Le dollar est resté généralement offert sur le marché des changes de Beyrouth, quoique dans de petites quantités dépassant le pouvoir d’absorption de la demande commerciale courante. Mais après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à l’acheter à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL, le billet vert s’est maintenu au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier à la baisse au-dessous de la barre des 1 510,00 LL en raison de la propension du marché à l’offre plutôt qu’à la demande. Il a ainsi fluctué lors des dernières transactions interbancaires entre 1 508,50 et 1 509,50 LL, après avoir ouvert entre 1 509,00 et 1 510,00 LL. Ce mouvement s’est produit toutefois dans un marché creux, avec des volumes d’affaires très minces, ne dépassant pas au total quelque sept millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, sans aucune intervention de la BDL, ont indiqué les cambistes. Léger accès de faiblesse de l’euro avant et après la Fed À l’étranger, l’euro a un peu faibli face au billet vert, sur les marchés des changes internationaux, sous la pression des prises de bénéfices des investisseurs avant et après la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) d’observer un statu quo monétaire aux États-Unis. Certes, les yeux des opérateurs ont été donc braqués dès le début de la journée d’hier sur la réunion du comité de politique monétaire de la Fed, la dernière de l’année, s’attendant à un geste de sa part pour donner du tonus à une économie qui ralentit et surtout à des marchés boursiers qui s’essoufflent depuis quelque temps. Mais les opérateurs n’ont pas été surpris que la Fed passera, dans son commentaire après cette réunion en fin de soirée, d’une inclination restrictive à une inclination neutre, alors qu’une petite minorité pariait sur une baisse des taux américains. Pourtant ce dernier choix a été écarté car si la Fed décide de baisser ses taux, ce sera interprété comme une mesure panique pour éviter une récession de l’économie américaine. Cela d’autant que le président Bill Clinton a exclu, dans une déclaration faite hier, la présence du moindre risque récessionniste aux États-Unis. Concentrés sur la Fed, les cambistes n’ont pas ignoré la diminution de 1,48 % du déficit commercial américain en octobre à 33,2 milliards de dollars contre 33,7 milliards en septembre après correction de 34,3 milliards, ainsi que la hausse plus forte que prévue de l’inflation dans la zone euro (+2,9 % en glissement annuel en novembre contre +2,7 % en octobre). Ces deux chiffres ont été interprétés comme favorables au dollar. Cela étant et compte tenu aussi du statu quo monétaire observé par la Fed, le dollar s’est négocié sur un ton légèrement soutenu à New York, comme suit : – 0,8920 pour un euro contre 0,8940, la veille – 1,4665 pour un sterling contre 1,4760 – 2,1925 DM contre 2,1875 – 7,3540 FF contre 7,3355 – 1,6880 FS contre 1,6810 – 2 170,75 lires contre 2 165,35 – 112,50 yens contre 112,25. Bourse de Beyrouth : en hausse avec Solidere À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la hausse hier, avec la reprise des actions A et B de Solidere et C de la Byblos Bank, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaise cotées a augmenté de 0,47 % à 64,32 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui s’est adjugé 0,22 % à 141,72 points. Ce mouvement s’est accompagné d’un certain regain d’activité où 99 490 actions ont changé de main d’une valeur globale de 329 333 dollars. Volatilité des marchés américains après le statu quo de la Fed Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières, qui avaient sensiblement progressé dans la matinée sur des spéculations d’assouplissement de la politique du crédit aux États-Unis, ont dû interrompre leur mouvement ascensionnel après le statu quo monétaire observé par la Fed. La Fed a laissé ses taux directeurs inchangés hier à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire, indiquant toutefois que les risques n’étaient plus d’une reprise de l’inflation mais d’un ralentissement trop prononcé de la croissance économique. Elle a estimé que les risques d’inflation persistaient mais étaient atténués par le ralentissement de la croissance. Cela étant, le principal indicateur de Wall Street a réduit ses gains après cette décision et l’indice composite Nasdaq de la Bourse électronique est passé dans le rouge. Mais il n’en demeure pas moins que les marchés sont tombés dans l’irrégularité. Le Nasdaq, qui avait frôlé le seuil des 2 700 points, a renoué avec la baisse pour fluctuer autour de 2 640 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles oscillait lui aussi entre un plus haut à 10 784,58 points et un plus bas à 10 618,11 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 729,22 points, réduisant ses gains à 83,80 points sur la veille. Bonne