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Actualités - Chronologie

Les Français y croient toujours, mais un peu moins fort

La faiblesse persistante de l’euro lui fait perdre des supporters en France, pays pourtant considéré comme l’un des plus europhiles, mais où s’émousse l’intérêt des particuliers pour une devise trop virtuelle et toujours absente des porte-monnaie. Au printemps déjà, une majorité de Français (58 %, selon un sondage BVA) se disaient inquiets des piètres performances de l’euro face au dollar. Et le soutien à la monnaie unique faisait moins recette: une enquête IPSOS montrait en mai une baisse de cinq points des opinions positives sur la monnaie unique (de 59 à 54 %). En octobre, les opinions positives sont tombées à 53 %, signe que «la faiblesse de l’euro sur le marché des changes nuit incontestablement à son image», selon les auteurs du sondage. Pourtant, les difficultés de la monnaie unique face au billet vert n’ont que peu d’incidences sur le quotidien des Français. «Évidemment, si on veut aller en vacances aux États-Unis, cela va coûter très cher, mais sur le plan interne, le seul inconvénient tangible, c’est que l’on paie l’énergie plus cher», rappelle Joël Maurice, conseiller scientifique en charge des questions européennes au Conseil d’analyse économique (CAE). Un message qu’a voulu aussi faire passer le Commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pedro Solbes : «La dépréciation face au dollar n’a aucune importance sur le plan interne : votre maison vaut exactement la même somme en euros qu’il y a six mois. Sauf si vous aviez l’intention de la vendre et d’investir en dollars», a-t-il expliqué dernièrement. Mais la culture monétaire des Français est celle d’un pays où les gens ont entendu pendant des années prôner une politique du franc fort, quand la France cherchait à s’arrimer au mark, note un expert gouvernemental. «Même s’ils n’ont pas de voiture et ne voyagent pas», ils pensent qu’il n’est pas bon que l’euro soit bas. Cette période de flottement vis-à-vis de la monnaie unique n’est pas sans lien non plus avec le calendrier de l’euro : «Nous sommes au milieu du gué», souligne cet expert. Lancé le 1er janvier 1999, l’euro restera, jusqu’en janvier 2002 où il fera son apparition en espèces sonnantes et trébuchantes, peu tangible pour les consommateurs. Et, entre les campagnes de communication qui ont précédé sa naissance et celles qui vont accompagner l’arrivée des pièces et des billets, on en parle moins aujourd’hui. «Les gens ont le sentiment que l’euro ne fait pas du tout partie de leur quotidien. La monnaie unique leur passe complètement au-dessus de la tête ; d’ailleurs le double étiquetage (en francs et en euros dans les magasins), est de moins en moins suivi», relève Édouard Lecerf, directeur général d’IPSOS Opinion. Du coup, le seul écho qu’ils en ont actuellement est «un écho éloigné et qui leur dit que l’euro ne va pas bien». Les gens «ont l’idée qu’il vaut mieux qu’une monnaie soit forte que faible, mais finalement, cela ne les concerne pas. L’euro reste totalement marginal dans leurs préoccupations», confirme Jérôme Sainte-Marie, directeur des études politiques chez BVA. Il n’en reste pas moins, que globalement, les Français «soutiennent toujours l’euro, même si ce soutien s’est un peu affaibli et qu’ils l’utilisent très peu, ne voyant pas la nécessité de s’imposer maintenant cette contrainte alors qu’ils n’y sont pas encore forcés», constate Stéphane Rozes, directeur de CSA Opinion. La faiblesse de l’euro «n’est pas un handicap absolu», reconnaît M. Lecerf. Mais «sa force faciliterait son appropriation : s’il continue à être faible début 2002, au moment du lancement des pièces et des billets, cela rendra sans doute les choses un peu plus compliquées».
La faiblesse persistante de l’euro lui fait perdre des supporters en France, pays pourtant considéré comme l’un des plus europhiles, mais où s’émousse l’intérêt des particuliers pour une devise trop virtuelle et toujours absente des porte-monnaie. Au printemps déjà, une majorité de Français (58 %, selon un sondage BVA) se disaient inquiets des piètres performances de l’euro face au dollar. Et le soutien à la monnaie unique faisait moins recette: une enquête IPSOS montrait en mai une baisse de cinq points des opinions positives sur la monnaie unique (de 59 à 54 %). En octobre, les opinions positives sont tombées à 53 %, signe que «la faiblesse de l’euro sur le marché des changes nuit incontestablement à son image», selon les auteurs du sondage. Pourtant, les difficultés de la monnaie unique face au billet...