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Actualités - Conferences De Presse

Canada Chrétien et Poutine s’opposent au bouclier antimissile US

Le projet américain de bouclier antimissile a été au centre des entretiens tenus hier à Ottawa entre le Premier ministre canadien Jean Chrétien et le président russe Vladimir Poutine, en visite officielle au Canada pour deux jours. Dans une déclaration commune publiée à l’issue des entretiens, les deux pays ont estimé que «le traité ABM de 1972 qui limite les capacités des systèmes antimissiles balistiques (de la Russie et des États-Unis) constitue la pierre angulaire de la stabilité stratégique». «Nous ne voulons rien qui puisse déstabiliser ce qui existe pour le moment», a décclaré M. Chrétien lors d’une conférence de presse conjointe. Il a ajouté qu’il y avait «bien des questions à poser» et qu’elles seraient posées en temps utile par le gouvernement canadien. Il a estimé cependant que la question était pour le moment «hypothétique», du fait des problèmes rencontrés par les Américains en matière de technologie et du changement en vue à la tête des États-Unis. Il a souligné aussi qu’à ce jour «les États-Unis n’ont pas demandé au Canada d’y participer». M. Poutine a pour sa part indiqué que ce système de défense stratégique envisagé par les États-Unis risquait d’«endommager les relations existantes» entre Moscou et Washington, et estimé que le Canada pouvait jouer «un rôle de médiateur» entre les deux pays. M. Poutine a estimé par ailleurs que «les premières indications montraient que l’équipe (de George W. Bush) sera très professionnelle». Dans leur déclaration commune, les deux pays sont convenus d’«approfondir la recherche de nouvelles approches concrètes bilatérales et multilatérales en vue de limiter la prolifération des missiles et des technologies de missiles», et de prévenir la course aux armements dans l’espace. Ils souhaitent que le traité Start II prenne effet «le plus tôt possible» et qu’un traité Start III soit conclu «dès que possible». Ils promettent en outre de «travailler résolument en faveur de l’entrée en vigueur, le plus tôt possible, du traité d’interdiction complète des essais nucléaires», et «renouvellent leur engagement commun envers la non-prolifération et l’élimination des armes de destruction massive». Le principe de consultations annuelles pour poursuivre la coordination a été établi entre les deux pays. Par ailleurs, le Canada et la Russie ont décidé d’intensifier leurs consultations sur la question de l’accession de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce. La Russie a déjà dénoncé la proposition américaine, qui vise à protéger les États-Unis d’attaques aux missiles de la part d’États «parias», et le Canada voit ce projet d’un très mauvais œil. Des réunions de travail étaient prévues dans l’après-midi entre des ministres russes et leurs homologues canadiens, avant un dîner officiel offert par M. Chrétien à la délégation russe dans le grand hall de la Galerie nationale du Canada, le musée des Beaux-Arts d’Ottawa. Aujourd’hui, M. Poutine s’envolera pour Toronto où il rencontrera des hommes d’affaires avant de quitter le Canada dans l’après-midi pour Moscou. Hasard du calendrier, M. Poutine devait se trouver à Ottawa hier soir en même temps que le président français Jacques Chirac, attendu dans la soirée au Canada, pour un sommet UE-Canada mardi.
Le projet américain de bouclier antimissile a été au centre des entretiens tenus hier à Ottawa entre le Premier ministre canadien Jean Chrétien et le président russe Vladimir Poutine, en visite officielle au Canada pour deux jours. Dans une déclaration commune publiée à l’issue des entretiens, les deux pays ont estimé que «le traité ABM de 1972 qui limite les capacités des systèmes antimissiles balistiques (de la Russie et des États-Unis) constitue la pierre angulaire de la stabilité stratégique». «Nous ne voulons rien qui puisse déstabiliser ce qui existe pour le moment», a décclaré M. Chrétien lors d’une conférence de presse conjointe. Il a ajouté qu’il y avait «bien des questions à poser» et qu’elles seraient posées en temps utile par le gouvernement canadien. Il a estimé cependant que la...