tenue des Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont terminé en progrès sensible mardi, les boursiers ayant espéré que le conseil de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine annoncerait, plus tard dans la journée, avoir renoncé à la tendance restrictive de sa politique monétaire. Cette perspective a été particulièrement favorable aux valeurs, sensibles à l’évolution des taux, de la banque et des services financiers, tandis que l’on notait aussi la fermeté des pétrolières. À la fermeture de la plupart des places européennes, après des échanges peu fournis, l’indice pan-européen FTSE Eurotop 300 a affiché un gain de 15,43 points, soit 0,99 %, à 1 566,21, près de son meilleur niveau du jour, et l’indice DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro a inscrit une belle hausse de 70,78 points (1,49 %), à 4 815,04. Parmi les banques, HSBC a gagné 3,91 %, Royal Bank of Scotland 3,71 %, BNP Paribas 1,88 % et Deutsche Bank 1,91 %. BSCH a gagné 4,4 %. À l’approche de la réunion de l’Opep en janvier et alors que certains de ses membres réclament des réductions de production pour éviter une chute des cours, les pétrolières ont bénéficié d’une demande de gérants de portefeuilles, notamment sur Royal Dutch et Shell qui ont gagné 4,53 et 4,19 % respectivement. Les valeurs des télécommunications et des technologies ont vu leur progression freinée par de nouvelles inquiétudes sur les résultats des entreprises américaines. Toutefois, Deutsche Telekom a mené la hausse de ces compartiments, avec une poussée en avant de 4,21 %, à 37,13 euros, après l’annonce de la vente de la participation de 1,8 % de France Télécom dans l’opérateur allemand pour 2,74 milliards de dollars, un montant qui, au dire des opérateurs, correspond à une prime substantielle sur le cours actuel. France Télécom a gagné pour sa part 1,93 %. «Les informations sur Deutsche Telekom et France Télécom, avec un accord conclu à un prix bien supérieur à 50 euros, ont bien aidé le marché allemand». Un relèvement de la recommandation de Goldman Sachs sur les télécommunications a aussi apporté un bon soutien à ce compartiment, qui a en revanche pâti d’une mise en garde de la Banque de France, après la Banque d’Angleterre la semaine passée, sur les engagements des banques auprès des entreprises de ce secteur. Tokyo : accentuation de la baisse La Bourse de Tokyo a clôturé sur un très net recul de 2,4 % mardi, les investisseurs étant découragés par les mauvaises perspectives des sociétés de la haute technologie et par des signaux de plus en plus évidents de ralentissement économique au Japon. L’indice de référence Nikkei-225 a chuté de 351,53 points à 14 132,37. L’indice élargi Topix a cédé 28,48 points à 1 314,63. «Il n’y a pas du tout d’incitation à l’achat», a estimé Kazue Mayazumi, analyste chez Nikko Securities, rappelant le recul de l’indice composite de la Bourse électronique américaine Nasdaq et la dégradation du diagnostic de la Banque du Japon sur la conjoncture économique du pays lundi. Le Nasdaq a reculé de 1,08 % à 2 624,52 points lundi. «Le déclin du Nasdaq a engendré des craintes sur les bénéfices des sociétés de la haute technologie», a indiqué M. Mayuzumi. «Les investisseurs sont également inquiets d’un ralentissement et d’un éventuel arrêt de la reprise économique au Japon». L’enquête Tankan de la Banque du Japon sur la conjoncture a montré mercredi une stagnation du moral des entrepreneurs sur les trois derniers mois. La Banque centrale a de fait émis lundi, pour la première fois depuis juillet 1998, un diagnostic moins optimiste que les mois précédents pour le mois de décembre concernant la conjoncture économique du pays, faisant état d’un ralentissement des exportations. «Les acteurs conscients que les résultats des sociétés ont atteint un plus haut et qu’ils vont baisser à partir de maintenant jusqu’en mars», a indiqué Hidenori Kawasaki, responsable du département actions chez Kokusai Securities. Le Nasdaq a chuté en dépit d’espoirs que le comité de politique monétaire de la Fed ne donne pas d’indication sur sa politique ultérieure, plutôt que d’exprimer sa préférence pour une nouvelle hausse des taux d’intérêt. «Le fait que le Nasdaq ne se soit pas repris sur ces espoirs a déçu les acteurs (du marché) japonais», a estimé Masakazu Kimura, gestionnaire de portefeuilles chez Tsubasa Securities. «Les investisseurs institutionnels japonais attendent de voir ce que la Fed dira exectement, alors le volume des échanges est mince». Quelque 563 millions de titres ont changé de mains, contre 481 millions la veille. 1 176 valeurs sont en recul, contre 150 en hausse et 101 inchangées. Les valeurs leaders de la haute technologie et des télécommunications ont été bousculées dans la sillage de la chute du Nasdaq.
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