. Je suis usé par cette hypocrisie et j’ai donc pris moi-même cette décision», poursuit-il, précisant que «les ennemis les plus dangereux du club sont peut-être ceux-là». Première victime de la « guerre des chefs » Yves Marchand est en fait la première victime d’une «guerre des chefs» qui agite depuis plusieurs mois les coulisses du club marseillais. Dans l’optique de l’ouverture du capital qu’il souhaite voir se réaliser «avant juin et la période des transferts», Robert Louis-Dreyfus ne pouvait plus fermer les yeux sur cette situation de conflits nuisible à l’image du plus «capé» des clubs français. Le bailleur de fonds de l’OM, qui a déjà investi entre 500 et 600 millions de FF dans les caisses du club phocéen, reconnaissait d’ailleurs récemment qu’il serait «mille fois plus facile» de trouver des investisseurs si «le climat était plus serein». Pour rétablir la paix sociale au sein du club, RLD a donc choisi de sacrifier celui qu’il avait installé dans le fauteuil de président le 1er mai 1999. «Marchand a pour mission de faire le ménage avant de partir», a-t-on précisé de source interne au club. Le sort de Marchand a été réglé le week-end dernier, lors d’une rencontre entre Robert Louis-Dreyfus et le maire DL de Marseille, Jean-Claude Gaudin, en marge de la rencontre Strasbourg-Marseille. Jean-Claude Gaudin a obtenu son départ en contrepartie de l’éviction de Di Meco, son adjoint à la mairie qui se verrait proposer une «mission importante» dans un secteur-clé de la ville lors des prochaines élections municipales, a expliqué cette source. Dans son communiqué, le président démissionnaire confirme que Robert Louis-Dreyfus «entend bien s’impliquer davantage dans le club», percevant cette volonté comme «le signe de sa détermination et de sa volonté de consolider une très grande équipe». «Il lui reviendra de choisir les hommes qui poursuivront l’aventure de l’Olympique de Marseille. Que mon départ soit le signal d’un nouvel élan sportif, car désormais les fondations sont là. C’était ma mission et malgré les pièges tendus, elle est réalisée», conclut Yves Marchand. Cantonna, Fernandez, Roux, etc. Robert Louis-Dreyfus avait repris le club en 1996 et en avait assuré la présidence jusqu’à la nomination d’Yves Marchand. Dans l’entourage du club, on affirme qu’il pourrait reprendre provisoirement les rênes de l’OM «au moins jusqu’au prochain mercato», seul patron d’un club privé de son président et de sa direction sportive. «Il a envie de prendre le temps pour éviter de renouveler les erreurs du passé», précise-t-on de même source. Annoncé hier dans la cité phocéenne, l’homme fort de l’OM sait pouvoir compter pour l’épauler sur de fidèles collaborateurs tels Jean-Louis Pietri, numéro 2 du club en charge de la sécurité, et Laurent Fransioli, le directeur administratif et financier. À moins de vingt-quatre heures d’un match décisif face à Rennes, il prendra sans doute le temps de trouver «une personnalité» capable de redonner ses lettres de noblesses et de supporter la pression permanente dans un climat passionnel. Eric Cantona a ainsi été approché, mais réclame d’importants moyens que l’ancien patron d’Adidas n’est pas encore prêt à consentir à l’ex-«enfant terrible» du football français. Quant à Luis Fernandez également sollicité, la Lazio de Rome lui aurait fait des propositions difficiles à refuser. D’autres noms tels ceux de Guy Roux et de l’ancien entraîneur Gérard Gili qui a réussi le doublé coupe-championnat en 1989 sont régulièrement annoncés. Pour l’instant, Robert Louis-Dreyfus est le seul à posséder les clefs du futur de l’OM.
L’annonce, jeudi soir, du départ d’Yves Marchand de la présidence de l’Olympique de Marseille n’a guère suscité de regrets dans une cité phocéenne qui n’avait jamais vraiment adopté le «comptable suisse», trop froid et trop rigoureux au gré des supporters du club centenaire. «J’ai toujours pensé qu’il n’était pas l’homme de la situation. On ne gère pas l’OM comme une entreprise. Je ne vais donc pas me plaindre maintenant qu’il est parti», a expliqué René Maleville, porte-parole des Yankees, l’un des principaux et des mieux organisés parmi les clubs de supporters marseillais. À son habitude, l’ancien directeur d’Adidas France a annoncé sa décision dans un communiqué de presse qui, fait rare chez le personnage, laissait transparaître une amertume trop longtemps contenue durant les 18 mois...