Thaïlande Les nuages s’accumulent à une semaine des élections
le 29 décembre 2000 à 00h00
La crise politique qui couve en Thaïlande risque d’éclater après les élections législatives du 6 janvier, en cas de victoire du favori, le magnat des télécoms Thaksin Shinawatra, convaincu de dissimulation financière mais qui n’a pas renoncé à devenir Premier ministre. Un milliardaire en passe d’être disqualifié mais qui s’accroche à ses ambitions, un Premier ministre sortant impopulaire, un climat propice aux règlements de comptes et aux retournements d’alliance, des politiciens discrédités, un horizon économique flou, tout concourt à une période de turbulences. La décision de la commission nationale anticorruption d’incriminer Thaksin, en pleine campagne électorale, a bouleversé la donne d’un scrutin considéré comme un test clé de l’ancrage de la démocratie en Thaïlande. Le magnat avait été reconnu coupable d’avoir dissimulé «intentionnellement» une partie de son immense fortune. Passible d’après la Constitution d’un ban politique de cinq ans, Thaksin a protesté de son innocence et a décidé d’en appeler au «mandat du peuple» pour devenir quand même le prochain chef du gouvernement. En attendant que la Cour constitutionnelle ne tranche, probablement pas avant des mois. Volonté populaire contre légalité constitutionnelle, le choc est lourd d’instabilité. «Les électeurs décideront le 6 janvier. Je ne suis pas trop inquiet», a expliqué le milliardaire qui attribue son infortune à des manigances de ses adversaires du Parti démocrate. Selon un sondage publié hier, sa popularité en a tout de même pris un coup. L’homme d’affaires, un ancien policier, ne serait plus plébiscité que par 10 % des électeurs de Bangkok (40 % en juin dernier) contre 35,5 % au chef des démocrates Chuan Leekpai (34 % en juin). Par ailleurs, l’écart paraît se resserrer entre le parti que Thaksin a créé il y a deux ans – le «Thai Rak Thai» (Les Thaïs aiment les Thaïs) – et les démocrates. Le TRT ambitionnait d’enlever au moins 200 des 500 sièges en jeu, afin d’être le pivot de la prochaine coalition gouvernementale. Toutefois, même s’il pâtit de l’affaire à Bangkok, le TRT de Thaksin est encore très puissant dans les zones rurales, où il devrait engranger les voix de la majorité silencieuse. Les élections thaïlandaises se jouent traditionnellement dans les campagnes, en particulier grâce aux 20 millions de paysans du Nord-Est déshérité, là où il est usuel d’acheter les votes, et non à Bangkok.
La crise politique qui couve en Thaïlande risque d’éclater après les élections législatives du 6 janvier, en cas de victoire du favori, le magnat des télécoms Thaksin Shinawatra, convaincu de dissimulation financière mais qui n’a pas renoncé à devenir Premier ministre. Un milliardaire en passe d’être disqualifié mais qui s’accroche à ses ambitions, un Premier ministre sortant impopulaire, un climat propice aux règlements de comptes et aux retournements d’alliance, des politiciens discrédités, un horizon économique flou, tout concourt à une période de turbulences. La décision de la commission nationale anticorruption d’incriminer Thaksin, en pleine campagne électorale, a bouleversé la donne d’un scrutin considéré comme un test clé de l’ancrage de la démocratie en Thaïlande. Le magnat avait été...
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